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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 12:33

A ma connaissance, les établissements de nuits ne pullulent pas en Thiérache. Je peux en dénombrer trois, qui dit mieux ?

Près du Nouvion en Thiérache, le Relayeur ( existe t-il encore ?, me demanderez vous, à vous de me le dire ) était le point de rendez-vous des fans de rock, des métaleux. Un lieu aux antipodes de la branchitude, un endroit sans dress-code, longs cheveux, barbes de forestiers, jeans troués et blousons noirs étaient acceptés. Un bouiboui où l'on écoutait "Achtung baby" de U2, " I feel good" de Dépêche Mode mais aussi du The Cure, The Clash, les Doors... Au bar de cette grange où les toiles d'araignées étaient rarement faites, on commandait des bières parce ce qu'il fallait pas s'attendre à ce que l'on vous serve un Daiquiri, un Mojito ou une Magarita... Au relayeur, la convivialité primait avant tout.

Passons à un autre repère des noctambules thièrachiens : La Chaumière. Comme au Relayeur, l'ambiance à la Chaumière était plutôt familiale. Cette discothèque de la Neuville aux Joutes, dans les ardennes françaises, était elle aussi à des années lumières de la boite select, avec son bar long comme la muraille de Chine, investi par des soiffards qui avaient fait la fermeture du Pigeon Blanc avant de venir s'accrocher au zinc ici, sous les toits de chaume, jusqu'au bout de la nuit. La piste de danse était, elle, toute rikiki. Le DJ passait des grands classiques, du Bob Marley, des valeurs sures comme du Indochine, le Staying Alive des Bee Gees et meme du Michel Sardou, que reprenaient en braillant les piliers de comptoir : " Là bas au Connemara..." Ne manquait que " La Danse des Canards" ou une farandole.. Si pendant les slows, les esprits s'échauffaient, les taux de testostérones étaient derechef rabaissaient quand Jean-Michel s'y collait. Le videur, toujours vêtu de son éternelle chemise de bucheron canadien à carreaux, était une force de la nature avec une charpente qui aurait pu soutenir le toit d'une église. Il était capable de faire léviter, hors des lois de l'apesanteur, deux mecs en même temps , tenant par le colle un dans chaque paluche. L'été, le dancing donnait sur une terrasse à ciel ouvert. Les affamés pouvaient commander un américain dont les steaks étaient cuits au feu de cheminée. Aux aurores, le café était offert pour remettre les idées des clients en place. Bob aussi avait droit à son petit noir. Pour rappel, Bob c'est celui qui conduit, celui qui ne boit pas. Celui qui garde le sourire de circonstance toute la soirée, mais qui se morfond de ne pas vivre la fête pleinement, la bonne poire à qui l'on confie ses clés en échange de quelques tournées de softs.

Allons maintenant guincher en terre chti, du coté de Sains du Nord, plus précisément à Etroeugnt. Les vendredis soirs, les fondus de musiques électroniques se rassemblaient à l'oxxo, des lunettes de soleil montées de verres jaunes, bleus ou rouges sur le nez, dans une salle par définition sombre ?!? Les tecnomans habillés de t-shirts Coxwen, de futals lookés Energy mouvaient en transe, mâchouillant des bâtonnets de sucette, faisant des mouvements amples des bras, comme le Mime Marceau en accéléré, enfermé dans une cage de verre. Les filles, toutes fringuées de la même façon, mini shorts et bottes jusqu'à mi- genoux, se regardaient danser dans des miroirs fixés aux murs, tel Narcisse admirant son le reflet à la surface d'un lac, . L'hiver, sur les routes étroites perdues au milieu des bocages et qui menaient à l'Oxxo, il était pas rare que quelques voitures se retrouvaient au fossé. Les oiseaux de nuit allaient alors demander secours aux fermiers des environs. Un John Deere était bien utile pour tracter une carette engloutie par les bas-côtés.

Un dancing un peu plus calme, cette fois de l'autre coté de la frontière en Thiérache wallonne : Le clocheton. Au clocheton, des instruments comme l'accordéon, entièrement automatisés, jouaient de la valse, du tango, de la danse de salon sans musicien. Comment ai-je pu atterrir dans un pareil endroit ? Je ne sais pas. Sur le sol, de la farine était déversées pour que les semelles des amateurs de musettes glissent mieux à trois ou quatre temps.

Je pourrai aussi vous parler du Quartz ou d'autres discothèques oubliées, mais il se fait tard ou tôt ce dimanche matin. On vient de finir l'after qui s'est tenu dans le salon d'un ami. On a déjeuné quelques croissants achetés sur le retour de boite, en allant frapper à l'arrière boutique d'une boulangerie hirsonnaise. De bons croissants bien chauds, tout juste sortis du fournil... Il est désormais temps d'aller me coucher, le marchand de sable vient de passer. Au dodo et vivement le weekend prochain ! J'aime pas le lundi ! ...

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Published by berenger
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