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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 12:03

Samedi  

 Nous nous réveillons à six heures, la tête un peu enfarinée, Val passe nous prendre à sept heures. A sept heures trente, nous prenons la route pour Roissy Charles De Gaulle après avoir bu deux ou trois tasses de café. Lulu prend le volant à le demande de Val. Nous lui devons bien ça puisque nous lui avons sucré une grasse matinée, d'autant plus qu'une fois arrivés à Paris, nous n'aurons plus qu'à poser nos fesses à l'intérieur du zinc alors que pendant ce temps, Val conduira sa nouvelle voiture, seule au retour. Je suggère qu'il vaudrait mieux que nous mangions quelque chose de solide car nous arrivons à destination qu'en fin d'après-midi et ce n'est pas Air Canada qui nous nourrira suffisamment. Je mets tout le monde d'accord et nous nous arrêtons dans une boulangerie à Vervins acheter de quoi déjeuner. Nous arrivons à l'aéroport à neuf heures et demi sans encombre. Lulu et moi descendons de voiture pendant que le moteur tourne encore. Val descend nous faire la bise et cède la place du mort pour désormais prendre le volant. Avant de nous rendre à l'enregistrement des bagages, nous fumons une cigarette là où l'on nous a déposé. Le téléphone portable de Lulu sonne, c'est Val.

    Tout de suite je comprends qu'elle ne trouve pas le chemin du retour puisque Lulu lui indique qu'elle doit faire demi-tour. La communication terminée, nous écrasons nos mégots sur le trottoir et rentrons dans le terminal. J'accompagne Lulu jusqu'au guichet qui lui est destiné car nous ne prendrons pas le même vol. Les valises une fois en partance pour la soute, je n'ai plus qu'à lui souhaiter " bon voyage " en le regardant se diriger passeport et carte d'embarquement à la main, vers la douane. Il me reste une bonne heure à attendre avant de me délester de mes sacs. Je m'assieds alors à même le sol dans un coin de l'aéroport et commence à lire un recueil de nouvelles fantastiques jusqu'à ce que cette heure soit écoulée. Je me débarrasse ensuite de mes encombrantes affaires. Bien que j'ai pour habitude de voyager léger, il est normal pour un voyage au Québec que ma valise soit plus lourde que si je me rendai à Ténèrife. J'ai substitué blouson et chaussettes de ski, pulls polaires, chaussures montantes à grosses semelles plus lourds et plus encombrants que des simples shorts, t-shirts, casquettes et tongs. En arrivant à l'aérogare, j'aperçois la grande carcasse de Lulu. Le boeing 737 pour Toronto n'a pas encore ouvert ses portes. Ce dernier a l'air ravi de me voir déjà là. Nous patientons tous les deux en sirotant une heineken pression jusqu'à ce qu'une voix au micro fasse lever Lulu sur ses deux jambes et terminer son demi d'un trait. Cette fois-ci, nous nous retrouverons bien à l'heure où les lumières dans les foyers français s'éteindront une à une, laissant la place à l'obscurité la plus complète dans les coins reculés. J'ai encore un peu de temps devant moi, je commande donc une autre mousse en me disant que cela m'aidera à dormir pendant le trajet qui ne passerait dans ce cas que plus vite.

   c'est à mon tour d'embarquer, je présente mes papiers à une hôtesse de l'air tout en la saluant. Celle-ci m'indique la direction à prendre pour me rendre jusqu'à mon siège. " Pourquoi ? Des gens se sont déjà perdus dans l'avion ? ", me dis-je. Je prends place côté hublot, un jeune couple de français s'installe à ma gauche. La fille porte un blouson de pompier ce qui m'inspire une plaisanterie, j'ai envie de lui dire " au moins, vous pourriez nous porter secoursen cas de défaillance de l'appareil ", mais je me tais afin d'éviter la panique à bord car les mots " défaillance de l'appareil " ne sont pas de ceux que l'on aime entendre dans un avion. Je ne prononcerai pas un mot du trajet, me contentant de regarder des films choisis sur un écran tactile incrusté au dos du siège devant moi. Je commence mes projections par un film de gangster puis, j'enchaîne sur deux comédies dont JCVDdans lequel Van Damme joue son propre rôle. Avant d'atterrir, on nous fait remplir un questionnaire que l'on devra présenter à la douane à notre arrivée. A la question " Avez-vous commis des actes terroristes ? ", je réponds " non ", même si plus jeune j'ai déjà fait sauter des boîtes à lettre avec des pétards.

