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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 11:20

         




Rester bloqués 12h dans un aérogare, ça créé des liens. Nous sympathisons avec 2 compagnons d'infortune, Frank et Hervé, tous deux propriétaires de riad à Marrakech. Nous échangeons nos coordonnées, et prenons rendez-vous pour leur rendre visite. areroport

 

 

 

Il est 3h du matin et nous arrivons à l'hôtel Diwaneexténués avec une demi-journée de retard... Malgré notre inaptitude à réfléchir dans ces circonstances, le programme pour la journée à venir est déjà dans nos têtes : Farniente et récupération dans un premier temps, ensuite on verra !

Le chauffeur de la navette qui nous a emmené de l'aéroport Menara à l'hôtel nous à fait écho que nous devrons nous rendre dans quelques heures, en milieu de matinée à une réunion d'information. Je sent venir la chose et me doute qu'il s'agit de nous vendre des excursions à des tarifs prohibitifs. Je suggère donc à Juliusde ne pas mettre de réveil avant de nous coucher, et de faire « l'école buissonnière » car après tout, nous sommes au mois de juin et les établissements scolaires français sont déserts à cette époque de l'année.

 

1er jour

A 10h pétante, mon sommeil fut brutalement interrompu par une sonnerie. Ce n'était pas celle de mon réveil que j'avais déprogrammé de mon téléphone ni celle de mon voisin, bien qu'il n'est rien entendu avec ses boules-quiès encastrés dans les oreilles.. ça vient du téléphone fixe de la chambre !

 _ Allo ? 

A l'autre bout de la ligne, une jeune femme se présente. Elle s'appelle Aminaet s'étonne que nous ne sommes pas encore présentés dans le hall de l'hôtel. Le temps d'enfiler un short, des tongset le premier t-shirtqui me tombe sous la main, je me rends malgré moi assisterà la réunion qui était déjà commencée. Jules est toujours inconscient, le filet de lumière qui s'est échappée de la porte d'entrée lorsque je l'ai entrouverte pour quitter la chambre ne l'a nullement gêné. Il porte pour dormir un bandeau sur les yeux qui le protégeait de la lumière du jour.

_ J'ai le sommeil vachement léger et sans ça et mes boules-quiès, je ne dors pas de la nuit !  M 'avait- il expliqué avant de s'endormir.

 Cela m'avait beaucoup amusé, et je lui avais demandé s'il portait le même accoutrement lorsqu'il dormait avec une fille.

 J'arrive à la salle de réunion, les yeux cernés et les cheveux ébouriffés. Dans l'assistance, je reconnais quelques personnes aperçues la veille pendant notre périple qui nous a conduit jusqu' ici. Toutes prennent des notes consciencieusement et je m'aperçois que je n'ai rien pour recopier la dictée. La gazelle qui se tient alors debout devant l'auditoire s'approche, me tend un prospectus et un stylo. Je lève la tête qui est encore lourde à cette heure et me demande à cet instant si le rêve que l'on essai de nous vendre se trouve imprimé sur les flyersou s'il se trouve là, juste devant moi. J'essaie de reprendre ma concentration et pompe quelques informations touristiques par dessus l'épaule de mon voisin. Julien me rejoint une bonne heure après mon arrivé. Je lui fait une bref synthèse de ce que nous venons de voir et nous choisissons de participer à deux sorties organisées : Essaouira et les cascades d'Ouzoud. Lorsque nous prenons congé, il est plus de midi et nos estomacs commencent à gargouiller.

En la qualité de demi-pensionnaires, nous nous rendons au restaurant de l'hôtel. Un serveur nous invite à nous atabler et nous apporte les menus avec le choix qui s'offre à nous entre trois entrées, trois plats et trois desserts. Le repas sera plus que correct et c'est bien repu que je me dirige vers la piscine pour faire une sieste alors que Julius préfère la fraicheur de la chambre climatisée. Allonger sur un transat, face vers le sol, j'observe pendant une bonne heure des tortues qui essaient de s'accoupler. au bord de la piscine

 

Le mâle aura beau lutter (1), sa partenaire, pourtant deux fois moins grosse que lui se dérobera à chacune des ses charges.

En fin d'après-midi, nous nous-rendons à pied vers la place Jemaa El Fna. Dans la rue, la chaleur mêlée à la pollution des gaz d'échappement nous fait suffoquer. Nous remontons l'avenue Mohammed V D'une démarche lymphatique. Nous avons du mal à supporter la moiteur ambiante et c'est pourquoi nous traversons le jardin qui borde le minaret de la Koutoubiaafin d'y trouver un peu d'ombre et de fraîcheur. Au pied d'un arbre, des jeunes enfants inhalent ce qui semble être de la colle, le nez plongé dans un sac en plastique. Non loin de là, deux hommes âgés de la soixantaine, se disputent avec véhémence, jusqu'à ce que des coups, s'en suivent. D'autres marrakechisplus jeunes sortent de l'ombre d'un palmier, et mettent fin à l'escarmouche en séparant les « deux coqs de combat ». Nous sortons du jardin, au fur et à mesure que nous nous approchons de Jemma El Fna, une forte odeur d'urine envahit nos naseaux. Je m'interroge :

«  Cette puanteur ne peut tout de même pas venir des hommes ? » C'est à la vue des nombreuses calèches attendant le publique, stationnées le long de la route, que je comprends que ce sont les chevaux les responsables. Nous sommes arrivés. J'essaie de prendre une photo d'un charmeur de serpent à l'arrachée, celui-ci s'approche de moi et tente de me soutirer quelques dirahms. Je ferai d'autres tentatives avec une diseuse de bonne aventure avec les mêmes causes et les mêmes effets. Je finis par ranger mon Nikon et comme nous sommes assoiffés, nous nous rendons à la terrasse d'un café qui surplombe « la place du néant ». Place Jemaa El Fnaa, MarrakechDe là je pourrai immortaliser l'instant.

