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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 12:11

CHEMIN DE FER DE LA BAIE DE SOMME.

Il n'est pas question ici de vous vanter le progrès notamment dans le domaine des transports à la façon d'un Jules Vernes dans l'ensemble de son œuvre. Au contraire, à bord de ce train qui nous emmène de Le Crotoy à St-Valery ( comptez 13 € pour un aller-retour ), nous faisons un rétropédalage de plus de 100 ans en arrière, comme le fit Marty McFly dans la trilogie "retour vers le futur" , à une époque où les rames n'étaient pas alimentées à l'électricité mais tractées par une locomotive à vapeur.

Le confort dans notre wagon de troisième classe et sommaire. Assis sur une banquette en bois sans rembourrage, nous n'avons pas encore quitter la gare de départ que j'ai les fesses comme celles d'un fakir qui vient de poser son popotin durant deux heures sur une planche à clous.

La première partie du trajet entre Le Crotoy et Noyelles S/ Mer et plutôt décevante. Notre machine remarquablement restaurée traverse quelques pâtures d'herbes grasses, irriguées par quelques canaux. Le spectacle est plutôt pour les conducteurs et leurs passagers, bloqués dans leur habitacle au passage à niveau, qui nous font de grands signes derrières leur pare-brise. Le train fascinait autrefois à l'époque de la révolution industrielle et continue de passionner aujourd'hui petits et grands alors qu'il il est désormais plus commun de se déplacer en avion.

Arrivés à Noyelles S/ Mer nous nous arrêtons pendant ce qui paraît une éternité. Le temps nécessaire pour que quelques passagers prennent leur correspondance. C'est aussi temps qu'il faut pour de grandes manœuvres. La locomotive qui nous tractait jusque là se décroche du reste du train, passe devant nous dans le sens opposé sur d'autres rails et vient se raccrocher à l'arrière pour enfin partir, après plus d'une demi-heure d'attente, dans une autre direction.

La fin du parcours qui relie Noyelles S/ Mer à St-Valery et beaucoup plus attrayante à mes yeux. Nous traversons enfin ce pourquoi je suis monté à bord, les prés-salés qui donne l'appellation d'origine contrôlée aux moutons qui ruminent paisiblement en ces lieux, ce qui donne à la viande des ovins un goût salé naturellement. Ces zones humides constituées d'herbage marécageux attire également grands nombre d'échassiers et confère un caractère unique à ce type de paysage. Malheureusement cette deuxième étape est courte et ce n'est que trop rapidement que nous descendons à St-Valery.

Une nouvelle fois, la locomotive se détache du reste du train, avance jusqu'à une plateforme pivotante à 180 degrés pour que cette dernière puisse se réorienter dans le sens inverse, tout cela sous le crépitement des flashs des amoureux du train.

 

PARC ORNITHOLOGIQUE DU MARQUENTERRE.

Il est 10 heure et le parc vient d'ouvrir ses portes. Nous entrons à l'intérieur après avoir réglé, à l'aide de mes chèques ANCV le droit d'entrée qui s'élève à dix euros cinquante par adulte. Avant de nous élancer, il nous faut faire un choix entre trois parcours proposés. Les circuits balisés de bleu et de vert sont les plus faciles à boucler, tandis que les flèches rouges tracent une balade de six kilomètres pour une durée estimée à environ deux heures ( le prix d'entrée n'est pas dégressif en fonction du nombre de kilomètres parcourus ).

Dès les premiers pas dans la réserve qui était autrefois des terres agricoles, nous gravissons une bute nous conduisant à un panorama où l'on peut observer cigognes en vol ou nichées dans les arbres et en contrebas, des oies cendrées et quelques foulques qui barbotent à la surface d'une étendue d'eau. Nous descendons ensuite un chemin sinueux, passons devant une petite marre où sont déjà apparus les pétales jaune de quelques iris d'eau puis, arrivons face à un autre bassin dans lequel nage avec élégance deux cygnes fiers et majestueux. Le sentier que nous empruntons est recouvert d'un revêtement qui amortit considérablement les choques de chacun de nos pas. Le genre de surface idéale pour la pratique de la course à pied. A une centaine de mètres de là où nous nous trouvons désormais, au beau milieu d'un pré, nous apercevons un oiseau de belle taille, au plumage fauve, qui déploie ses ailes en faisant des bons à la verticale. J'ai déjà vu quelque part ce manège.