    Il est quinze heures trente quand  nous arrivons à Montréal. Nous avions convenu avec Yann qu'il viendrait nous chercher à dix sept heures.  Je tue le temps en tirant des dollars canadiens, en fumant une cigarette dont j'ai acheté une cartouche à un prix avantageux dans le duty free puis, en reprenant la lecture que j'avais interrompu à Paris. A dix sept heures quinze, Yann ne donne toujours pas signe de vie. Je parts donc à la rencontre de Lulu dont l'avion ne doit pas tarder à atterrir de l'autre côté de l'aéroport en provenance des vols nationaux. Une fois que j'ai récupéré mon compatriote, nous pouvons partir à la recherche de Yann que nous retrouvons aisément les yeux braqués vers un tableau lumineux qui indiquant les vols à l'arrivée. Nous nous saluons cordialement et après s'être assuré que nous ayons fait bon voyage, Yann nous à nous rendre sur le parking où il a déposé sa voiture. Nous déposons nos sacs dans le coffre et avant de nous conduire à l'hôtel, notre ami local nous propose de passer à son appartement. Sur le chemin, Yann s'enthousiasme de nous avoir concocté un programme mijoté aux petits oignons en commençant par ce soir ou nous nous rendrons dans un bar pour l'anniversaire d'un de ses amis.

  _ Et puis demain, on pourrait aller faire du ski, nous demande t-il.

  _ Et bien le souci, c'est que je n'ai jamais fait de ski, lui dit-je honteusement.

  _ Ce n'est pas bien grave, dans ce cas nous ferons de la luge, c'est pourquoi je souhaite que vous passiez chez moi afin de vous faire essayer des combinaisons.

Arrivés chez Yann, nous faisons des essayages. Lulu qui comme Yann culmine à près de deux mètres, trouve une combinaison à sa taille sans difficulté. En ce qui me concerne, c'est plus délicat. Je nage dans toute celle que l'on essai de me refiler.

  _ Tiens, essaie celle-ci, me demande Yann en me tendant une combinaison blanche.

Je l'enfile et par miracle, elle me va comme un gant.

  _ C'est à Irina, ma copine, me précise t-il.

Nous pouffons tous les trois de rire et je conclu en disant que ça fera amplement l'affaire.

  Maintenant que nous avons tous des vêtements chauds et imperméable pour la journée du lendemain, nous pouvons désormais partir à la recherche de notre hôtel.  Nous montons une nouvelle fois en voiture en ayant au préalable acheté quelques canettes de bière dans une épicerie tenue par un chinois.

  _ Où se trouve votre hôtel ?, nous demande Yann en tournant la clé dans le contact.

  _ Il s'agit du Celebrities hôtel au 1095 rue Saint Denis.

  _ La rue Saint Denis, je vois où c'est mais le 1095...

Nous nous engageons vite sur la rue Saint Denis, à travers la vitre arrière je regarde le numéro de rue sur la façade d'une maison :

  _ Nous sommes au 7042.

  _ Alors votre hôtel se trouve à l'opposé de la ville, près du port.

Nous trouvons l'hôtel facilement. Nous prenons possession de nos chambres respectives, toutes portent un nom de star hollywoodienne, la mienne se nomme Marilyn Monroe et dispose d'un grand lit, du cable, d'un mini réfrigérateur, d'un four micro-onde et d'une salle de bain dont les murs et le plafond sont recouverts de lattes de bois. J'y dépose mes bagages et je vais rejoindre dans la chambre de lulu mes deux compères qui ont déjà commencé à siroter leur bière en regardant du hockey sur glace à la télé. 

  _ Sers-toi en une Bérenger, elles sont dans le frigo après quoi les thiérachiens, je vous suggère qu'on aille manger car il est presque neuf heures et bientôt on refusera de nous servir dans tous les restaurants de la ville.