Il fait encore très chaud, bien qu'il soit presque 18h. De notre observatoire, nous voyons arriver de toutes les rues adjacentes, des vendeurs ambulants avec leur charrette à bras. Plus tard, il y sera possible d'y déguster de la soupe d'escargot, des grillades, de la pense de brebis .... Dans mon champ de vision, se trouvent deux jeunes filles de type européen dont l'une se fait tatouer au hennés. En peu de temps, le décor est planté et une foule bourdonne en dessous de nous. Maintenant désaltérés, nous nous dirigeons vers le souk. Entre les échoppes, des rues sombres et étroites, dans lesquelles pétaradent des mobylettes conduites par des hommes, des femmes, des vieillards zigzagant entre les passants avec une grande agilité pour ne pas les télescoper.

  Certains commerçants jettent de l'eau à terre devant leur magasin.

_ C'est peut être pour rafraîchir le sol et l'air ambiant qu'il font cela ?, se demanda Jules à haute voix.

l'un d'eux nous interpelle : 

_ Eh ! Vous êtes français ?

Nous feignons ne pas l'entendre.

_ Le Marocet la France sont bons amis, venez me serrer la main !

A nouveau, nous faisons la sourde oreille jusqu'à ce que celui-ci nous mette mal à l'aise vis à vis de l'attitude que nous adoptons à ce moment précis.

_ Quoi ? Vous ne voulez pas me serrer la main ? 

Jouer sur notre sentiment de culpabilité était assez habile de sa part, nous faisons volte-face et allons le saluer.

_ Moi c'est Aziiz, et vous ? Vous venez de où en France ? Ah ! De Lille ! Je connais bien !

 La plupart des marocains que nous cotoieront ont de la Famille dans la métropole lilloise, le plus souvent à Roubaix que l'on appel chez nous le petit Maghreb et aussi à Tourcoing.

_ Moi, c'est Jules.

_ Et moi, Bérenger.

 Il ne retiendra pas mon prénom mais je ne lui en voudrai pas. En France, cela arrive à chaque fois que je rencontre une nouvelle personne. Azziza dans la quarantaine, ses cheveux poivre et sel sont rasés pour ne pas accentuer une calvitie naissante.  Il est habillé à l'occidentale ( jean et chemise impeccable ) alors que les personnes avec qui il discutait tout à l'heure assises sur des tonneaux métalliques portent la "djellaba". La réputation de l'hospitalité marocaine n'est plus à faire et aussitôt les présentations faites, notre homme nous propose ses services.

_ Vous voulez des babouches ?

_ Merci, pas de babouche.

_ Des épices ? Des bijoux pour vos gazelles ?

Nous préfèrons resterprudents de peur de nous faire plumeret nous acceptons qu'il nous emmène là où l'on peut acheterdes épices. Notre guide nous conduit avançant à grands pas, marchant deux mètres devant nous, ne cessant jamais de parler jusqu'à ce que nous entrions dans une pharmacie. De nos officines hexagonales celle-ci n'en a que le nom et la farandole de clients qui attendent devant les caisses enregistreuses. Derrière les tiroirs-caisses, trois personnes en blouse blanche préparent des petits paquets de racines, de graines, de poudre ayant des vertues contre les ballonements, les maux de têtes, la fatigue et même contre les troubles de l'érection... On nous invite à passer dans une autre pièce séparée d'un rideau ouvert que l'on referme après que nous l'ayons franchi. Nous restons là debout dans une pièce ronde est exigue où sont dressées des étagères le long des murs sur lesquelles sont déposés des petits bocaux. Un apothicaire s'apprête à nous faire un long exposé comme ceux que l'on peut voir tôt le matin dans une émission de télé-achat.

_ Asseyez- vous !, nous demande t-il en désigant deux petits tabourets de la main.

Nous préfèrons rester debout malgré l'insistance d'Azziz qui réitére la demande de l'herboriste.

_ Mais si, je vous en prie, asseyez-vous ! Vous voulez un massage ?

Nous sommes stupéfaits par cette question quelque peu déconcertante. Je me mords les joues car j'ai envie de lui répondre : " Je veux bien un massage mais un massage Thailandais, avec la masseuse qui va avec ! "

Julien a du penserla même chose que moi, son sourire pincé confirme mes suspicions. Nous déclinons l'invitation à délasser nos muscles ankilosés puis avant de sortir, nous achetons quelques épices à un prix qui doit être supérieur à ceux pratiqués sur le marché à Wazemme. Nous nous retrouvons dans la rue avec en main nos sachets de Ras El anouth, de curry avec du zestde citron et nos petits flacons de fleur d'oranger. Azziz nous emboîte le pas et se retrouve rapidement à nos talons et nous interpèllepar une interjection car ce dernier ne doit pas avoir non-plus de la mémoire pour les patronymes.

_ Vous voulez des bijoux pour vos gazelles ?, nous redemande t'il.

Je me déséspère à lui répondre :

_ Je n'ai pas de gazelle mon ami.

En effet, je n'ai pour compagnie qu'un python royale et un vieux chat obèse mais aucune sorte de bovidé ne partage mon toit. En revanche, Jules à bel et bien des bijoux à acheter, un souvenir qu'il a promis à sa belle avant de prendre l'avion.

_ Je cherche un bracelet et une bague en argent, lui confie t'il.

_ Pas de problème mon ami. Suis-moi !

