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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 19:32

Cela fait un bon moment que je ne me suis pas fait un petit ciné. Ca semble si lointain, que je me demande si la dernière pellicule vue sur écran géant ne serait pas "La Grande Vadrouille"... Blague à part, j'habite actuellement à quelques minutes du plus grand cinéma de France : Le Kinépolis de Lomme, une usine à spectacle grouillante de cinéphiles qui viennent investir, pendant les pics de fréquentation, les quelques 7 300 fauteuils répartis dans plus de vingt salles. L'équipement audiovisuelle se veut du dernier cri, employant toutes les technologies modernes pour une qualité d'image incomparable et un son à défriser les moutons. On peut y commander ses places numérotées sur internet comme l'on réserve un billet d'avion. Une fois que vous avez franchi la porte d'entrée du bâtiment, vous vous retrouvez dans un véritable hall d'aéroport. L'espace est immense, les murs hauts, les couloirs larges et le pop corn est vendu dans un mini marché à l'intérieur du complexe, avec ses rayons garnis et ses caisses enregistreuses. En bref, un endroit à proscrire si vous recherchez le charme du cinéma de papa, le petit cinoche de quartier.

Aux antipodes de cet endroit, le Sonhir 3. " Sonhir " n'est que le verlan d'Hirson, ( la Thiérache serait- elle le véritable berceau de l'envers, au détriment de la banlieue parisienne ? ), "3" comme le nombre de salles de projection où s'exprime le 7ème art, dans cette commune d'un peu moins de 10 000 habitants. Les amateurs de la grande lucarne ont toujours eu de quoi se lécher les bobines dans cet établissement, avec une programmation variées, des avant premières et même dans quelques rares cas, des invités vedettes. Lors de la sortie de " Rien à déclarer", presque tous les acteurs du film sont venus se présenter, à un public reconnaissant de la promotion faite à la région, frontalière à la Belgique.

La salle A, la plus grande, est de bonne taille et confortable depuis que les rangées de sièges ont été espacées. Fini la sensation de voyager en vol low cost alors que vous regardiez Top Gun, les genoux du voisin de siège derrière vous, dans votre dos.

La salle C demeure toujours drôlement intimiste. C'est un peu " Chérie j'ai rétréci les gosses" lorsque vous posez vos fesses dans cet espace étriqué. Ici, en petit comité, les bonnes manières sont plus indispensables qu'ailleurs : Eteignez vos téléphones portables, évitez de ronfler, parler, murmurer, même à l'oreille des chevaux, pendant les séances. Autre règle d'or, surtout avant la diffusion d'une comédie sentimentale, évitez pendant "La Grande bouffe" de manger épicé : "Autant emporte le vent".

Quant à la salle B, c'est la terre du milieu, ni trop grande, ni trop petite.

La première fois que j'allais au Sonhir, je vis Taram et le Chaudron Magique. Ma tante nous avait emmené en voiture, mon cousin et moi. Ensuite, il y eut les sorties pédagogiques avec l'école primaire de Neuve- Maison, puis avec le collège, devant les reportages du National Geographic, les interprétations de romans de Pagnol " La Gloire de mon Père, le Château de ma mère", "L'ours" de Jean-Jacques Annaud ou encore le très bon Lian Neeson dans le bouleversant "La Liste de Schindler". Je ne suis pas un survivant du "Jurassic Park" mais pourtant, je connu l'époque où, pendant les bande- annonces, le vendeur de glaces et de confiseries déambulait entre les rangées de sièges.

Lorsque j'étais lycéen, les internes de Joliot-Curie se rendaient tous les mercredis soir en bus au Sonhir pour assister aux sorties nationales. Nous autres, externes et d-p, nous pouvions acheter des tickets pour le créneau du mercredi après-midi, dix francs l'unité au comptoir du foyer socio-éducatif. Dix francs seulement... ça me rappel ce que me disait toujours un ancien de nos campagnes avec une certaine ironie : " Dans le temps, on allait au cinéma avec cinq francs, on revenait avec dix francs"... Cette réplique ne veut strictement rien dire ! N'est pas Audiard, fin dialoguiste, qui veut ! C'était l'époque des " Mission Impossible", "Independance Day", "Men in Black"," Very bad Things"... Lorsque la salle était presque vide et que le film avait la fadesse d'un navet, du premier rang, nous faisions la ola, devant la toile éclairée, à la manière de supporters de football.

Dernière scène avant le happy-end et le générique de fin : La Nuit des Cinéfans. A l'image de "La Nuit des Publivores" pour la réclame, ou de "La Nuit du Zapping" pour les maniaques de la télécommande, La Nuit des Cinéfans était un événement organisé par les étudiants d'Hirson. Pour les fans de ciné, cela consistait, le temps d'une nuit, à dévorer du soir au petit matin cinq films d'affilé jusqu'à ce que leur teint devienne blafard comme celui d'un "Vampire , vous avez dit Vampire ?" assoiffé de sang, jusqu'à ce que leur rétine brule à la lumière de l'aurore.

Le Sonhir 3, petit cinéma indépendant, n'a peut-être pas le gigantisme d'un parc d'attraction, mais demeure depuis toujours très attractif.

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Published by berenger
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