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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 12:40

 

Bilan matériel : Quatre carreaux cassés, un robinet arraché, une télévision miraculée, un canapé écrasé. 

 

    Je me souviens le jour où la vitre de la porte d'entrée a volé en éclats. Nous étions un samedi soir, décidés d'organiser une petite sauterie, nous avions convié quelques amis axonais à se joindre à nous. Boule et le dentiste faisaient partie de la liste des invités. Tous deux ne buvaient pas une goutte d'alcool. Ils étaient suffisamment loufoques pour nous suivre dans nos délires éthyliques sans en ressentir l'ivresse. Quand ces deux là étaient réunis, la soirée se terminait toujours par un simulacre de combat de catch. Comme de coutume, nos deux hôtes commençaient à se jauger et à se provoquer verbalement, en se regardant dans le blanc des yeux, le sourire au coin des lèvres. Comme aucun d'entre eux ne se dégonflait, ils se, mirent à se pousser chacun leur tour.

_ Combat de catch ! Combat de catch ! Combat de catch !, entonna l'assistance amusée. 

Je poussai alors les meubles le long du mur pour leur faire de la place et afin que nos combattants purent exercer leur art sans ecchymose. Le dentiste ouvrit les hostilités le premier. Il saisit son adversaire autour du coup et le serra de toute sa force. Boule tenta sous nos encouragements de s'extirper de cette soumission, sans succès. Nous comprîmes qu'il avait besoin de plus de soutient encore : 

_ Vas-y boule ! Massacre-le ! Montre-nous ce que tu as dans le ventre !

Notre poulain était plié en deux sous la pression qu'exerçait le dentiste. Ces yeux étaient rivés vers le sol et l'on voyait bien qu'il cherchait à reprendre son souffle.

_ Alors tu as fini ta sieste ? Chope-le par les roubignols ! Par les rou-bi-gnols te dis-je !

C'est alors que Boule qui était jusqu'ici dominé rassembla ses forces. Il saisit sont assaillant par l'entre jambes et le décolla littéralement du sol en soufflant. Son visage commençait à rougir et ses veines se faisaient plus visibles sur le front. Le dentiste était bien tassé et sous son poids, boule cambrait le dos, ses jambes vacillait. Il recula d'un pas tremblant cherchant ses appuis mais il ne parvenait pas à se stabiliser. L'effort produit devenait insoutenable, d'autant plus que dans ses bras, sa prise se débattait. Il recula à nouveau d'un pas, d'un autre, puis deux, puis trois avant de s'écrouler, le dos contre la porte d'entrée, entrainant le dentiste dans sa chute. Le carreau de la porte vitrée vola en éclats ce qui mit fin prématurément à l'escarmouche.

Tous deux se relevèrent sans une égratignure mais tout gênés d'avoir  cassé du mobilier. Nous leur dîmes que ce n'était pas grave, que nous le remplacerons à moindre frais.

_ La prochaine fois, vous ferez votre combat dans le jardin, ajouta même quelqu'un dans le public. Je commence déjà à craindre le pire pour mes tuyas !

 

 

  Nous étions à la St-Sylvestre et nous avions convenu de fêter le nouvel an à la maison entourés de quelques potes.

Anne, la soeur d'un de mes colloc, artiste plus par l'excentricité que par le talent, offrit un cadeau peu commun à son frangin.  Lorsque nous vîmes l'emballage en carton troué sur le dessus bouger tout seul, nous comprîmes qu'il s'agissait d'un cadeau empoisonné.

_ Ne me dis pas Anne que tu as ramené un chat qui va faire ses griffes sur le canapé et marouler tout l'été ?

_ Non, me fit-elle d'un air amusé.

_ Un chien ? C'est pas mieux, il va faire des trous partout dans le jardin et va pisser de joie sur le carrelage dès que quelqu'un rentrera dans la maison !

_ Cherche encore Bérenger, ce n'est pas un chien non-plus.

Mais qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Je restais un moment muet, réfléchissant à ce qu'il pouvait y avoir dans ce carton puis je m'adressai à mon colloc :

_ Qu'est-ce que tu attends Choi ? Ouvre-le !

Choi entrouvrit le carton et un gros groin noir élargit l'ouverture de l'intérieur. Nous étions médusés.

_ Hé oui les mecs ! C'est un cochon vietnamien.

_ Excellent !, fit Choy, nous l'appelerons " Pumba ", comme le phacochère dans " le roi lion ".

_ Et tu as vu ? Il a un joli noeud rose autour du coup ?, demanda Anne.

_ Comme c'est mignon !, maugréai-je.