Nous le suivons, nous laissant nous perdre dans ce labyrinte d'échoppes avec l'impression que nous tournons en rond en repassant plusieurs fois aux mêmes endroits. Nous nous arrêtons enfin devant un magasin de bijoux tenu par un ami d'Azziz qui lui reversera probablement une commission sur nos achats éventuels.

_ Entrez ! N'ayez pas peur, nous rassure Azziz, puis la main posée sur le coeur, si nous faisons affaire nous resterons bons amis, si nous faisons pas affaire, nous le demeurons aussi.

Et bien c'est ce que nous allons voir. Jules a le choix entre des dizaines de bijoux exposés dans des vitrines fermées à clés. Le problème c'est que les prix affichés sont beaucoup trop élevés. Après quelques minutes d'âpres négociations, Azziz s'énerve et ses promesses fraternelles tombent à l'eau :

_ Je négocie pas avec des gamins !, s'emporte t-il face à notre insoumission.

Et bien c'est tant pis pour lui, nous irons faire nos amplettes chez un autre commerçant beaucoup plus acceuillant, moins coriace. Nous nous trouvons toujours dans les profondeurs abyssales du souk et il est temps pour nous de regagner la surface en suivant la direction de Jeema El Fnaa. Un, gamin nous propose de nous faire visiterle quartier des tanneurs et de voir comment on y travaille le cuir. Notre méfiance éveillée par notre précédente rencontre nous conduit à décliner l'invitation?

_ Djemaa El Fna ? Vous cherchez Jemaa El Fnaa ? C'est par là !

  Nous restons muets au début mais comme le gosse continu de nous suivre, nous finissons par desserer les lèvres

_ Nous savons où c'est merci. Nous n'avons pas besoin de guide.

_ Vous voulez du shit ?, nous propose t-il en laissant entrevoir des dents anormalement abimées pour son âge.

C'est la deuxième fois de la journée que l'on nous propose du "kiff";

_ Non merci, t'es gentil mais il nous faut rien, lui répondons nous en coeur, avec une synchronisation dont jalouseraient les montres suisses.

  Nous sommes devant ce qui semble être le musée de Marrakech et nous nous disons qu'il serait temps de nous débarasser de cet enfant qui porte des habits en lambeaux.

_ Voilà Jemma El Fnaa, c'est tout droit, nous indique t-il.

Jules sort une pièce de vingt dirhams ( environ deux euros ), ce qui ne semble pas suffir à l'appétit pécunier du rejeton.

_ Donne-moi un billet s'il te plait !

_ Non, voici vingt dirhams, c'est tout ce que tu auras.

_ Qu'est ce qu'il y a ? Tu cherches la merde ? Donne-moi un billet pour la gentillesse !

Une dizaine de jeunes postés autour de nous reprennent en choeur : Tu cherches la merde ? Donne un billet pour la gentillesse.

Bien que nous sommes pas très rassurés, nous refusons de céder. Nous marchons à vive allure avec une sangsue collée à nos jambes, bien décidée à ne pas nous lacher. Jules qui a lu dans mon guide l'attitude à adopter dans ce genre de situation sort sont téléphone de sa poche et le menace :

_ Si tu nous laisses pas tranquille, j'appel la police touristique !

Le ton est suffisamment élevé pour que tout le monde entende. Ni lui, ni moi ne connaissons le numéro à composer mais le bluff fonctionne. Nous nous en tirons à bon compte en laissant néamoinsà contre- coeur vingt dirhams de pourboire. Lassés de ces rapports de force que nous avons eu tout au long de l'après-midi, nous nous décidons de rentrer à l'hôtel et de nous détendre en piquant une tête dans la piscine.Farniente au bord de la piscine En chemin, le ciel se voile et quelques gouttes de pluie se mettent à tomber. Il nous en faudra plus pour nous décourager. A notre arrivée dans le hall de l'hôtel, nous discutons avec une famille de touristes qui étaient assis dans de confortables sièges. Eux aussi ont eu une expérience désagréable des souks de Marrakech.

 

 2ème jour

Il n'y a pas d'excursion de prévue aujourd'hui. Pendant que nous prenons notre petit déjeuner, nous concoctons notre programme de la matinée : Brasse coulée et farniente au bord de la piscine jusqu'à 13 heures, heure d'ouverture du restaurant de l'hôtel. En début d'après-midi, nous refaisons une petite sieste et à notre réveil, nous appelons Pierre et lui demandons si nous pouvons lui rendre visite dans l'après-midi, celui-ci n'y voit aucune objection Nous faisons de même avec Hervé qui lui aussi est prêt à nous accueillir en soirée. nous consultons une carte afin d'évaluer la distance qui sépare le Riad de Pierre qui se trouve dans la médina de celui d'Hervé qui est quant à lui dans le Guéliz.. Nous décidons de prendre un taxi pour effectuer nos déplacements, reste à fixer le prix maximum que devra nous coûter une course. Nous éstimons que trente dirhams est une somme tout à fait convenable. A la sortie de l'hôtel, nous héllons un taxi et demandons à son chauffeur de nous emmener à  " Bad Taghzout " pour vingt dirhams. Le chauffeur est d'accord sur le tarif et ouvre les portes de sa veille Fiat Uno depuis l'intérieur. Je monte à l'arrière en constatant que les sièges ont beaucoup vécu, des coutures craquées s'échappe de la mousse. En France, j'ai toujours l'habitude de mettre ma ceinture de sécurité et par réflexe, je commnece à l'enfiler mais notre chauffeur me l'interdit car cela lui fait perdre du temps entre deux courses. Nous conversons avec lui, notamment de belles mécaniques que sont les Peugeot 205 et les Fiat Uno toutes ici reconverties en taxi. Nous descendons Bab Taghzout, tout prêt du tombeau des rois que seuls les musulmans peuvent visiter. Un petit vieux s'approche de nous :

_ Vous cherchez le Riad Yasmine ?riad dans le quartier de la Médina à Marrakech

_ Oui.