 Après un bref apéro, nous nous rendons dans une pizzeria située non-loin de l'hôtel nous restaurer. Au moment de l'addition, Yann nous avertit :

  _ Ici, le service n'est pas compris, vous devez donc toujours laisser un pourboire qui correspond à environ dix sept pour cent du montant qui vous est facturé.

 Nous en prenons note et appliquons aussitôt le conseil de Yann en opérant un rapide calcul mental avant de régler la facture. Une fois sortis du restaurant, nous nous rendons au bar où l'on doit célébrer l'anniversaire du pote de Yann. Nous sommes les premiers sur les lieux. Nous attendons patiemment en faisant quelques parties de billard et en engloutissant quelques bières que Yann a commandé par demi-douzaine et transporté jusqu'à la table de jeu à l'aide d'un petit panier en plastique. Sur une estrade, un groupe de musiciens répète ses gammes avant de se produire en concert un peu plus tard dans la soirée.  Un peu avant minuit, le groupe joue sa cinquième reprise rock et les amis ne Yann viennent juste d'arriver mais Lulu et moi, nous nous décidons à rentrer à l'hôtel car les effets du décalage horaire se font ressentir et nous ne tenons plus debout.

 _ Vous partez déjà ?, me demande celui dont on fêté ses trente ans.

 _ Oui, nous sommes arrivés de France aujourd'hui et là bas il est presque six heures, ce qui veut dire que nous sommes debout depuis vingt quatre heures, nous n'en pouvons plus. Désolé.

 _ Non, ce n'est pas grave. Reposez-vous bien.

 _ Merci et quant à vous, amusez-vous bien. Ciao !

 En rentrant dans le hall d'entrée de l'hôtel, je m'aperçois que j'ai oublié mon écharpe, élément de survie indispensable ici en plein mois de février, je me souviens l'avoir déposé sur un tabouret pendant que je jouai au billard mais je ne retournerai pas la chercher, bien que le bar ne se trouve qu'à une centaine de mètres. Yann nous a emboîté le pas et passera la nuit dans la chambre de lulu dans laquelle il y a deux lits. 

 

Dimanche  neige à la fenêtre                                                         

 A  mon réveil, j'ouvre la fenêtre et le volet de ma chambre afin d'y découvrir la vue du rez-de-chaussée puisque celle-ci ne donne pas sur la rue Saint-Denis. A ma grande stupeur, je ne vois qu'un grand mur blanc qui se dresse devant moi. Après avoir pris une douche je sors de ma chambre et je vais frapper à la porte de celle de Lulu qui m'ouvre et m'invite à rentrer instantanément.

_ Salut les guys ! Bien dormis ? Prêts pour aller faire de la luge ?

_ Oui mais avant cela, il faut que j'aille chercher mon chien que j'ai déposé au gardicanin. Au fait, vous avez le petit- déjeuner compris dans votre séjour ?

J'informe Yann que le petit -déjeuner n'est pas inclus. Nous nous décidons à le prendre dans un snack jouxtant l'hôtel. Dès que nous rentrons à l'intérieur du snack, une cinquantenaire qui a tout l'air d'un garçon manqué ( cheveux coiffés à la brosse, duvet au dessus de la lèvre supérieure, vêtue d'un jean et d'une chemise à carreaux ) nous invite à nous asseoir. Nous consultons la carte pendant que la garçonne de café nous en sert une tasse.

_ Vous êtes français ?

A cette question, lulu répond par une autre :

_ Cela s'entend tant que ça ?

_ Qu'est ce que je vous sert ?

Tous les trois, nous prenons deux oeufs sur le plat avec des pommes de terre sautées, une saucisse et une tranche de bacon, le tout accompagné d'un verre de jus d'orange. Au moment de payer, la serveuse nous administre une petite piqûre de rappel :

_ Vous savez que le service n'est pas compris ? En fait il convient de laisser un pourboire d'environ...

_ Dix sept pour cent ! On est au courant !