Ce cochon ne me laissait présager rien de bon.  Mais craintes furent confirmées dès le premier soir. Nous étions tous montés nous coucher dans nos chambres respectives à l'étage, laissant l'animal dans le salon. Je commençai à m'assoupir quand j'entendis un bruit de verre cassé qui provenait du rez de chaussée. Je descendis, ouvrit la lumière de la cuisine et je vis le nouvel occupant des lieux en train de laper sur le sol du rhum-figues que Jacek faisait macérer depuis plus de six mois. Les bouteilles étaient rangées dans le bas d'un placard. Le porc les renversa toutes les trois et n'en épargna pas une.

 Le lendemain matin, j'annonçai la nouvelle à Jacek, ce qui le rendit furieux.

_ Tu as tort de t'emporter comme-ça Jacek, sermonna Choi, regarde ! C'est une brave bête qui adore qu'on lui gratte le dos.

  _ Choi, c'est quoi cette odeur ?, protestai-je en me pinçant le nez.

Tout heureux de l'affection que lui portait son nouveau maître, le sagouin avait déversé sa semence sur le sol à l'intérieur de la maison. Il fallu plusieurs jours et plusieurs couches de différents produits chimiques pour éliminer toutes traces d'odeurs pestilentielles.

Un weekend, je restai seul avec le pervers, éjaculateur précoce. Mes colocataires étaient tous rentrés quelques jours dans l'Aisne. Je m'absentai le dimanche matin pour aller faire un tour sur le marché de Wazemme en laissant le pourceau dans le jardin et en prenant soin de bien fermer les portes derrière moi.  Lorsque je rentrai quelques heures plus tard, j'entendis le clapotis de l'eau qui s'écoulait. Ignorant d'où cela pouvait provenir, je vérifiai dans la cuisine et dans la salle de bain si les robinets étaient bien fermés, ils l'étaient. J'ouvris alors la porte fenêtre qui donnait accès au jardin et je vis à ma droite que le robinet extérieur avait été arraché par la puissante mâchoire de Pumba. De l'eau jaillissait à torrent et nule doute que si je m'étais absenté plus longtemps, la court aurait été inondée.

Nous n'avons pas gardé Pumba beaucoup plus longtemps. Nous en fîmes don à un propriétaire d'une petite fermette. Là bas, il vit des jours heureux en compagnie d'autres animaux de basse-cour.

 

 Quoi de plus reposant qu'un weekend seul à la maison ? Ce samedi là, comme mes colocataires avait déserté les lieux et comme le temps était franchement maussade, je profitai de la tranquillité ambiante de la demeure où  nous résidions. Une machine tournait, j'avais aéré ma chambre comme le reste de la maison et je m'accordai une petite pause en regardant un match de première leaguesur canal plus sport. Je repausai mes yeux quand soudain un courant d'air fit claquer une porte là haut. J'entendis également que quelque chose se cassa. Le son produit ressemblait à celui quand je faisais la vaisselle et qu'un saladier en pyrex m'échappait des mains. Je montai voir et avec effroi, je m'aperçus qu'il n'y avait plus de vitre à la fenêtre de ma chambre. Je passai la tête à travers l'encadrement en bois pour jeter un oeil dans la rue. Sur le trottoir, du verre s'étalait sur une longueur de plus de vingt mètres. Certains morceaux avaient pendant leur chute rayé les voitures qui s'étaient garées devant la maison. Il fallut que j'efface les traces de mes dégradations involontaires. Je commençai par fermer le volet puis je descendis dans la rue en claquette, un ballet dans une main, un ramasse-poussière dans l'autre. Je ramassai les morceaux sur le trottoir et les mis à la poubelle. 

Nous étions en novembre et pendant quelques nuits, j'eus du mal à dormir dans ma chambre car il y faisait un froid de canard. Au bout d'une semaine, Jacek se proposa de me changer le carreau. Suite à cela,  je pus retrouver le sommeil car il faisait enfin doux dans mon nid. 

 

  Les premières années passées à Lille, quand approchait le week-end de la braderie, je m'empressai de faire ma valise et de décamper sur le champ, avant que le million de visiteurs ne vienne prendre toutes les places libres en terrasse, s'entasser dans le métro, camper sur les jardins du champ de mars. Cette année là, je fis comme de coutume, je désertai Lille le vendredi en fin d'après-midi chercher la tranquillité chez mes parents à la campagne, pour ne rentrer que le dimanche dans la soirée. Quelques amis faisaient le chemin inverse. De l'aisne, ils montaient dans le nord, déambulaient dans les rues toute la nuit et se retrouvaient pour l'after à la maison. En rentrant à la collocation, je vis Jacek affalé dans le canapé en train de regarder la télé qui avait changé de look. Le cache en plastique à l'arrière de la télé avait été retiré, laissant apparaître circuits imprimés et autres composant électroniques à découvert.