Il nous indique la direction à prendre simplement par courtoisie, sans demander le moindre "bakchich". Nous nous enfonçons dans une rue grouillante où sont alignés des garages indivuduels portes grandes ouvertes. A l'intérieur, se trouvent des carcassent de voiture qui attendent leur pièces qui se font bricoler sur le trottoir, à même le sol. Nous arrivons au bout de la rue que désignait le doigt rideu du petit vieux. Devant une façade, une poignée de personnes s'agglutine face à des caméras que font tourner une équipe de journalistes occidentaux. Nous ne savons plus si nous devant prendre la rue à notre droite ou celle à notre gauche mais il y a toujours quelqu'un, disposé à nous conduire là où nous voulons aller.

_ Vous cherchez le Riad Yasmine ?, nous demande un môme.

_ Oui, c'est à droite n'est-ce pas ?

_ Suivez-moi !

Nous suivons le petit qui court devant nous pieds nus, nous passons devant ses camarades de jeux qui improvisent une partie de tennis avec une balle en caoutchouc et des casseroles rouillées en guise de raquettes.

_ C'est ici !, s'époumone t-il devant une grande porte en bois.

Bien qu'il nous demande rien, je sors dix dirhams de ma poche et lui donne en remerciement.

J'appuie sur le bouton de la sonnette, une domestique vient nous ouvrir.

_ Bonjour, nous sommes des amis de Pierre, nous venons lui rendre visite.

_ Entrez messieurs, c'est par là.

La jeune femme nous conduit dans le séjour où se trouve Pierre qui regarde un match de Roland Garros en fumant clope sur clope.riad dans le quartier de la Médina à Marrakech

_ Bonjour les lascars, nous dit-il de sa voix grave, vous-vous êtes bien remis du périble d'Orly ?

_ Oui et quelle aventure !

_ Asseyez-vous, Nora va nous servir le thé. Nora ! Tu peux préparer le thé s'il te plait ? Alors qu'avez-vous visité depuis votre arrivée ?

Nous lui racontons nos mésaventures de la veille dans les souks.

_ Quand j'ai des courses à faire là bas, des babouches à ramener pour la famile, j'envoie Nora les chercher. Si j'y vais moi- même, je paierais trois fois le prix qui est réservé au marocains. Et vous avez prévu de faire quoi ces prochains jours ?

_ On a opté pour deux excursions, demain on va à Essaouira et dimanche à Ouzoud, lui- explique Jules.

Pierre se rallume une autre cigarette pendant que Nora nous sert le thé.

_ Vous allez voir, c'est sympa Essaouira. Vous n'avez pas prévu d'aller un soir au comptoir de Marrakech ?

    J'avais lu un article à propos de ce restaurant dans mon guide.

_ C'est un restooù l'on peut assister à des spectacles c'est ça ? C'est vrai que ça à l'air plutôt sympa.

_ Si ça vous dit, je vous invite à faire une bouffe ici dimanche, ensuite on irait là bas. 

_ C'est que dimanche on a l'excursion à Ouzoudet on ne sait pas vraiment à quelle heure on va rentrer, rétorque Jules, et puis on se projette de faire une sortie au Pacha, tu connais ? 

_ Oui j'y suis déjà allé mais c'est pas un endroit que je fréquente, enfin c'est comme vous voulez. Vous avez fini votre thé ? Je vous fait faire un petit tour du proprio ?

Nous visitons donc le Riadde Pierre. Ce dernier nous explique qu'il fût dans les affaires en France avant d'investir ici au Maroc.

_ Avec mon frère, nous avons ouvert l'une des plus grandes boîtes de Royan, nous annonçe t-il.

Puis, il nous détaille comment il fait désormais du business à Marrakech, parfois sur un ton un peu trop colonialiste à mon goût :

_ Tu vois Nora ? Pour deux-cents euros par mois, elle bosse quarante heures par semaine. J'ai aussi une femme de ménage pour mon appartement car je ne vis pas ici. Quand je rentre chez-moi, je n'ai plus à m'occuper de rien, mes fringues sont lavées, repassées, mon lit est fait et même mon repas du soir est préparé pour que je n'ai plus qu'à le faire réchauffer .

L'heure tourne et déjà nous devons quitter Pierre pour allervisiter le deuxième riadde la journée. Nous lui promettons de lui passer un coup de fil dimanche si nous rentrons pas trop tard d'Ouzoud.

_ Vous allez voir Hervé ?, nous demande t-il.

_ Oui.

_ Et son riad se trouve où ?

_ Dans le guéliz.

_ Vous allez avoir besoin de prendre un taxi. Bougez-pas, j'appel Sadi qui va vous accompagner jusqu'à la station de taxi.

C'est donc sous escorte que nous quittons le riad Yasmine. Sur le chemin, nous conversons avec le jeune employé de Pierre.

_ D'où venez-vous en France ?, nous demande t-il.

_ De Lille.

_ Ah ! Je connais Lille. Et vous connaissez Chamackh ?

Jules me laisse lui répondre et montrer l'étendue de mes connaissances footballistiques :

_ Oui, je connais Chamakh, c'est un marocain qui joue à Bordeaux, c'est un très bon joueur !

_ C'est le meilleur me dit-il avec un sourire complice, voilà, c'est -ici, vous continuez encore tout droit cinquante mètres et vous pourrez appeler un taxi.

_ Merci mon ami.

Avant que nous interceptons une Peugeot 205 ou une Fiat Uno, Jules me demande s'il me reste du liquide.

_ Hervé nous a invité à manger mais je sens que nous allons devoir payer.

_ Tu crois ?

