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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:51

    La dernière fois que j'en ai vu une aussi distinctement, j'étais encore enfant. A cette époque, je me promenais souvent avec mon grand père, un fusil factice à la main le long de la voix de chemin de fer d'Ecrevaux du Haut. Quand, pour prendre son envol, un oiseau quittait la cachette qu'offrait un arbre, je saisissais mon arme sculptée dans le bois, par la bandoulière et je le dirigeais vers le volatile. Ensuite, je feignais me concentrer un instant, fermant un œil pour mieux viser la cible en mouvement puis j'émettais des " Pan ! Pan ! " en relevant le canon d'un brusque mouvement de recul, entre chaque onomatopée. Jamais je n'avais accompagné mon grand père un dimanche de battue, lorsqu'il partait avec sa chienne Samie, un épagneul breton qui avait le dos si large que l'on aurait pu jouer aux cartes dessus et son confrère chasseur qui venait le chercher en Diane. Pourtant le mimétisme était frappant pour quelqu'un qui n'aurait jusque là, jamais fait de mal à une mouche.

                J'avais rangé mon joujou dans son fourreau et nous marchâmes côte à côte sur les gros cailloux de la voix ferrée en suivant Samie, qui avait la gueule en sang après s'être acharnée à mordiller un hérisson recroquevillé dans un fossé, tous piquants dehors. Soudain elle fit une apparition furtive en passant devant nous en rasant les arbres de son vol léger en sortant de nulle part.

Son ventre blanc, son plumage fauve sur le dos et sa tête caractéristique, indiquaient qu'il s'agissait probablement d'une effraie. Il est très rare d'en apercevoir en plein jour. Tellement rare, que lors de sa rencontre je restai en émois, sans même penser à décrocher mon fusil à canon bouché.

 

                La deuxième fois que j'eu l'occasion d'observer une chouette de prêt, il faisait cette fois-ci nuit noire. J'étais dans mon salon en train de regarder la télé, la porte fenêtre grande ouverte, quand elle fît irruption à l'intérieure de la pièce pour venir se percher sur le dossier du canapé en face de moi. Sur ce même canapé, se trouvait une couverture où était posé mon appareil photo. Je voulu alors prendre un portrait du rapace. Je m'approchai tout doucement de là où se trouvait mon numérique et l'oiseau nocturne. Accroupi, je tendis le bras pour tirer la couverture et de ce fait, rapprocher l'appareil jusqu'à ce qu'il soit à portée de main. En se déplaçant devant la lumière, les chromes de l'objectif se mirent à scintiller. Aussitôt, la chouette bondit sur mon Nikon et l'emporta entre ses serres en s'envolant au premier étage.

Je montai les escaliers quatre à quatre à la poursuite de celle qui était voleuse comme une pie. J'eu beau fouiller dans toutes les chambres et la salle de bain, je ne trouvai aucune trace ni du rapace, ni de mon Nikon.

 

 

                Que ce soit dans l'esprit d'un jeune garçon ou dans les rêves d'un adulte, armé d'un inoffensif fusil ou d'un objectif, il n'est pas facile de s'improviser chasseur de gibier  ou d'image.

 

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Published by berenger
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