 Maintenant que nous avons dans le corps assez de combustible pour affronter le froid, nous faisons un premier voyage jusqu'au garde chien pour prendre le beagle de Yann et le déposer à son appartement. Ensuite, nous faisons bus scolaireroute vers la foret laurentienne à environ une heure au nord de Montréal. En pleine campagne et tout autour de la voiture, je ne vois que du blanc partout. Je fronce les sourcils pour pouvoir distinguer la route car je suis ébloui par la neige. Nous nous arrêtons au pied d'une bute et nous nous garons à côté de bus de couleur jaune comme celui conduit par Otto dans la série les Simpsons.Nous passons au caisse prendre un badge qui nous donne le droit de descendre les pistes toute l'après-midi.

Pour accéder à leur sommet, les tires-fesses sont remplacés par des bouées sur lesquelles il suffit de s'asseoir. Yann et moi sommes déjà en cours d'ascension tandis que Lulu attend son siège percé. Quand une bouée arrive, Lulu tente de s'asseoir dessus, rate sa cible en mouvement et se retrouve le cul dans la neige. De la haut, nous voyons la scène et rions à gorges déployées en y ajoutant quelques commentaires salés qui ont le mérite de faire fondre la glace avec ceux qui amusés, montent en même temps que nous. Notre grand maladroit se relève, laissant la bouée monter à vide et attend l'arrivée d'une autre. Celle ci  vient à son niveau, lulu parvient à s'assoir dessus mais pas à se stabiliser et finit par tomber. Dans sa chute, il s'agrippe déséspéremment à la bouée qui le traîne de tout son long sur quelques mètres. A nouveau, nous sommes hilares et faisons des gorges chaudes. Quand nous parvenons tant bien que mal tous les trois en haut de la bute, nous avons le choix entre différentes luges de quatre, six, huit et douze places et entre plusieurs descentes plus ou moins abruptes. Nous essayons toutes les luges de différentes capacités en invitant des québécois à se joindre à nous pour faire le nombre et essayons toutes les pistes jusqu'à la tombée de la nuit. De retour à Montréal, nous dînons rue gauchetière en plein coeur du quartier chinois avant de rentrer nous coucher, épuisés par le grand bol d'air frais que nous avons pris au cours de la journée.

 

Lundi

  Ce matin, Yann qui a une nouvelle fois squatté notre hôtel, est partit de bonne heure à son travail. Je passe à mon réveil chercher Lulu et nous retournons déjeuner là où nous sommes allés la veille. Au moment de régler la douloureuse, la même serveuse à l'allure masculine nous rappel la règle à respecter en ce qui concerne les pourboires.

  A l'extérieur, le temps est clair mais le thermomètre affiche moins seize degré. Nous descendons jusqu'au port de Montréal à pied. A côté du Saint-Laurent, lieu de passage des bélugas, rorquals communs et autres cétacés à la fonte des glaces, des personnes peu frileuses patinent sur un plan d'eau gelé. La tentation de me joindre à eux est grande patinoiremais je ne préfère pas prendre le risque d'écourter mon séjour, rapatrié en France une jambe dans le plâtre. De l'autre côté de la route se trouve le marché bonsecours vers lequel nous nous dirigeons. A l'intérieur, nous découvrons dans un premier temps un atelier où travaillent des souffleurs de verre, nous repérons ensuite un restaurant dont nous étudions avec précaution la carte car en grands amateurs de gibier que nous sommes, nous goûterions bien à de la viande de caribou. Ce viandard de Lulu, serait même prêt à bouffer de l'ours si l'occasion se présente, chose à laquelle je m'y refuse.  Au premier étage de ce grand bâtiment de pierre, se trouve une galerie d'art tenue par une polonaise qui dans un excellent français tente de convaincre Lulu de lui acheter un tableau  en vain.

  L'après-midi, nous prenons le métro jusqu'à la station Viau pour aller visiter le biodôme, un musée vivant où sont représentés les quatre écosystèmes du continent américain : la forêt amazonienne, la forêt laurentienne, le golf du Saint-Laurent et les Pôles Nord et Sud. Nous avons combiné l'entrée du biodôme à celle du Jardin botaniquebiodôme et de l'insectarium que nous visiterons un autre jour, faute de temps.

   Nous sommes à peine rentrés à l'hôtel que Yann, content d'avoir fini sa journée de travail, nous rejoint.

_ ça vous dit si l'on se commande à manger, nous demande t-il affamé. Vous savez ce qu'est de la poutine ?