_ Ben, il vaudrait mieux que nous ayons quelques billets en poche.

Nous nous assurons de ne pas avoir les poches vides et demandons à un taxi qui passe par là de s'arrêter en lui faisant signe de la main.

_ Montez Messieurs. Où allez-vous ?

_ Au riad xxxxxx dans le Guéliz.

_ Je ne connais pas mais je demanderai en route.

Lorsque nous arrivons dans le Guéliz, notre chauffeur de taxi s'arrête et demande sa route à un habitant du quartier. Ce dernier malgré son âge avancé et la chaleur qu'il fait, se met à courrir devant le taxi pendant un bon quart d'heure jusqu'à destination. Nous n'avons pas d'autre choix en descendant que de lui laisser un pourboire bien mérité. Nous arrivons devant la porte du riad, un marocain s'approche, appuie sur le bouton de sonnette et nous tend la main.

_ Non non, pas d'argent, on aurait très bien pu appuyer sur le bouton tout seul, protesta Jules.

  Un domestique vient nous ouvrir et nous explique qu'Hervé n'est pas encore là. Pour nous faire patienter, il nous propose de visiter la demeure. A son arrivée, Hervé nous offre à boire une flag spéciale et nous pose tout un tas de question sur son concurrent que nous sommes allés voir quelques instants plus tôt. Ensuite, il nous fait la présentation de Mohamed son associé. Vient alors l'heure du repas, le domestque installe la table et ne met que deux couverts.

_ Vous ne mangez pas avec nous ?, nous étonnons-nous.

_ Non, on mangera plus tard, nous répond Hervé qui se tenait avec son associé à une table en face de nous.

  On nous sert un tajine que nous dévorons tout en discutant avec les deux associés qui restent là devant nous à boire du whisky. A la fin du repas nous goûtons un alcool de datte en digestif ainsi qu'à une eau de  vie de mirabelle puisque Hervé est Lorrain. Un peu gris, nous prenons une photo souvenir juste avant que qu'Hervé nous donne l'addition comme l'avait prédit Jules.IMGP0040

 

  Il est presque une heure lorsque nous prenons un taxi pour rentrer à l'hôtel. A l'intérieur, notre chauffeur écoute du reggae.

  _ Ah ! Mais je vois que tu aimes Alpha Blondy !, lui dis-je.

  _ Oui oui, c'est un bon chanteur.

 Jules et moi, nous nous mettons à chanter : " Boulevard Giscard d'Estaign, boulevard de la mort. " 

  _ Savez-vous que Mickael Jackson est mort ?

  Nous pouffons de rire : " Tu nous fait marcher mon ami

  _ Si si, il l'on dit à la radio tout à l'heure ", insista t-il tout sourire

  _ Je te crois pas, puis nous reprenons en coeur : " boulevard de la muerte, muerte, muerte, éhé."

  De retour à l'hôtel, pendant que Jules prend sa douche, je regarde la CNN qui confirme les dires du chauffeur de taxi. Des envoyés spéciaux parlent en direct de Los Angeles et retracent les derniers moments qui ont précédé la mort du roi de la pop.

  _ Merde ! Le chauffeur avait raison, Mickael a bien passé l'arme à gauche, crie-je, assez fort pour que Jules m'entende de la salle de bain.

 

3ème jour

 Nous nous levons aux aurores car c'est aujourd'hui qu'est prévue l'excursion pour Essaouira. Nous attendons dans le hall de l'hôtel avec un petit groupe de touristes la venue du chauffeur du mini-bus qui nous conduira jusqu'à la côte atlantique. Il savère que c'est le même qui nous a emmené de l'aéroport à l'hôtel à notre arrivée. Nous le reconnaissons aisément avec ses faux airs de Doc Gynéco. Après avoir roulé une bonne heure nous nous arrêtons à un restaurant situé au milieu de  nul part en bord de route. Abelaziz coupe le contact, se retourne vers moi et me dit : ' Nous allons boire un whisky marocain.

  _ Du whisky marocain ?

  Il s'agit en fait d'un thé à la menthe. Je me dis que c'est peut-être mieux ainsi car nous avons eu pas mal de frayeur sur la route. Pendant la première partie du trajet, Abelaziz roulait à toute vitesse dans les virages, déboitait au dernier moment pour doubler les voitures et les ânes, parfois chevauchés par trois personnes à la fois, sans même mettre de clignotant.coopérative d'huile d'argan

Un peu plus tard, nous faisons un deuxième arrêt à une coopérative qui fabrique de l'huile d'argan. Nous sommes à peine descendus du bus qu'on nous invite à rentrer pour une visite guidée. Je n'ai pas très envie d'y aller car je sens que l'on va nous y forcer à faire des achats. J'allume une cigarette pour gagner du temps et rester en retrait.

 Cette coopérative emploie uniquement des femmes en situation précaire ( veuve, divorcée, etc... ) et leur assure un revenu honnorable. La condition des femmes s'est nettement améliorée au Maroc. Ces dernières ont notamment acquis le droit de vote et peuvent désormais prétendre à la garde des enfants ( qui revenait autrefois systématiquement au père ) en cas de divorce.

 Je me trouve donc devant l'entrée tandis que les autres visitent les lieux à l'intérieur quand un papy assis sous une toile tendue m'invite à m'assoir à ses côtés . Je prends place sur le siège qu'il me désigne de la main. Devant moi se trouve une petite table où sont déposés des galettes et des petits pots remplis de différents mélanges

: huile d'olive, miel et thym ou huile d'argan et miel ou d'autres sauces aussi succulentes les unes que les autres.

  _ Sers toi mon ami !

Je n'ai pas beaucoup déjeuné et j'accepte l'invitation avec plaisir.

