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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 22:30

                Luminothérapie, acupuncture, Zyban, cigarettes électroniques… nombreux sont les moyens proposés pour arrêter la clope. Alors me direz-vous : Pourquoi  avoir choisi de consulter un hypno thérapeute ?

 

                D’abord, je pouvais d’ores et déjà abandonner la solution des patchs nicotiniques déjà testés par le passé et qui ont conduit à un échec. Ce qui se passait, lorsque le désir de tirer une bouffée se faisait trop pressant, je retirai le patch aussitôt pour m’en griller une. Ça, c’était dans le meilleur des cas. Parfois, je fumai carrément avec le diffuseur de la substance addictive collé sur le bras. Ce type de comportement est vivement déconseillé, même si un surplus de nicotine dans l’organisme n’est pas si dangereux qu’on le prétend.       

                 Ensuite, l’hypnose m’interpellait quelque part dans mon inconscient ( quoi de plus normal me ferez-vous remarquer ), dans mon imaginaire. J’étais curieux de devenir un cobaye, de percevoir ce que l’on pouvait ressentir dans un état hypnotique. Le rendez-vous était donc pris. Dans mon cas, une seule séance a suffi car comme me l’a dit le praticien au téléphone, «  Les fumeurs ne doivent pas être considérés comme des vaches à lait. Si le fumeur est vraiment motiver pour se sevrer, alors une, voir deux séances suffiront amplement pour un arrêt total et définitif. »

 

                   

                 La consultation se découpe en deux phases : l’une qui consiste en un entretien individuel, dans lequel le patient découvre ce qu’est vraiment l’hypnose thérapeutique : « Très peu de personnes rentrent en transe profonde comme on peut le voir à la télé. Dans ces émissions, les volontaires sont minutieusement choisis et triés sur le volet. L’efficacité d’une séance d’hypnose ne dépend en aucun cas de l’intensité de votre léthargie. » Moi qui craignait de me faire endormir par un inconnu qui pourrait très bien être un pédéraste pervers et me réveiller avec le fion en chou-fleur, me voilà rassuré. " Vous savez, vous rentrez quotidiennement en état d’hypnose sans vous en rendre compte. Je m’explique : Quand vous regardez votre série fétiche à la télé puis, soudain vous perdez le fil et vous vous mettez à penser à votre liste de course pour le lendemain… Là, vous êtes en état d’hypnose ! Un autre exemple : Vous êtes étudiant et vous révisez pour vos examens. Après quelques heures, vous refermez brutalement les pages de votre livre d’histoire des rois de France en vous disant que vous n’en pouvez plus. Et bien là aussi, c’est votre inconscient qui vous demande de stopper donc, vous êtes à ce moment précis en état d’hypnose." Ensuite il vous est demandé quelles sont les motivations qui vous poussent a arrêter de crapoter. Pour des raisons financières, de santé ou pour faire plaisir à votre entourage… peu importe le contenu de vos réponses qui seront quoiqu’il en soit, bateau. Ce qui intéresse votre interlocuteur en blouse blanche, c’est votre personnalité et le vocabulaire que vous employez afin d’adapter son discours en fonction de votre personne pendant que vous fermerez les yeux. J’évoque ce qui m’a amené jusqu’ici en quelques points : «  J’aime pratiquer des activités sportives et je sens depuis quelques temps que j’ai le souffle court. Et puis il y a l’aspect financier. Même si à mon travail les augmentations de la nouvelle année n’ont pas encore été attribuées, j’ai calculé que je pouvais économiser environ 190 € par mois, rien qu’en arrêtant d’acheter quotidiennement ma dose de drogue dure. Autre point, le matin quand je me lève, j'ai une haleine telle que j'ai l'impression d'avoir bouffé un rat mort la veille au soir. » L’entretien terminé, je lève mes fesses d’une chaise droite en bois dur pour un confortable fauteuil inclinable en cuir noir.  