_ Qu'est-il arrivé à la télé ?, demandai-je

_ Je ne sais pas, tout ce que je peut te dire c'est que William qui était salement amoché, essayait hier d'y brancher son disque dur externe et ce matin, quand je me suis levé, la télé était à terre, face contre le sol.

L'écran de soixante centimètres que j'avais récupéré dans le grenier de mes parents fonctionne toujours aujourd'hui bien qu'il soit tombé de tout son poids du haut du meuble qui la soutenait. On peut dire que c'est une miraculée.

 

smoky (2)   Afin de compenser le vide affectif qu'avait laissait Pumba dans le coeur de Choy lorsqu'il partit à la ferme, choy décida d'acheter un chien pour remplacer son compatriote. Un adorable petit Jack Russel femelle qu'il appelait "smoky". Tout le monde l'adorait à la maison. Nous consacrions beaucoup de temps à jouer avec elle. Dès que nous la délaissions un peu, la chienne allait chercher un bout de bois dans le jardin, nous le rapportait dans le salon à nos pieds pendant que nous regardions la télé, assis dans nos fauteuils. De là, sans bouger, nous lancions le bâton dans le jardin par la porte vitrée qui était la plupart du temps grande ouverte. Je précise bien qu'elle était ouverte que " la plupart du temps " car un jour, Smoky ramena un gros os qu'elle avait déniché je ne sais où et le déposa aux pieds de Miguel en attendant dans les starting bloks la langue pendante, que ce dernier le lance. Mon colocataire saisit l'os, le lança mais la porte-fenêtre était fermée. L'os finit sa course contre un carreau qui se fendit.

 

  Vous l'avez compris, il ne vaut mieux pas avoir du mobilier flambant neuf quand vous partagez le même toit à plusieurs et que votre séjour se transforme en piste de danse tous les week-ends. Notre canapé était un pure produit de récupération. Le jour où il commença sérieusement à s'affaisser, Miguel me dit :

_ La prochaine fois que le gros Lulu va s'asseoir dessus, il va se retrouver à terre et l'on pourra jeter le canapé aux encombrants.

Le gros Lulu était ce que l'on appelait une armoire à glace, culminant à une hauteur d'un mètre quatre vingt dix sept pour un poids de cent dix-sept kilos. Avec un tél physique, il ne pouvait forcément être que chauffeur routier. Quand sa tournée passait dans le coin, le gros Lulu s'arrangeait toujours pour découcher et venir passer la soirée à la maison où la plupart du temps il dormait dans l'étroit canapé.

  Finalement ce ne fût pas le gros Lulu qui mit le coup de grace au canapé. Se furent deux amies qui un peu éméchées s'assirent dessus simultanément avec la grâce de quelqu'un qui ne pouvait plus coordonner ses mouvements. Sous le choc, le canapé céda, ce qui nous fit rire dans un premier temps avant de demander goujatement :  "  Vous n'auriez pas pris un peu de poids les filles ? "

 

  Un soir, seul avec ma chérie, je décidai de disposer des bougies un peu partout autour de nous, dans le séjour. Je n'avais pas prévu un dîner aux chandelles mais nous étions bouffés au moustiques et j'espérai que l'odeur de citronnelle fasse comme un bouclier invisible qui nous protégerait de ces harceleurs ailés, le temps que nous regardions un film. A la fin de la projection, ma bien aimée voulu monter à l'étage. Elle grimpa deux ou trois marches de l'escalier quand elle se mit à crier de douleur. Sa main s'était posée sur la rampe d'escalier, pile à l'endroit où j'avais déposé une des bougie parfumée. La cire chaude s'était collée à ses doigts, ce qui provoqua chez elle un mouvement de recul. Ma jolie fit d'abord un pas en arrière, en secouant la paluche meurtrie puis elle effectua un deuxième pas en arrière et un autre jusqu'à ce que son popotin vint percuter la vitre en face de l'escalier qui céda net.

 

L'arche de Noé ; Un cochon, Un chien, un chat, un python royal et des poissons

 

Smoky le Jack Russel et Pumba le cochon et compatriote de Choi ne sont pas les deux seuls animaux que nous ayons eu à la maison. D'autres, d'horizons diverses ont été accueillis chez nous comme s'ils avaient été chez eux ou presque.... nainain2

Cela faisait maintenant plusieurs années que Francky avait racheté nainain à un particulier. Jacek lui avait construit un joli terrarium avec quatres plaques de pléxiglass qu'il avait assemblé. Souvent, quand je venais boire l'apéro chez Francky, je sortai le constrictor de sa cage en verre et je le laissai s'enrouler autour de mon cou. Je lui demandai aussi régulièrement de me prévenir le jour où il lui donnerait à manger car je voulai assister au spectacle et voir comment avec sa tête pas plus grosse qu'une épingle, il était capable de gober cinq souris vivantes en une heure.