 _ Tu veux du thé ? Prends donc la tasse devant toi !

  Je partage donc pendant toute la durée de la visite, cette collation matinale avec l'ancien. Nous parlons de tout et de rien mais son hospitalité me fait vraiment chaud au coeur. Maintenant que j'ai l'estomac bien rempli, nous pouvons reprendre la route et c'est aux environs de midi que nous arrivons au Saint Mâlo marocain. La comparaison est due au fait que la ville d'Essaouira est entourée de remparts qui ressemblent à ceux de la ville bretonne. A la descente du bus, un guide nous prends en charge pour une visite de la ville qui durera une heure. Nous commençons par le port de pêche, ensuite nous traversons le marché aux poissons, non-loin de là nous faisons une alte sur une place où se tenait autrefois un marché aux esclaves. Entre deux curiosités touristiques, nous discutons avec Aziz notre guide. Celui-ci tord le coup à quelques idées reçues que nous avions. Nous apprenons qu'il n'est pas de bon ton d'appeler les filles " les gazelles ".

_ Ce sont les voyous qui disent ça, nous sermone t-il.

De même, nous apprenons que les gens de bonne famille, ne rotent pas à table en s'écriant " Abdullah " pour signifier qu'ils ont bien mangé. Les discutions vont bon train jusqu'à ce qu'Aziz nous pose une question qui nous met dans l'embarras :

_ Dites-moi les amis, qu'est ce qu'il fait votre président, M. Sarkosy, à propos du port du voile ?

Conscient que nous nous apprêtons à aborder un sujet épineu, je tente de lui répondre en employant des pincettes.

_ Eh bien, pour le moment, il n'y a rien d'arrêté. Une commission d'enquête a été missionnée pour....

_ Mais il a raison !, me coupe t-il, si nous ne pouvons plus voir le visage des femmes, nous allons tous finir pédés !

Je pousse intérieurement un ouf de soulagement et je valide sa théorie. plage d'EssaouiraLa visite terminée, nous nous rendons tous dans le même restaurant puisque le repas est compris dans l'excursion. Je commande du poisson tandis que Jules se jette sur des crevettes qui nous ont été servies en amuse-gueule. L'après-midi, nous avons quartier-libre. Nous en profitons pour faire quelques achats dans le souk car les commerçants sont ici beaucoup plus acceuillants qu'à Marrakech. Ensuite, nous allons nous promenersur la plage fréquentée par des rastas, des artistes et des bobos en tous genres. Le contrast avec la ville rouge est saisissant. La température y est fort agréable avec beaucoup de vent, l'air y est respirable. A seize heures, nous devons déjà regagnerle bus car trois heures de route nous séparent de là où nous sommes partis le matin même. Sur le retour, Jules me dit qu'il ne se sent pas très bien. Il restera dans un état semi-comateux pendant tout le trajet et jusqu'au moment de nous coucher.

 

4ème jour

  A mon réveil, Jules est allongé dans son lit, sur le dos, en train de fixer le plafond. Je pousse un baillement et lui demande :

_ Salut man ! Bien dormis ?

_ Ben tu ne m'as pas entendu ? Je me suis levé au moins dix fois cette nuit pour aller aux chiottes. En plus, je crois que j'ai de la fièvre.

_ Non, je n'ai rien capté. Tu as du choper la tourista.

  Jules m'accompagne tant bien que mal prendre le petit -déjeuner qu'il intérrompt pour remonter dans la chambre et occuper le trône, devenu si indispensable depuis la nuit dernière. Je fini mon petit-déjeuner seul tranquilement et je monte rejoindre mon ami malade.

_ ça va pas mieux ?

_ Nan, sans mauvais jeu de mots, j'ai du manger un truc pas catholique.

_ Certainement, il faut éviter de manger des crudités, des aliments non-cuits. Un pote m'a dit une fois qu'au cours d'une croisière sur le Nil, il avait été malade comme un chien car il avait mangé de la salade qui avait été nettoyée avec l'eau du fleuve.

_ En tout cas, je crois que je ne vais pas bouger aujourd'hui, je suis trop mal.

_ T'as raison, avec un peu de chance, peut être que tu seras remis pour l'excursion de demain. Tu veux que j'aille te chercher des médicaments ?

_ Oui si ça te dérange pas.

_ T'inquiète, j'y vais.

A quelques pas de l'hôtel, je trouve une pharmacie qui cette fois ne ressemble pas à une herboristerie. J'explique au pharmacien les symptômes dont souffre Jules et je sors avec un anti-douleur et fièvre et quelque chose contre la diarrhée. Sur le retour on me propose une nouvelle fois du kiff. Je refuse, alors le dealer à vélo change de casquette pour c'elle d'un agent immobilier : " Tu cherches un appartement ? "

   _ Non plus, merci ! "

  Un peu stupéfait, je regagne l'hôtel.

  _ Toc toc toc !

  _ Oui ?

  _ C'est moi ! Ouvre, j'ai tes médocs !

  _ Cool ! Merci man !

  _ Dépêche-toi de les prendre, que tu sois remis sur pied le plus vite possible ! En ce qui me concerne, je vais rester au bord de la piscine, je repasserai ce midi voir si t'es capable d'ingurgiter quelque chose. 

  _ Ok Ber, je vais essayer de dormir un peu.

Comme prévu, je passe la matinée à faire quelques brasses, je remonte voir Jules à treize heures mais son état ne c'est pas amélioré. Je descends alors seul au restaurant de l'hôtel. L'après-midi, pour passer le temps, je décide de me payer un hammam dans l'hôtel mais je n'y reste pas longtemps. A la chaleur humide du hammam, je supporte mieux la chaleur sèche du sauna.