Quelqu'un m'en avait déjà parlé mais je ne me souviens plus de quel mets il s'agit.

_ Non.

_ Ce sont des frites avec du cheddar fondu et de la sauce brune, ça vous dit ?

_ Oui, à ce propos, puisque nous parlons gastronomie, sais-tu où l'on peut manger de l'ours ?, interroge le carnassier, la salive pendante à ses babines.

_ Et bien non. C'est difficile d'en trouver car seuls les indiens ont le droit de les chasser.

_ C'est pas grave, on mangera dans ce cas du caribou, on a repéré un bon restaurant. ça te dit de le faire avec nous ?

_ Oui mais demain soir, je vous emmène au smoked meat avec ma copine Irina. Vous ai-je dit qu'on allé se marier l'année prochaine ?

_ Non, félicitation ! ça mérite que nous trinquons une nouvelle pareille ! Lulu, il reste des bières dans le frigo ?

  Ce soir là, nous ne faisons pas de vieux os non-plus, nous nous couchons après avoir mangé dans une chambre d'hôtel et surfer sur la toile afin de repérer où nous pourrions faire de la motoneige. 

 

Mardi

  Depuis la chambre d'hôtel de Lulu, nous réservons une excursion en motoneige à travers la forêt laurentienne pour le lendemain. Yann nous prétera sa voiture pour que nous puissions nous y rendre. La réservation une fois faite, nous prenons notre petit déjeuner comme à l'habitude avant de nous rendre en métro, station Bonaventure, visiter le Montréal souterrain, Le Montréal souterrain est un réseau complexe de galeries, creusées dans but de permettre aux  montréalais de faire leurs achats et de se restaurer en centre-ville sans avoir à subir les intempéries hivernales, particulièrement rugueuses dans ce coin du globe. Sous-terre, nous faisons un peu de lèche- vitrine dans l'espoir de trouver un cadeau pour Val qui nous a emmené jusque Paris et pour Cèd qui viendra nous chercher. cathédrale Marie Reine du Monde Nous remontons à la lueur du jour les mains vides, au pied de la cathédrale Marie-Reine-du- Monde. En face se trouve un magasin de sport.

_ On pourrait peut être acheter une casquette des Canadians pour Céd, il en a toujours une vissée sur la tête, me suggère Dom.

_ Bonne idée, je m'en charge. Tu n'auras qu'à acheter un cadeau pour Val.

Dans la boutique, je choisi une casquette sobre de couleur noire, avec à l'avant une petite sérigraphie représentant le "C" de Canadians. Je profite également pour m'offrir en souvenir un t-shirt aux couleurs rouge, blanc et bleu de l'équipe.  Mes emplettes terminées, nous nous décidons de trouver un café pour boire une bière. Nous marchons un long moment avant de trouver un des pub de la ville, trop rares à notre goût, supplantés par les coffee-shops qui n'ont rien à voir avec ceux que l'on trouve à Amsterdam.

  Notre soif étanchée, nous retournons à la station de métro Viaux , visiter le jardin botanique et l'insectarium. Dans les arbres du jardin botanique, nous distinguons des écureuils gris, espèce américaine représentant une menace en Europe pour l'écureuil roux, en envahissant et détruisant son habitat et surtout en véhiculant un virus dont il est immunisé contrairement à son cousin du vieux continent. Je pari avec Lulu que je peut en approcher un suffisamment prêt pour qu'il puisse prendre une photo de moi à côté d'un de ses petits mammifère. Mon ami chasseur paraît sceptique. Je prends un peu de neige au sol que je roule en boule, m'approche d'un arbre puis je m'accroupis la main tendue avec le leurre posé sur la paume. Un sciuridé me regarde timidement depuis son arbre, à moitié caché derrière le tronc et s'engallairdi. Il descend, s'approche de moi tout prêt et flair le bout de mes doigts dans lesquels je tiens la nourriture fictive jusqu'à ce que ( CLAP ! ), la photo soit dans la boîte. 

  La nuit tombée, nous faisons la connaissance de la future épouse de Yann. Irina a grandi en Suisse bien qu'elle soit d'origine russe et c'est toute heureuse qu'elle se joint à nous pour faire la connaissance de Lulu, un des copain d'enfance de son petit-ami. Tous ensemble nous montons dans la voiture de Yann qui nous conduit rue Sainte-Catherine pour aller manger un smoked meat, un sandwich à la viande fumée.