" _ C'est un faisan., pronostiquai-je à voix haute.

_ Non, c'est une perdrix., me répond un habitant de la champagne crayeuse dont j'avais remarqué le numéro 51 de la plaque d'immatriculation sur le parking à l'entrée.

_ Une perdrix ?, répétai-je incrédule.

Ce qui me semble être deux chasseurs vu l'accoutrement : chaussés de bottes en caoutchouc de la marque Aigle, vêtus de pantalons treillis camouflage et d'un gilet sans manche aux poches multiples couleur kaki et chapeau de pluie sur la tête, tranchent en ma faveur.

_ Il s'agit bien d'un coq faisan.

Nous, les trois viandards, même si je n'ai jamais tenu un fusil dans une autre circonstance que sur le stand d'une fête foraine, avec le viseur volontairement déréglé de la ligne de mire, devons penser en ce moment précis à la même chose : voir le gibier mijoter dans une cocotte en fonte, arrosé de vin blanc, garni de quelques champignons, d'oignons nouveaux, avant d'y ajouter en fin de cuisson un peu de crème fraîche. Je continu mon chemin avec cette parenthèse en tête quand j'entrevois au loin, en dehors même de la réserve, un grand oiseau de la taille d'un émeut se tenant sur ses deux pattes dans une pâture prêt d'une citerne à lait. Comme les deux braconniers m'emboitent le pas, je leur indique de l'index ce qui pour eux, comme tout animal vivant s'assimile à une proie, un trophée potentiel.

_ C'est bien une grue ça ? Là bas.

Ils regardent en direction de mon doigt à l'aide des jumelles qu'il portent autour du cou et confirme que je ne suis pas si mauvais dans la reconnaissance des différentes espèces d'oiseaux. Je commence cependant à regretter de ne pas avoir loué une paire de jumelles à la caisse du parc.

La météo annonçait à la radio un temps variable et voilà maintenant qu'il commence à bruiner. Cela n'est pas très grave puisque nous pouvons nous abriter dans le premier observatoire à oiseaux qui se présente à nous. Nous entrons dans le petit cabanon en bois et ses fenêtre ouvertes avec vue sur un étang moucheté de petits ilots, sur lesquels se reposent une colonie de mouettes rieuses, comme celle domestiquée par Gaston Lagaffe dans les planches de Franquin. Les murs sont richement illustrés de dessin d'oiseaux, à la façon d'une encyclopédie sur les migrateurs. J'apprends donc à reconnaître sur l'instant des avocettes élégantes, outillées de leur long bec fin, utiles pour fouiller la vase quand elles recherchent de la nourriture. La pluie cesse déjà. Nous pouvons remettre le nez dehors en nous demandant quelles seront les prochains spécimens que nous aurons à identifier. Est ce que se sera une galinette cendrée ? Une quincaillette des prés ? Pourrons-nous comme dans le sketch des Inconnus l'exterminer à coup de Kalashnikov, l'achever avec la crosse, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus rien à manger dessus ? Je divague ainsi dans mes pensées délirantes jusqu'au prochain observatoire. Dedans, une guide braque un gigantesque monocle en direction non pas de bêtes à plumes mes de mammifères à poils.

_ Sont-ce des chevreuils qui broutent paisiblement au loin ?

_ Non. , me répond t-on. Ce sont des bouquetins. Le Marquenterre n'est pas leur biotope naturel. D'ordinaire, ils préfèrent se balader sur les arrêtes des massifs montagneux. Ils ont été importés depuis la Corse ici, pour entretenir les prés du parc. Vous voulez regarder de plus près ? Ils ne sont pas très beau en ce moment car en pleine mue.

Je colle un œil sur la lentille, montée sur trépied et observe le troupeau de caprinés la fourrure en lambeaux comme s'ils avaient contracté la galle.

_ Merci ( pour cette vision d'horreur ).