Le soir même, Jules est toujours incapable de se lever. Je sors lui chercher de quoi s'alimenter, enfraignant le réglement intérieur de l'hôtel car il est interdit de ramener de la nourriture dans les chambres. Nous en sommes pas à la première entorse au réglement puisque nous avons déjà fait rentrer deux bouteilles de wisky achetées dans les duty- free, pour que l'on puisse le soir boire l'apéritif tranquillement depuis notre chambre. Ensuite, je me rends au bar de l'hôtel et commande une flag spéciale que je vais boire en terrasse. Un couple et une mère accompagnée de sa fille, tous présents à l'excursion de la veille m'interpèlent :

 _ Salut ! Ton frangin n'est pas là ?

 _ C'est pas mon frère, c'est un pote ! Non, il est souffrant depuis hier soir.

 _ Tu peux venir t'assoir avec nous si tu veux.

 _ Oui, je me sentirai moins seul.

 _ Alors comme ça, ton ami est souffrant ? Moi, j'ai trouvé que les crevettes qu'ils nous ont servi en amuse-gueule hier, avaient un drôle de goût.

 _ J'ai trouvé aussi. Jules, ça ne l'a pas gêné, il en a mangé pas mal.

Tous les quatre viennent de Normandie et repartent demain. J'en profite alors pour échanger de la monnaie avec la mère de famille qui ne sais pas quoi faire de ses nombreux dirahmsrestants. Nous allons tous nous coucher tôt puisque les normands ont un avion à prendre tôt le lendemain matin pendant que je serai à ce moment prècis dans le mini-bus qui me conduira vers les cascades d'Ouzoud.

 

5ème jour

  Ce matin, Jules ne va toujours pas mieux et c'est donc seul que je descend dans le hall de l'hôtel. Le mini-bus arrive et c'est toujours le sosie de Doc Gynéco qui le conduit.

  _ Bonjour mon ami, me dit-il, ton pote n'est pas là ?

  _ Non, il est souffrant, je crois qu'il a chopé la tourista.

  _ Ah ! C'est pas bien ça ! ça m'est arrivé une fois, j'ai été très malade.

 _ Même-toi qui est habitué à la chaleur et à la nourriture, tu as été malade ?

 _ Oui, il suffit parfois de changer de région, de ne pas boire la même eau. J'étais bien embété car je conduisai et je devai m'arrêter toutes les dix minutes. Bon, tout le monde est là ? On y va ?

  Le Doc a toujours le pied lourd ce matin. Un groupe de parisiennes pousse des hurlement à chaque virage, une pause serait la bienvenue et c'est près d'un marché berbère que nous nous arrêtons.marché berbère Acheteurs et vendeurs viennent  à dos d'âne ici au milieu de nul part. Je n'ai pas vu de village aux alentours à moins de dix kilomètres, il n'y avait que des champs. Lorsque je vous dit des champs, je ne parle pas ici d'agriculture intensive ou de culture OGM. Il s'agît plutôt de petites parcelles délimitées par des pierres posées sur le sol dans lesquelles ont trouve des oliviers faisant de l'ombre à des chèvres qui broutent quelques brindilles de blé clairsemées ici et là quand elles ne sont pas carrément grimpées dans les arbres. Sur le marché, je vois un berbère couper la tête à une volaille et la vidersur le champ, laissant tomber les entrailles sur le sol. Nous prenons quelques photos du bord de la route avant de remonter dans le mini-bus. Nous arrivons à Ouzoudaux environs de midi. Le temps que nous nous garons, un attroupement d'hommes se forme devant le mini-bus. Tous proposent de nous servir de guide. Notre chauffeur nous demande si nous voulons visiter une oliveraie, nous jugeons cela pas suffisament intéressant et nous nous dirigeons donc aussitôt vers la cascade. Sous mon short, j'ai enfilé un maillot de bain car il parait que l'on peut se baigner aux pieds des cascades. Du sommet de la falaise, je me rends -compte qu'en contrebas l'eau est boueuse et je renonce à ne serait-ce que tremper un orteil.  Nous descendons des marches pour arriver au pied des cascades, a chaque palier se trouvent des petits stands où l'on vend des produits artisanaux. Je me sens pris d'étourdissement, dès que je lance une jambe vers une marche plus basse, celle-ci se met à trembler. cascade d'OussoudJ'ai sûrement du prendre un coup de chaleur. Nous nous arrêtons à un palier où se trouve un restaurant, c'est ici que  nous allons manger. Je m'assieds à l'ombre, là où les embrunts peuvent se déposer sur moi sous la forme de petites gouttelettes afin de me rafraichir. Le chauffeur qui est visiblement snobé par le reste du groupe se pose à ma table et partage le repas avec moi. Je prends soin de boire beaucoup d'eau pendant que nous mangeons une succulente tajine végétarienne et je me ressert plusieurs fois du thé après le repas en pensant que cela me fera le plus grand bien.

  Pendant que nous digérons, une vieille femme s'approche de nos tables et propose aux filles de leur faire un tatouage au henné. Une jeune parisienne se laisse tenter et se fait gribouiller la jambe. Peut de temps après nous repartons pour Marrakech. Nous faisons escale dans un petit village désolé. Tous se précipitent aux toilettes et je reste seul avec la jeune fille qui vient de se faire tatouerprès du mini bus. Un gamin tout crasseux se dirige vers moi et me tend la main. Je lui tend la mienne pour la lui serrer, il me la saisi et commence à me faire un baise-main. J'extirpe ma main de la sienne dans un geste de répulsion. Le gosse s'approche de moi d'un pas et se met cette-fois-ci à embrasser mon t-shirt au niveau de mon thorax. Je le repousse jusqu'à ce qu'il jette son dévolu sur la demoiselle qui est restée avec moi. Il n'a pas le temps de l'approcher qu'elle se met à l'engueuler en arabe. Une algérienne qui était venue à l'expédition avec ses deux filles regagne le mini-bus et donne des gateaux au gamin. Celui-ci part quelques instants derrière le paté de maison et revient avec cinq de ses amis. Ils nous encerclent et demandent à ce que nous leur donnons d'autres présents. Nous attendons que chacun regagne son siège et nous démarrons tandis que les gosses essaient d'ouvirir les portes à l'arrièes du mini-bus pour dérober nos sacs.