Un jour, la petite amie de Francky quitta son travail dans un institut de beauté et voulut garder des enfants à domicile, ce qui lui permettait de pouvoir élever et voir grandir les siens. Comme il n'était pas de bon ton pour la constitution du dossier d'assistante maternelle de garder un animal qui avale tout rond ses proies sans même les mâchouiller, Francky pensa tout naturellement à moi pour garder son python royale. J'acceptai avec plaisir et aujourd'hui, nainain et toujours à la maison.

 

charly (1)Cela faisait trois semaines que ma cousines Ludi était partit vivre dans le sud, quand sa soeur jumelle m'expliquait au téléphone que Charly vivait depuis tout ce temps seul dans l'appartement, vidé de ses meubles et de ses occupants.

_ On ne peut pas le laisser comme ça !, m'indignai-je, comme tu as les clés, donnons- nous rendez-vous à l'ancien appartement de Ludi demain à dix-huit heures et je prendrai le chat avec moi !

Le lendemain, je vins délivrer le chat de sa prison. Malgré les conseils de prudence que me proférait Elo, le chat ne fit part d'aucune résistance quand je le pris pour le mettre dans sa cage. Depuis ce jour Charly un gros matou de treize ans vit avec moi. En gage de reconnaissance, il passe sont temps à me coller, à réclamer à manger et à se sauver dès que l'on entrouve la porte d'entrée, pour revenir miauler devant cette même porte et nous réveiller en plein milieu de la nuit. Depuis peu et à mon grand soulagement, il ne dégobille plus sur le sol de la maison après une bonne purge. Je ne comptais plus les fois où le matin pas encore réveillé, les yeux mi-clos j'étalai un mélange de bile et d'herbes prè-digérées, pieds-nus... On peut penser qu'il finit ses vieux jours heureux, lui qui n'avait jamais été en extérieur, passe la plupart de son temps dans le jardin ou sur le toit à regarder les passants.

 

Mona la petite amie de Choi, n'appréciait guère Smoky qui une fois qu'elle avait le dos tourné, montait dans la chambre du couple pour y dévorer jalousement ses petites culottes. Un jour, la " sans culotte " revint de son travail avec dans les bras une minuscule chatte d'été qu'on lui avait donné. La petite chatte arriva vite à maturité sexuelle et malgré nos conseils, Mona ne la fit pas opérer. Il fallut une bouteille de whisky que burent Miguel et Choi avant que les deux sentimentaux éliminèrent les petits chatons qui n'avaient pas encore ouvert les yeux. Ils décidèrent cependant d'en conserver un que la petite chatte allaiterait. Elle avait fait son nid dans un buffet où l'on avait laissé une porte ouverte et dans lequel on avait déposé des couvertures. Smoky restait là, assise des heures devant le buffet à regarder le félin et son petit d'un air interrogateur. Il fallut que nous laissâmes les trois animaux une fois seuls pour qu'à notre retour, nous trouvâmes le corps sans vie du petit chaton gisant sur la pelouse. Le Jack Russel l'avait subtilisé à sa mère et certainement en voulant jouer avec, elle lui avait tordu le cou.

 

Etat des lieux.

Il y en a partout ! Le banc de musculation qui n'a jamais servi prend la poussière. Dans le garage, le rameur qui grince à chaque coup de pagaie n'a plus navigué sur la dalle de béton depuis des lustres et repose auprès d'un V.T.T amputé de ses roues et d'un caddie ramené du Lidl du coin. A la cave, les vieilles poêles récupérées sur le chantier d'un restaurant bruxellois prennent la rouille. Le placard à l'étage est bourré de vieux draps et de blousons mangés par les mythes. Même le jardin est couvert de bambous, de pieds de citronnelles, liserons et autres vivaces plantés par un apprenti jardinier qui ne se doutait pas avec quelle voracité se propageraient ces envahisseurs rampants. Les murs sont décorés de tableaux, quelques uns réussis et réalisés par une artiste de passage. D'autres sont des œuvres collectives, des gribouillis dessinés par une bande de copains sous space-cake. Du côté de le cuisine, les couverts sont suffisamment démultipliés pour ne jamais être à découvert de couteaux et de fourchettes propres.

 

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Published by berenger - dans collocation
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