Dans un autre poste d'observation, nous rencontrons un photographe professionnel. Son appareil et si grand qu'il fait complexer mon petit Fuji acheté une centaine d'euros dans un magasin Pixmania. Une assistante qui l'accompagne est chargée de transporter et poser le trépied, mais aussi de repérer avec les jumelles les oiseaux à capturer dans la boîte à image. Une cible est repérée. Le photographe tente quelques réglages dans une ouverture de quelques centimètres entre deux lattes de bois.

_ Je n'y arriverai pas., Dit-il. C'est trop gros, mon objectif ne passe pas. Quand c'est trop gros, ça ne rentre pas. Cette réflexion et conclue par de petits rires lubriques.

Sur le chemin qui nous conduit à la sortie du parc, nous nous intéressons également à la flore qui jonche le sentier. Je repère un argousier dont une brasserie local se sert des baies rouges au goût amer pour en fabriquer une bière. Il faudra que je goûte à cela lors d'un repas au restaurant ou pendant une pause rafraîchissement à l'ombre d'une terrasse.

A la sortie, une touriste dit à son mari.

_ ça m'a vachement plus cette sortie au Domaine du Marquenterre., Celui-ci lui répond :

_ Non bécasse ! Le Parc du Marquenterre ! Le Domaine du Marquenterre, c'est une autre chose.

GASTRONOMIE.

  1. Les spécialités.

La ficelle picarde : La ficelle picarde est une crêpe fourrée de champignons, de jambon blanc et d’échalotes et gratinée avec de la crème fraîche te de l’emmental râpé.

Dans certains restaurants du bord de mer, on trouve une variante à cette recette : La ficelle picarde aux fruits de mer.

La salicorne : La salicorne est une plante comestible qui s'épanouie sur nos côtes maritimes et dans les marais salés. Les jeunes ramifications de la salicorne peuvent être mangées crues, natures ou en vinaigrette, mais aussi revenues dans un peu de beurre à la poèle. La salicorne est naturellement salée et un peu amer. Attention, la cueillette de la salicorne en Baie de Somme est réservée uniquement à l'usage de quelques professionnels détenteur d'une licence spéciale.

L'aster maritime ou oreilles de cochon : L’aster maritime pousse dans le même biotope que la salicorne. Elle doit son surnom à la forme de ses feuilles, lorsque la plante est encore jeune. Elle se consomme crue ou cuite et accommodera aussi bien les viandes que les poissons. Comme la salicorne, la récolte de l’aster maritime est strictement régulée en Baie de Somme.

2. Les restaurants.

A Le Crotoy, des restaurants, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses, de la baraque à frite au petit restaurant cossu, en passant du bar à salade à la brasserie. L’avantage c’est que presque tous acceptent les chèques vacances et les tickets restaurants; pour le moment, avant que notre cher gouvernement qui s’évertue à chercher des poux sur la tête des honnêtes travailleurs du privé plutôt que de donner botter le cul de ceux qui se complaisent dans l’oisiveté, ne restreigne l’usage de ces derniers qu'au seul cadre professionel. « Le socialisme, c’est se partager équitablement la misère du monde » disait à peu de chose près Churchill mais je m'égare.

Restaurant des aviateurs.

Certes les hôtesses et Stewards sont accueillants. La décoration d’un des plus ancien établissement de Le Crotoy et qui fait référence aux pionniers de l’aviation comme Caudron est magnifique, petits avions suspendus aux plafonds, photos de biplan en sépia encadrées et accrochées sur les murs, boiseries… mais ce qui était servi dans nos assiettes, ne nous à pas fait décoller vers d’autres cieux. Pourquoi rajouter de la ciboulette sur mes tagliatelles au maroilles ? C’est pas bon, les ingrédients ne se marient pas harmonieusement. La tarte aux pommes façon tatin, nous avons fait une croix dessus puisque celle-ci a carbonisé dans le four comme les Boeing 747 après le crash de Los Rodeos  du 27 mars 1977. Bref, malgré le cadre et le personnel sympathique, les repas servis étaient juste bons à servir comme plateau aérien à des passagers à bord d’un vol low cost .    

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Published by berenger
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