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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 19:11

Habitués de ce genre d'endroits, joueurs invétérés et arnaqueurs forts en gouaille, toute la fripouille était réunie dans un seul et unique but : ramasser le magot. Un beau paquet attendait celui qui arriverait au bout de la partie. Les autres, repartiraient les poches vides…

Les canailles formaient un cercle et ce qui se passait à l'intérieur, retenait toute leur attention. Parmi la crapule présente : Le glaviot à reluire, nous l'appelions comme cela car c'était le plus consensuel, préférant toujours le dialogue à l'affrontement. Il y avait aussi Agathe aux yeux bleus ou l'hypnotiseuse, par la faculté qu'elle avait à vous endormir, lorsqu'elle vous fixait de ses gros calots. Le liquidateur lui, mettait sur la paille tous ceux qui croisaient son chemin. Le roux irlandais et les frères Macaroni dont la mama faisait les meilleures pâtes du pays, complétaient le tableau.

Chacun se croyait le plus malin et rêvait pouvoir récolter le pactole. Au début, j'avais la main heureuse et raflais quelques mises mais les débats restaient assez équilibrés. Les choses allaient s'accélérer dès que l'un d'entre nous finirait le premier complétement essoré. Les sardes faisaient corps, c'était évident mais leur combine était si bien ficelée, qu'elle était impossible à détecter. Au bout de quelques tours, mes gains amassés lors de précédentes mains s'amenuisaient peu à peu mais le rouquin était en bien plus mauvaise posture encore. C'était l'affaire de quelques minutes avant qu'il ne se fisse plumer, mais il espérait toujours que la roue tourne en sa faveur. Les frangins italiens sentant la bête blessée jouaient de l'intimidation. Et d'un sur la paille ! Nous n'étions désormais plus que quatre à se disputer le jackpot. Bien qu'elle tirait son épingle du jeu, une fille n'avait rien à faire là et d'un clin d'œil complice, nous nous mîmes d'accord pour envoyer Agathe vaquer à ses occupations. Ce qui fût chose faite en quelques manches. Difficile de lutter à un contre trois. Ensuite, l'un des rital fit exprès de perdre pour que son frangin puisse récupérer ses bas de laine. Il était évident que si l'un allait jusqu'au bout, ils finiraient par se partager le trésor... Face à un adversaire qui avait amassé les gains de tout le monde, je n'avais aucune chance de l’emporter, comme mes prédécesseurs je terminais la partie ruiné et démoralisé, d'autant plus que mes créanciers refusèrent de me remplumer, histoire de me refaire la cerise. Il n'y avait personne auprès de qui je pouvais me plaindre de tricherie, ce qui se passait à Vegas, devait rester à Vegas.

Dans la cour de l’école primaire de Neuve- Maison, cigarettes en chocolat au bec, les parties de billes prenaient parfois des allures scorcessienne…

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Published by berenger
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