_ Vous avez fait votre choix Monsieur ?, me demande une serveuse du restaurant.

_ Oui, je vous l'ai déjà dit, je vais prendre un kingsize.

_ Oui, mais vous le désirez small, médium ou big ?

Je la regarde d'un air bovin, pensant avoir compris que " kingsize " est le plus gros sandwich que je puisse commander, jusqu'à ce que Yannick m'explique :

_ On te demande si tu veux ta viande plus ou moins grasse. Small, c'est pour une viande peu grasse, medium pour une viande moyennement grasse et big...

_ Ok, j'ai compris ! Alors je prendrai un medium.

Le sandwich n'est pas très ragoûtant et la viande très grasse mais il en faut plus à Lulu pour lui couper l'appétit qui commande une forêt noire en dessert ce qui me fait poser la question suivante :

_ Pourquoi n'as-tu pas pris un carot cake qui est une spécialité d'ici ?

_  Je veut voir comment il font leur forêt noire.

_ Demain, les Canadiansjouent à domicile, ça vous direz d'aller les voir ?, nous demande Yann.

_ Si les places ne sont pas trops chères car la motoneige va nous coûter cent cinquante dollars déjà.

_ Qu'entends-tu par " pas trop chères " Bérenger ?

_ Pas plus de quatre-vingt dollars, et c'est déjà pas mal.

_ ça doit être faisable, je me renseignerai et je vous tiendrai au jus, au pire, s'il ne reste plus de place, on ira le regarder au sports bar qui se trouve juste à côté de la salle de hockey.

Après le restaurant, nous allons faire une partie de boxwling miniature. Ensuite, nous regrimpons en voiture en direction du Mont Royal où nous pouvons admirer un joli panorama de la ville illuminée avant de rentrer nous coucher.

 

Mercredi

 Après que nous ayons déjeuné sans oublier de remettre un pourboire à la serveuse ( comment pourrait-on oublier ? ), nous prenons la voiture que Yann nous a laissé la veille en direction du Mont Tremblant à environ une heure au Nord de Montréal. Avec Lulu comme chauffeur et moi, la carte sur les genoux dans la peau du copilote, nous trouvons facilement le point de départ de la randonnée.

 Lorsque nous arrivons devant la maison de notre guide, celui-ci se trouve dans son jardin en train de préparer les machines que nous allons chevaucher dans quelques instants. En nous voyant arriver, Il nous indique où nous garer et nous invite à rentrer chez lui en nous demandant de nous déchausser au préalable. motoneige

 _ Vous voulez du café ?, dit-il avec un accent beaucoup plus prononcé qu'en ville.

_ Volontiers.

_ Alors tirez une bûche je vous en prie.

Lulu et moi, nous nous regardons immobiles, en nous demandant ce qu'il a bien voulu dire par " tirez une bûche".

  _ Vous êtes français ? Tirez une bûche, ça veut dire asseyez-vous. Je vais avoir besoin de vos numéros de permis de conduire.

A ce moment précis, tout s'effondre autour de moi, car je réalise que je n'ai pas mon permis sur moi et que je vais devoir m'agripper à l'arrière comme passager pendant toute la durée de l'excursion.

_ C'est que j'ai oublié mon permis de conduire.

_ Tant pis, espérons que nous ne croiserons pas les flics. Maintenant, donnez-moi votre carte bancaire que je fasse une empreinte pour la caution.

Les formalités administrative une fois remplies, nous passons dans une autre pièce et enfilonune combinaison, des bottes, une cagoule, un casque et des gants. Vêtus chaudement de la tête au pied, le moment et venu pour nous de nous familiariser avec nos engins dont le premier a été créé en 1937 par Bombardier.

_ Ici, vous avez le bouton pour les poignées chauffantes, là l'accélérateur, n'oubliez pas de faire contrepoids dans les virages en sortant vos fesses de la selle comme ça. Prêt ? Alors suivez-moi.