_ Nous avons bien fait de rester là à surveiller les affaires, me dit la jeune femme.

A notre retour à l'hôtel, je remonte dans la chambre prendre des nouvelles de Jules.

_ ça va mieux, je ne suis presque pas allé faire caca, ironise t-il.

_ Moi aussi, je me suis senti mal à Ouzoud. Je me suis renseigné auprès de Abdelaziz pour le remboursement de l'excursion, il faut que tu appels Amina.

_ Ok, eh bien je vais l'appeler maintenant.

_ Bien, je vais piquer une tête à la piscine, j'ai eu trop chaud aujourd'hui.

_ D'accord, je te rejoint. J'ai pas encore la forme olympique mais on tenterait bien d'aller au pacha ce soir ?

_ Si tu veux.

  Jules passe son coup de fil puis me rejoint à la piscine.

_ Alors ? Tu vas être remboursé ?

_ Oui, Amina passe ce soir vers vingt heures à la réception

A vingt heures trente nous apercevons enfin Amina entrer dans le hall de l'hôtel dans une magnifique robe orientale.

_ Comment ça va les gazoux ?

_ Il paraît que ça ne se fait pas de dire gazoux ou gazelles, c'est notre guide à Essaouira qui nous l'a dit.

_ Alors comme ça tu as été malade, me demande t'elle.

_ Non, pas moi mais mon ami.

_ Oui, j'ai été malade comme un chien, mal au ventre, mal à la tête, de la fièvre mais ça va mieux !

_ Tant mieux, c'est donc à toi que je dois de l'argent.

_ Oui. Au fait, tu as les heures de départ pour l'avion ? C'est quand-même après demain.

_ Non pas encore, dit-elle en comptant une liasse de billet, renseignez-vous à la réception demain vers seize heures, vous aurez les horaires.

  Maintenant que Jules a récupéré sont du, nous allons manger dans un restaurant près de l'hôtel dans un cadre tout à fait sympathique. Nous remontons ensuite à l'hôtel nous changer et nous enfiler quelques rasades de Red Label avant d'aller à ce que mon guide décrit comme la plus grande boîte d'Afrique.

_ Nous aurions du appeler Pierre si nous avions su que tu rentrais tôt. Il nous invitait de bon coeur et lui nous aurait pas fait payer, me dit Jules pendant que nous sommes dans un taxi en route pour la discothèque.

_ Oui, malgré ses apparences de mec qui se la joue, c'est de loin le plus sympa des deux.

_ A notre retour en France, je lui enverrai un mail pour le saluer.

Le taxi nous dépose juste devant l'entrée du Pacha sur l'avenue Mohammed VI. Nous rentrons à l'intérieur et découvrons un cadre moderne et luxueux. Nous sommes un dimanche soir et il n'y a pas foule. Au moins, nous pouvons commander de l'alcool et la musique n'est pas trop mauvaise. Nous devons être les deux seuls a être bourrés dans toute la boîte. Nous dansons comme des fous sur de la techno et du hip hop, Jules se fait même ejecter d'une estrade par un videur. Une jeune fille de Casablanca se met à danser devant moi et m'aborde. Je lui demande son âge, elle me répond qu'elle a dix-huit ans. Je tente de m'enfuir et de retrouver Jules qui s'amuse à me filmer avec son téléphone portable mais elle me rattrape par la main, ne voulant visiblement pas me laisser filer. Ce petit jeu du chat et de la souris dura un quart d'heure. Quand je finis par avoir la paix, Jules me demande ce qu'elle voulait.

_ Pobablement des papiers français, lui dis-je, on rentre ?

Devant la boîte, des taxis attendent. Nous discutons avec le premier venu, celui-ci réclame cent dirhams pour nous ramener.

_ Cent dirhams ? Pour venir ici, nous avons payé que trente dirhams !, proteste Jules.

_ Oui , mais maintenant, c'est la nuit.

Nous demandons à ses collègues qui se trouvent à côté de lui, tous nous réclament cent dirhams pour ne pas désavouer leur confrère. Nous nous éloignons un peu et accostons un autre taxi, celui-ci nous accepte à son bord pour cinquante dirhams.

 

5ème jour

  Nous nous réveillons un peu vaseux et nauséeux ce matin. Pour nous requinquer, nous allons piquer une tête à la piscine. Tous ceux qui ont pris le même avion que nous à l'aller sont là, attendant d'avoir les horaires de celui qui nous raménera. A l'heure fatidique, nous nous rendons à la réception et nous apprenons que l'avion décollera à 6h45 du matin. Nous repartirons comme nous sommes venus, en perdant une heure de soleil.

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Published by berengerlapin.over-blog.com - dans voyage
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commentaires

navajo 16/10/2014 08:00

Malheur aux marocains qui manquent d'hommes et de femmes pour défendre leur honneur bafoué, leur dignité et leur conscience volée. Malheur aux marocain pour le baisemain et les babouches a un roi illégitime delà dynastie des pachas glaouis. Honte a vous marocains?s'abaisser devant un être reviens a respecter le diable. Ce roi illégitime ose se réclamé de la descendance du prophète Mohamed al Mustapha (SB sur lui) monarchie satanique marocaine.

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