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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 18:41

Assis du haut de nos montures, un chapeau sur la tête, un pistolet en bandoulière, la carabine à plombs dans les mains, nous étions prêts à parcourir les grands espaces thiérachiens.

Nous nous étions armés pour parer à des éventuels attaques d'animaux de la faune locale. Quelle bête féroce aurait pu se mettre en travers de notre chemin ? Un renard enragé ? Une laie qui protége ses petits ? Une attaque de corbeaux comme dans le film d'Hitchcock ?

Nous avions rempli notre paquetage de pommes à cidre encore vertes, de mures et de feuilles de tilleul pour faire des infusions. En chemin nous trouverions surement des noisetiers sauvages ou peut-être ferions nous de la salade de pissenlits ? Nous connaissions les endroits où gisaient quelques sources où nous pourrions nous désaltérer.

Tél le cowboy Lucky Luke à la fin de chaque album, nous partîmes au coucher du soleil. Nous montions à cru. Au petit trot, nous longeâmes d'abord l'ancienne voie de chemin de fer, devenu aujourd'hui " l'axe vert ". Sous le regard impassible d'un troupeau de vaches, nous traversâmes au pas la pâture aux coucous. Nous l'appelions ainsi parce que la fleur des talus pullulait toujours à cet endroit chaque printemps. Ourasi et Joly Jumper avancèrent de plus en plus lentement et avec de moins en moins d'assurance quand il fallut descendre puis remonter les flancs escarpés du Fond des Rochs d'Ohis. Dans la cuvette du vallon, nous passâmes devant une petite chapelle, alors nous ôtâmes nos coiffent et fîmes notre signe de croix avant d'entamer l'ascension par l'autre côté. Les bêtes peinèrent à gravir la pente et quand elles arrivèrent la haut, au bord du champ de mais, elles refusèrent d'avancer d'avantage. Nous n'avions pas d'éperon sur nos bottes en caoutchouc. Nous cueillîmes quelques épis pour leur donner à manger. Nous grignotâmes aussi quelques grains jaunes comme l'on dévore du popcorn devant un western de La Dernière Séance. Il fallait que nous chevauchâmes à nouveau Ourasi et Joly Jumper mais les animaux étaient à bout de force. Nous étions parti depuis à peine une heure, avions parcouru juste un demi kilomètre et déjà notre périple s'arrêtait là.

Les chèvres du petit voisin, ce n'était pas les chevaux de l'hippodrome de La Capelle. Il était vingt et une heure, nous dûmes nous dépècher de rentrer, nos parents commençaient à regarder leur montre !

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Published by berenger - dans Ma Thiérache.
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