Notre guide démarre en trombe et Lulu suit les traces laissées par les chenilles dans la neige. Après un rapide passage dans les bois, je me sent déjà largué en troisième position, loin derrière Lulu qui a quelques notions de pilotage à moto. Nous faisons rapidement une halte sur un lac gelé.

_ ça va ?, me demande le guide, maintenant, vous allez faire quelques tours du lac et n'hésitez pas à accélérer dans les lignes droites, vous n'avez rien à craindre sur une surface lisse.

 Nous faisons quelques tours et bien que j'essaie de mettre les gaz dès que j'en ai l'occasion, je me fais encore battre au chrono par Lulu.

_ Pour repartir dans les bois, tu vas te mettre en deuxième position juste derrière moi, m'ordonne notre guide voyant visiblement que j'ai quelques difficultés à tenir le rythme.

 Je m'exécute et me sent rapidement plus à l'aise, slalomant entre les érables, les pins et les boulots jusqu'à ce que nous faisons une pose au bord d'un lac. Lulu enlève son casque, sort son paquet de cigarettes de sa poche m'en tend une ainsi qu'au guide.

_ Non merci, je ne fume que des cigarettes magiques, ricane t-il d'air air malicieux, quand vous aurez fini, rejoignez-moi au bar de l'hôtel.

 Nous prenons tous les trois une boisson chaude et en discutant nous apprenons de notre guide qu'il était autrefois footballeur professionnel.

_ Je jouais dans le North  AmericanSoccer league au poste d'ailier, j'étais très rapide vous savez.

 Rapide sera  notre retour. Sur un lac gelé, nous essayons à nouveau d'affoler les compteurs de vitesse dont l'unité de mesure et en miles. Je suis au maximum à quatre-vingt dix kilomètres heures quand notre guide parti derrière nous et équipé d'une cylindrée plus puissante, frôle les cent cinquante en nous doublant.

 

   Sur le chemin du retour, bien qu'il fasse très froid, j'ouvre la vitre de la voiture de mon côté.

_ Merde Lulu, tu as le cul pourri !

_ Oui et ce n'est pas en mangeant des oeufs tous les matins que cela va s'arranger.

De retour à l'hôtel, je prends une douche pour car j'ai beaucoup transpiré sous ma combinaison. Je cherche également à me détendre sous l'eau chaude, mes avants-bars et mes épaules sont courbaturés d'avoir tenté de dompter mon deux cents cinquante centimètres cube. Revigoré, je vais rejoindre Lulu dans sa chambre et nous buvons une bière en attendant que Yann nous rejoigne.

_ Salut les mecs ! Alors cette motoneige ?

_ C'était canon !

_ Va vraiment falloir que j'essaie, j'en ai jamais fait. Bon, je me suis renseigné sur le prix des places pour le match de ce soir, il n'en restait plus qu'à cent cinquante dollars. Je vous propose donc d'aller le regarder à la cage aux sports, ma blonde nous rejoindra. sports bar

  Depuis le sports bar qui jouxte la salle de hockey, nous assistons à la victoire des Canadians à la grande joie d'Irina, fervente admiratrice de Kovalev, un joueur russe qui fait les beaux jours de l'équipe locale. Les yeux rivés sur un des nombreux écrans qui illumine la salle, nous ne baissons la tête que pour saisir notre choppe de bière ou un énorme et morceau de ribs caramélisés bien gras.

 

Jeudi

  Nous arrivons bientôt au terme de notre aventure montréalaise puisque ce soir, avant d'aller manger du caribou au restaurant du marché bonsecours, il nous faudra préparer nos valises pour le grand départ de demain. Nous n'en sommes pas encore là et nous débutons donc notre journée par notre rituel nourissier. Nous partons ensuite en métro en empruntant la ligne orange jusque la station Mont Royal dans le but de visiter la colline qui surplombe la ville. A notre sortie, devant la bouche de métro, se dresse un petit chapiteau où l'on vend plusieurs produits fabriqués à partir de sirop d'érable. Pendant que Lulu choisit un cadeau pour Val, je me commande une tire sur la neige ( sirop d'érable chauffé puis déposé sur de la neige que l'on mange à l'aide d'une cuillère en bois ). Après notre arrêt au stand, nous reprenons notre chemin pour une longue marche qui nous mènera au sommet du Mont Royal. Nous passons devant de beaux quartiers résidentiels en suivant les personnes que l'on voit avec des skis sur les épaules, persuadés qu'ils nous conduisent sur le bon chemin. Arrivés tout là haut, nous admirons le panorama mais ne voyons pas d'autres centres d'intérêt qu'un cimetière. Nous rebroussons chemin, suivant dans le sens opposé les pas que nous avons laissé dans la neige, jusqu'à ce que nous regagnons le centre ville. Nous nous arrêtons dans un restaurant asiatique manger un wok puis nous nous séparons pour le reste de la journée. Tandis que Lulu fera du shopping, je me baladerai dans les rues mon appareil photo à la main au grès du blizzard.

