Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 15:02

    Qu'est-il advenu du lycée Joliot-Curie d'Hirson de nos jours ?Je l'ignore. Seuls les plus jeunes pourraient vous en parler. A l'époque lorsque nous le cotoyons, il avait assez mauvaise réputation. Surnomé le lycée bleu à cause de la couleur marine de ses façades ou encore le club Med parce qu'à partir des beaux jours de mai, l'on trouvait plus d'élèves allongés sur les pelouses qu'à l'intérieur des salles d'études. Cette mauvaise image était-elle justifiée ? à vous d'en juger.

 

  Canular téléphonique. 

 

  _ Alors ? Vous avez trouvez vos pigeons ?,  nous demanda Dorothée qui se trouvait assise à la rangée juste devant la notre.

   _ Oui, nous les avons, mais retourne-toi avant d'attirer l'attention de la prof.

   _ Non mais je rêve !, grommela Mlle Legrand haute comme trois pommes à genou et qui portait ce jour là son superbe pull Mickey. La semaine dernière, je vous surprend en train de jouer au cartes, hier je vous confisque le turf alors que vous vous apprêtiez à faire des pronostics, et voilà qu'aujourd'hui, vous consultez les petites annonces. Donnez-moi ce journal !

   _ Non, par pitié Madame ! Je le range dans mon sac tout de suite.

   _ Alors que je ne revoie plus ce torchon avant la fin de mon cours.

   Pour une fois, la voix fluette de Mlle Legrand se fit entendre. L'enjeu était trop important. Il n'était pas question que nous passâmes à côté d'une bonne partie de rigolade et c'est sagement que nous attendîmes la sonnerie qui annonçait la récréation.

 

    Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvâmes mes camarades du fond et moi même dans la cour.

   _ Alors qui commence ?, demanda Nico.

   _ Ben toi, puisque tu as le journal., répondis-je.

   _ Ok, je me lance.

   Nico sortit son téléphone portable de la poche de son blouson et composa sur le clavier numérique un numéro qui paraissait à la page des petites annonces et sur laquelle on pouvait lire :

 

Vds Fiat Panda Année 1992 TBGE 120 000 km 15 000 fr à déb tél au xxxxxxxxxx

 

   _ ça sonne, ça sonne !, s'enthousiasma t-il en se mordant l'intérieur des joues.

  _ Allô ?

  _ Oui, bonjour Monsieur. Ici le zoo de Maubeuge. Nous vous appelons au sujet de votre annonce paru dans le Galibot, vous vendez toujours votre Panda ?

   _ Euh, oui.

   _ Parfait, c'est exactement ce que nous recherchons mais vous lui donnez quoi à manger ?

   _ Pardon ?

   _ Ben oui, vous lui donnez quoi à manger ? ça ne doit pas être évident de trouver de l'eucalyptus dans le coin !

   A l'autre bout de la ligne, le mec ne se doutait nullement d'un canular. A notre grand amusement, il répondit :

   _ Vous vous méprenez, Monsieur. Je ne vends pas un panda, l'animal mais une FIAT Panda !

   _ Peu importe que ce soit un mâle ou une femelle, que vous l'appelez Fiat ou Stessy... Et à boire ? Vous lui donnez quoi à boire ?

     Était-ce du lard ou du cochon ? Enfin, notre interlocuteur avez tranché.

   _ Bon écoutez, j'ai du travail moi, j'ai autre chose à foutre qu'à répondre à des petits cons qui n'ont rien de mieux à faire que déranger les honnêtes gens. Bip... Bip... Bip...

 

   _ Il a raccroché.

   _ Bien joué Nico, on c'est bien marré ! A qui le tour ?, demandai-je avant de prendre les devants. Bon, je m'y colle.

   La deuxième annonce que nous eûmes sur-lignée pendant l'heure de français, comportait le texte qui suit :

 

Vd Renault Kangoo diesel 60 000 km 32 000 Fr

tél au xxxxxxxxxx Après 18h.

 

    _ Allo ?

    _ Bonjour Monsieur, ici le zoo de Maubeuge. Je voulais savoir si vous vendez toujours votre Kangoo... Rouuuu, Rouuuu, Rouuuu !, hurlai-je au téléphone en imitant une pub d'un constructeur automobile français, dans lequel les parents s'efforceaient à apprendre à leur enfant à prononcer correctement le nom du marsupial, alors que ce dernier s'interdisait d'articuler la dernière syllabe.

   _ N'importe quoi ! Bip... Bip... Bip...

   _ Un peu court mais pas mal !, me félicitèrent mes camarades.

   _ Oui, mais il nous reste plus qu'à trouver comment nous allons occuper les deux prochaines heures de français de mercredi prochain.

   _ On pourrait jouer au Monopoly, à la bonne paye, au ping-pong ?

   _ C'est à méditer, fis-je pensif. C'est à méditer.  

