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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 12:19

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  Petit, je jouais souvent avec un train électrique que m'avaient offert mes grands-parents un soir de Noël.  Agenouillé sur la moquette orange de ma chambre j'attendais comme tous les après-midi à la même heure que le klaxonne de la locomotive qui elle n'était pas un jouet, retentisse. Je saisissais alors la chaise de mon bureau, montai debout dessus et passai la tête par le vélux pour regarder défiler l'unique train de marchandise qui emprunter encore cette voie.

  Quelques années plus tard, plus aucun train ne passait. J'avais pris l'habitude en rentrant de l'école de monter dans ma chambre prétextant faire mes devoirs et j'attentai 17 heures tapantes mais aucun " tchou-tchou " ne venait désormais interrompre le gazouillis des moineaux qui nichaient dans la haie au fond du jardin. Les voies ferrées que m'interdisaient autrefois mes parents étaient devenues le terrain de jeu que je partageai avec le fils du cheminot qui habitait le quartier. Orvets et lézard auraient pu se réchauffer tranquillement le sang au soleil, sur les pierres chaudes vestige d'une activité passée,si nous ne les avions pas chassés frénétiquement dès que le temps nous permettait de sortir.

 Quand les petits reptiles restaient cachés, nous nous amusions à changer l'aiguillage des rails, espérant qu'un wagon remplit de pépites de chocolat ne se déverse. Nous attendions des heures durant, cachés derrière un buisson d'aubépines. Nous faisions le gai une plume de faisan coincé derrière l'oreille, tenant d'une main un bout de bois recourbé relié des deux extrémités par une ficelle mais plus personne ne se risquait à livrer leur cargaison par se moyen et les boulots commençaient à pousser entre les traverses.viaduc Ohis 

 

 Nous nous promenions souvent sur le viaduc d'Ohis bien qu'il était situé en dehors du périmètre que nous avions le droit d'explorer. Il fallait faire attention là où l'on mettait les pieds. Au milieu de l'ouvrage en pierres des trous très profonds n'étaient pas encore bouchés et l'on risquait d'y tomber à jamais si l'on flânait un peu trop. La vue était magnifique et du haut de notre observatoire, on prenait un malin plaisir à bombarder avec des pommes pourries les cyclistes, automobilistes et piétons qui empruntaient la route en dessous de nous.

   L'ancienne gare de mon village d'enfance avait été rachetée par un vieux monsieur et sa femme qui en firent leur maison. Le vieux monsieur effectua des travaux colossaux dans sa demeure, il fit baisser la maison d'un étage, construisit un garage, opéra des travaux de jardinages mais malheureusement, ses projets n'eurent pas tous le temps de voir le jour avant qu'une maladie incurable ne l'emporte. La maison était devenue trop grande pour la veuve qui l'a mit en vente et partit habiter un HLM en ville. L'ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Buire à Guise se transformait en un axe vert, poumon filiforme où les véhicules à moteur ne pouvaient libérer leur gaz d'échappement. Seuls les piétons, promeneurs à vélo, ou à cheval étaient habilités à fouler l'herbe grasse qui recouvrait maintenant les cailloux.

   Cette époque coïncidée aux envies d'accession à la propriété de mon père. Cela faisait dix ans que nous habitions un lotissement dans une maison du C.I.L, dix ans que nous entendions à travers des murs en plâtre, notre voisin jouer de la trompette tôt le dimanche matin. Mon père jeta son dévolu sur l'ancienne gare qui deviendra notre maison.

 

   J'ai quitté le foyer familial il y a bientôt dix ans mais j'y retourne à l'occasion. La place de la gare est maintenant un immense terrain de pétanque où se défient notre clan et ceux voisins.  Quelques gamins viennent y faire des dérapages à vélo, projetant des gravillons sur les carreaux de la maison, ce qui rend mon père  furieux, les pourchassant en charentaise bras tendus vers le ciel et poings serrés. A l'époque c'était la vieille dame qui nous chassait de là, un balai à la main. La terrasse de la maison n'est rien d'autre que ce qui était auparavant le quai d'embarquement et ce n'est que très rarement que nous sommes importunés par des randonneurs qui empruntent l'axe vert. Je m'y promène encore aujourd'hui, surtout à l'automne, munis d'un panier en osier, j'y ramasse quelques bolets  qui viennent de tirer leur chapeau par dessus terre. Si vous souhaitez  découvrir le terrain de mes souvenirs passés, venez ce week-end. Mes parents sont en vacances alors comme à l'adolescence, j'en profiterai pour y inviter des amis et piquer quelques bonnes bouteilles dans la cave du chef de famille....

 

 

bolets des boulots

 

 

 

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Published by berenger
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