  Yann, Lulu et moi, nous nous retrouvons à l'hôtel à l'heure de l'apéritif. Nous sortons acheter quelques bières dans une SAQ ( Société des Alcools du Québec ) puis, après en avoir vidé quelques-unes nous nous rendons au restaurant.

Dans un cadre cossu, sous un fond de musique classique, nous selectionnons dans le menu du médaillon de caribou, du vin et du fromage français, si chers à nos coeurs.Ils nous importe peu que notre mélancolie pour la nourriture française fasse que l'addition soit dure à digérer. Nous venons de vivre une semaine de frustration culinaire et nous comptons bien nous rattraper.  Le ventre plein, nous regagnons notre hôtel vider quelques canettes car il est encore trop tôt pour sortir.

_ Où nous emmène-tu Yann? A la foufoune électrique ?

_ Non Bérenger, la foufoune électrique n'est pas un club lesbien, il est inutile de fantasmer.

_ Je te posai la question car le nom m'amusait beaucoup.

C'est dans une autre discothèque que nous nous rendons. Nous venons à peine de quitter le bar et de nous échauffer sur la piste qu'une fille complètement bourrée s'agrippe à moi. J'essaie de lui parler, elle ne répond pas, se contentant de coller son oreille sur ma poitrine. Au bout de quelques minutes, je crève de chaud et désire me délester de mon boulet. Je la saisie donc par les cheveux de la nuque et les lui tire suffisamment fort pour l'éloigner de mon espace vital.  La sangsue s'éloigne sans dire un mot et part se fondre dans la foule avant de trouver et trouve une nouvelle proie sur laquelle s'agripper. Je rejoint mes amis qui accoudés au comptoir un verre à la main me regarde en me toisant. De retour de discothèque, faisons quelques caps dans notre chambre d'hôtel avant de nous coucher.

Le caps est un jeu qui consiste à dégommer une capsule de bière déposée à l'envers sur le goulot de la canette de son adversaire à l'aide d'une autre capsule pliée en  en deux. Si un concurrent parvient à faire tomber la capsule de l'adversaire qui se tient assis en face de lui jambes écartées, et que ce dernier ne parvient pas à le contrer, celui dont la capsule est tombée doit alors boire le tiers de sa canette. Une caméra à la main, je me lance dans une imitation de Nelson Monfort et commente un duel franco/canadien entre Lulu et Yannce qui provoque une bonne tranche de rire, la dernière que nous passerons tous les trois sur la terre des inuits et des iroquois.

 

   Vendredi

  Aujourd'hui, le redoux est arrivé et c'est sous la pluie que nous prenons un taxi qui empeste le tabac en direction de l'aéroport. Nous payons la course avec les derniers dollars qu'il nous restaient en poche et nous prenons tous les deux comme à l'aller, un avion différent jusque Toronto.  Nous nous retrouverons Lulu et moi dans l'avion Toronto/Paris. Quand nous foulons à nouveau le sol français, nous apercevons Céd qui nous attendait déjà depuis une heure. Nous lui offrons la casquette des Canadians et à notre grande satisfaction, nous nous rendons compte que ce cadeau lui fait vraiment plaisir.

 

 

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Published by berenger - dans voyage
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  • : Cela pourra peute être vous paraitre un peu brouillon mais vous trouverez un peu de tout sur mon blog : des impressions de voyages, chroniques de concert, missives contre des organismes incompétants, à vous de voir ce qui vous interpelle le plus
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