 

 

 

    Quand les zizis chantent.     

           L'adolescence et un âge où l'on découvre son corps en plein bouleversement.
           Révisons ce qui était écrit dans les livres de sciences naturelles : Les organes génitaux poussent, la voix fluette se fait plus grave et une duveteuse moustache apparaît sur votre visage ainsi que sur votre pubis pendant que vos hormones sont sans-dessus, sans-dessous et que votre bas-ventre chatouille.
           La sortie de l'enfance correspond aussi à une période où l'on souhaite explorer le corps de ses petites camarades.
           Pour cela, nous, collégiens du collège Georges Cobast, avions une technique infaillible :
           A l'heure de la récréation, il fallait approcher ces étranges créatures que l'ont appellaient " les filles " de préférence les jours de beau temps, lorsque les zizis chantaient et que les nanas étaient en T-shirt, laissant poindre leurs mamelons naissants. Alors, il fallait ensuite aborder la personne du sexe opposé sans rougir, sans trembler sans qu'un bouton d'acné n'éclate du fait d'un trop plein de pression sanguine véhiculé par l'émotion.
           Sous les regards amusés des copains, il n'était pas question de se débiner :
            "_ Dis-moi Zoé. Sais-tu que je suis un grand magicien ?
             _ C'est quoi cette connerie encore ?, me répondit-elle d'un air méfiant.
             Là, à ce moment précis, il fallait se montrer convainquant.
             _ Et bien, je te parie un franc ( je rappel au plus jeunes d'entre vous qu'un franc équivalait à environ 0.15 centime d'euro de nos jours ) je te parie un franc que je peut toucher tes seins sans même effleurer ton soutif.
             _ Ah ouais ? Ben essai-voir !, me défia t'elle en gonflant sa poitrine sortie droite devant.
             _ Tut, tut ! C'est perdu ! "
             Il ne restait plus qu'à sortir la pièce de un franc de votre poche et prendre vos jambes à votre coup avant de prendre une mémorable gifle qui résonnerait dans toute la cour, ce qui ferait encore plus éclater de rire vos petits camarades.  

 

 

 

   En stage pour avoir de l'assurance.

    Le porte à porte, c'est l'école de la vie., c'est ce que mon maitre de stage est en train de m'expliquer. Moi, j'ai commencé par vendre des camping-cars avant de devenir agent général. Vous allez prendre les questionnaires de santé que j'ai posé sur votre bureau et m'en faire remplir un maximum pour que l'on puisse éditer un bon nombre de devis. Nous ferons un débriefing de votre activité de la journée, demain matin. Bon courage "
    Du courage, il va en falloir pour marcher dans la rue et tenter ma chance à chaque maison par moins cinq degrés. Heureusement, je connais déjà une adresse où je suis sur que l'on m'offrira un café pour me réchauffer. Le souci, c'est qu'il ne sera pas évident d'interrompre le flot incessant de paroles que prononcera Monsieur Guérin qui s'ennui en invalidité, et aime parler avec le premier qui frappera à sa porte, de tout et de rien, excepté de ce qui m'intéresse : les assurances.
    Pour les autres prospects, ça risque d'être plus difficile mais pas impossible puisque nous sommes des loups.
   "_ Des quoi ?, comme s'amuse à nous faire répéter notre professeur d'Action Vente Appliquée.
    _ Des loups., Répondent alors de façon collégiale les étudiants au travers des murs du lycée.
    _ Des quoi ?, Des Louuuuuuuuups ! Ahouuuuuuuuuuuuu ! "
Pour le moment, nous ressemblons plus à des agneaux qu'à des loups avec nos voix qui tremblotent dès que nous avons à débiter notre argumentaire soigneusement préparés pendant les cours. Malgré quelques heures de théâtre imposées pendant le cursus, je ne m'imagine pas avec assez de culot pour mettre le pied en travers de la porte pour éviter que celle-ci ne se referme sur ma paume, pendant que je tente de convaincre mon interlocuteur, de la nécessité de souscrire une complémentaire santé chez Winterthur.
    A propos de mes petits petons : Ai-je suffisamment ciré mes pompes comme on nous l'a conseillé de faire ?
    "_ Vos chaussures seront la première chose que l'on regardera chez vous. Vous serez jugés sur votre apparence en moins de trente seconde. C'est pourquoi, il est essentiel de ne pas aller en clientèle en baskets dégueulasses. Et pour votre voiture, c'est pareil. Elle doit être nickel ! "
    Mfffff ! Je n'ai pas cirés mes docks Martens depuis la rentrée. Et pour ma voiture, je ne vois pas comment je pourrai transformer ma vieille Fiat Uno immatriculée en WC, en voiture présentable, sans un coup de baguette magique.
    Voyons combien mon maitre de stage, cet esclavagiste qui profite d'avoir de la main d'œuvre gratuite pour faire le sale boulot, combien m'a t-il donné de paperasses à remplir ? De toute façon, je n'ai pas besoin d'être peigné comme un petit bourgeois de l'école catholique pour faire le boulot. Il me suffit d'aller au bistrot face au lycée, et faire remplir les questionnaires par des amis et peut-être, si ça marche bien, j'irai cet après-midi rendre visite à Francky pour jouer à NBA live jusqu'à l'heure de rentrer.
    C'est ainsi, après avoir été assidu pendant près de deux ans à jouer à la console, que je me retrouvai le matin même de l'examen du B.T.S, à imprimer mon dossier de stage, agrémenté de faux plans de tournée, de ventes fictives et de fausses factures afin d'obtenir un vrai diplôme. Tout cela, pour vous entendre dire le jour où vous rentrez dans la vie active que vos méthodes de vente sont obsolètes, dépassées depuis vingt ans. Mais l'essentiel pour un bon commercial n'est-il pas d'avoir du bagou ? Assez de tchatche pour vendre des encyclopédies à un aveugle, et de baratin pour gruger des examinateurs ?
 