 

                   

                  «  Allongez-vous est mettez-vous à l’aise. Voilà. Maintenant fermez les yeuxe. Chose que je n’avais pas remarqué au cours de l’entretien qui précédait, notre homme en blouse blanche prononce exagérément quelques syllabes à la fin des mots, même lorsque ces dernières sont muettes. J’ai l’impression que c’est Yves LECOCQ imitant Jacques CHIRAC qui s’adresse à moi. C’est bien. Respirez profondément. A chaqueue respiration, vous sentez tous vos muscles, tous vos membres se détendre toujours un peu plus. Concentrez-vous sur vos épaulleuhs, puis vos bras, vos genouxes. Je me sens imperméable aux paroles du serpent Kaa. Ais confiansssssssss… Pire encore, j’ai envi de rire.J’essaie tant bien que mal de jouer le jeu car après tout, si je suis venu ici, c’est que j’y crois, que j’ai espoir. Le débit est lent et le ton se veut rassurant. Maintenanteuh, visualisez-vous à chaque moment lorsque vous allumez une cigarette : Avec le café le matin, pendant la pause au travail… Ensuite,  imaginez que vous descendez une cage d’escalier. A chaque marche que vous dévalez, vous vous détachez de ces instants. Symboliquementeuh, vous jetez vos cigarettes par-dessus l’épaule et vous vous sentez plus léger à mesure que vous descendez.Arrivé en bas de l’escalier, se dresse devant vous la porte d’un ascenseur. Vous décidez de l’emprunter. Vous appuyez sur le bouton qui vous mène au premier étageuh. La porte s’ouvre et vous vous apercevez que tout le premier niveau est enveloppé d’un épais brouillard de tabaque. Vous refermez les portes de l’ascenseur et décidez de monter au second. Au deuxième, il n’y a pas de fumée. L’air est pur et vous respirez à plein poumon. Vous pourriez jouer au footeuh ou au basketeuh dans cette air des heures durant sans jamais être essoufflé.  Le bourrage de crâne ou plutôt dans des termes plus appropriés, la déprogrammation mentale dure ainsi une cinquantaine de minutes. Pendant ce laps de temps, je n’étais pas endormi, je sentais la possibilité de pouvoir répondre, d’ouvrir les yeux mais le pouvais-je vraiment ? Un instant, je sentis même mon bras s’engourdir. « Allez-y. Vous pouvez le remuer, c’est le signe que vous êtes détendu. » Puis, vint le moment du réveil :Nous allons compter jusque dix et à dix, vous pourrez ouvrir les yeux. 1,2,3, vous émergez lentementeuh… 10 ! Mes yeux s’ouvrent avec difficulté, ma tête et quelques peu étourdie. Je me redresse, « allez-y doucement » et m’aperçois que je m’étais enfoncé dans une sorte de cataplexie, plus profondément que je le pensais. Je fais part de mon ressenti à mon mentor en terme de tabacologie et celui-ci m’explique que je suis «tout en maîtrise, pour parler vulgairement, vous avez du mal à laisser pisser. Il vous reste des cigarettes ? Alors quand vous le déciderez, vous n’êtes pas obligé de le faire aujourd’hui, choisissez un endroit avec une forte symbolique et jetez-les.Puis, ensuite, vous m'envoyez un message, un simple sms pour me dire que c'est fait. Ça peut être dans un lac, enterré dans un parc, que sais-je ? Une fois, j'ai un patient qui m'a laissé des nouvelles trois mois plus tard pour me dire qu'il l'avait balancé du Pont de l'Alma à Paris »

               

                  

                Je n’ai jamais suivi cette dernière consigne qui ne semblait pas primordiale puisque malgré ma désobéissance, je n’ai pas fumé une seule cigarette depuis voilà 11 jours. Les quelques clopes qui me restaient, je m’étais dépêché de les consommer à la sortie de la consultation. Imaginez la scène, croisant un patient à la sortie du cabinet en train d’allumer une cigarette sur le palier alors qu'il vient justement pour soigner sa propre dépendance ! Depuis, je tiens bon. La première semaine, assez rapidement l’odeur m’incommodait et le dégoût à l’idée de prendre quelques tafs s’installait. En ce moment, ça me parait un peu plus difficile. Peut-être devrai-je tenter une séance d’hypnose sur Youtubes ou apprendre l'auto hypnose. Toujours est-il que sans substitut hormis les chocolats, bonbons et cafés/calva le week end, le résultat est plus que convainquant.

 

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