Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 18:46

C'est un privilège que de posséder un jardin en pleine agglomération lilloise. L'été, les jours de beau temps, de retour à la maison après une journée de travail, je n'allume pas machinalement la télévision comme de coutume, mais me prépare un thé que je vais boire à l'extérieur assis sur ma terrasse à même le béton nu. Alors, le temps que je consomme ma boisson chaude, j'observe le couple de merles peu farouches, qui a élu domicile depuis quelques années, sur la même parcelle que celle que j'occupe. Souvent, les oiseaux arrivent par les airs et se perchent quelques instants sur la branche d'un arbre, m'observent quelques secondes en émettant des sons brefs et aigus puis se posent sur la pelouse en approchant de moi prudemment, en zigzag et en marquant quelques arrêts, tournant la tête à droite et à gauche, afin de vérifier que je demeure bien immobile. Il m'arrive parfois d'essayer de communiquer avec eux en sifflotant et il me semble qu'ils apprécient particulièrement la chanson "Not while i'm around" extraite du film Sweeney Todd.

Leurs allées et venues ne sont pas, pour la plupart du temps, de simples visites de courtoisies. Souvent, les bêtes à plumes passent à un mètre de moi, grimpent la marche de la porte-fenêtre et chipent des croquettes dans la gamelle du chat sous l'œil blasé du félin tout décati par plus de vingt années d'existence et qui somnole là, à portée de griffes d'une proie potentielle. Longtemps, je me suis demandé pourquoi Charly maigrissait alors que je devais remplir sa gamelle de nourriture jusqu'à trois fois par jour avant de la retrouver inexorablement vide... Les passereaux quant à eux, se portent à merveille et grossissent à vue d'œil, surtout la femelle facilement reconnaissable, plus dodue et avec un plumage plus clair.

L’autre jour, je passai la tondeuse sur la pelouse qui en avait bien besoin, lorsque j’entendis des petits sons aigus provenant de la haie de hêtres persistants à ma droite. Je coupai le moteur de la machine, tendis l’oreille avec attention et écoutai d’où provenait exactement les sons. Il ne s’agissait pas de chants mélodieux comme sont capables d’interpréter les sujets adultes mais plutôt des cuits, cuits, cuits, en quelques sortes, des gazouillis juvéniles. Des deux mains, j’écartai quelques branches et à travers la trouée faite dans la végétation, je constatai avec effroi qu’il y avait ici un nid avec des petits, gros comme mon pouce, qui criaient famine. Instantanément, j'eus envie de prendre une photos mais après quelques secondes de réflexion, je décidai de ne plus m'approcher de la nichée, de peur que les parents abandonnent leurs progénitures.

Depuis, c’est une étrange comédie qui se joue à chaque fois que je tente de prendre un bain de soleil derrière la maison. Mes sorties sont toujours accompagnées de cris stridents épouvantés. Dès lors que je m’installe à ma terrasse, le mal avec sa robe noire et son bec orangé arrive de nulle- part et s’agite dans tous les sens. Le jeune père de famille siffle, flûte, babille fait tout son possible pour se faire entendre en même temps que de danser sautiller sur place, tourner en rond, onduler, faire tout un ramdam pour que je le remarque. Pendant ce temps là, sur le toit à l’opposer Carole (c’est ainsi que j’ai nommée la femelle en hommage à la skieuse Carole Merle, championne du monde de Géant en 1993) attend sagement, des vers dans le bec que je donne l’impression d’être assez distrait pour qu’elle file dans mon dos nourrir sa descendance. Tout ce manège n’est donc que diversion.

Désormais, les jeunes merles sont tombés du nid et doivent rester quelques semaines au sol avant de prendre leur envole. Par deux fois, l'un d'eux c'est introduit à l'intérieur de la maison. Peut-être n'ont-ils pas encore été formés sur les dangers potentiels qui les guettent. Pris de panique en voyant que le salon était occupé, le jeune merle s'envola dans la maison et se cogna à plusieurs reprises contre une fenêtre, il fallu lui jeter un t-shirt, le couvrir entièrement avant de l'attraper et de le relâcher dehors.

La haie de hêtres a bien poussé, il va falloir que je la taille mais avant cela, il faudrait que je déloge ses occupants. Quelqu'un aurait-il un fusil que je plombe ces adorables petits nuisibles ?

Partager cet article

Repost 0
Published by berenger
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les carnets de Bér.
  • Les carnets de Bér.
  • : Cela pourra peute être vous paraitre un peu brouillon mais vous trouverez un peu de tout sur mon blog : des impressions de voyages, chroniques de concert, missives contre des organismes incompétants, à vous de voir ce qui vous interpelle le plus
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Liens