LA GRANDE GUEULE.  

    Bouboule était ce que l’on appel communément une GRANDE GUEULE. Tout ce qui passait pas ses oreilles était sujet à ses commentaires, à ses railleries. Le problème, c’est que personne ne l’écoutait en terminale G. Il se prenaît pour le clown de la classe mais ne faisait rire que lui-même, provoquant bâillements et soupirs d’exaspération chez ses camarades, lorsqu’il ne suscitait pas le courroux des professeurs. Ça corpulence du type « physique de Balou » était telle qu’il n’avait nul besoin de forcer la voix pour monter haut dans les décibels, d’autant plus qu’il avait fait sa mue, et l’intégrité de nos tympans se retrouvait en danger à chaque fois qu’il l’ouvrait. Vous l’avez bien compris, Bouboule n’était pas populaire. Il ne jouait d’aucun instrument, ne pratiquait aucun sport et le pire de tout : son père était douanier alors que nous étions à un âge où beaucoup découvraient les plaisirs de la fumette.

 

    Une fois, en fin de journée, alors que nous étions tous abrutis par ce moulin à paroles ( une fois de plus ) nous décidâmes de nous passer de lui pour la dernière heure de cours de la journée. Pendant la récréation, nous allâmes le voir.

-           _Hééééééééééééé ! Les mecs, qu’est ce qu’il y a ?

-            _ Pas si fort bouboule, on est pas sourdingue. Tu savais que la prof de Français est absente aujourd’hui ?

-              _C’est ça, vous vous foutez de ma gueule les gars ! 

-      _ Non, tu n’as qu’à demander à Tito de 2nde A qui devait assister à son cours de 14h à 16h, elle n’était pas là ! Bien entendu, nous eûmes au préalable convaincu Tito et d’autres encore sous la torture de devenir nos complices.

 

Tout souriant, de son irritable bonhomie qui le caractérisait, il se dirigea vers l’élève de seconde qui faisait deux têtes de moins que lui.

-    _  Dis-donc le moutard, c’est vrai que Mme Trucmuche est absente aujourd’hui ?

Le jeune homme prit un air gêné et nous regardait du coin de l’œil pendant que nous le menaçâmes des poings dans le dos du balourd.

-     Ben c’est vrai, elle était absente aujourd’hui., finit-il enfin par répéter le texte que nous lui eûmes appris en lui pinçant le nez entre le pouce et l'index pour que sa rentre mieux.

-            _ Génial !, fit-il en enfilant autour des épaules d’un jet, les bandoulières de son sac.Puisque c’est ainsi, je me casse illico presto ! Tchao les nases à demain !

La sonnerie retentit. Nous attendîmes, le temps que Bouboule quitta le lycée d’un pas décidé puis, nous entrâmes en cours de français tranquillement. Mme Trucmuche avait déjà commencé à faire l’appel quand vint le tour de bouboule.

-I    Il sèche Madame !, fis-je d'un ton des plus mielleux. Il était en math juste avant , puis il a dit qu’il en avait marre détudier cette abrupti de Molière. Je ne fais que reprendre ses propos Madame hein ? Puis il a pris la poudre d'escampette.

-     Alors si c’est ainsi, je lui flanquerai deux heures de colle !, ce qu’elle ne manqua pas de mette à exécution lors de la prochaine leçon de français.

Partager cet article

Repost 0
Published by berenger
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les carnets de Bér.
  • Les carnets de Bér.
  • : Cela pourra peute être vous paraitre un peu brouillon mais vous trouverez un peu de tout sur mon blog : des impressions de voyages, chroniques de concert, missives contre des organismes incompétants, à vous de voir ce qui vous interpelle le plus
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Liens