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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 12:27

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, surtout les dimanches matins. L’odeur du guatémaltèque pur arabica filtre à travers la cafetière italienne sur le réchaud et réveille les sens. Les croissants sont encore tièdes, un véritable régal que nous n’avons pas le temps de nous accorder en semaine. Je me sers une seconde tasse de jus, allume une cigarette avant d’entreprendre la confection d’un ragoût de lièvre à la Chimay Bleue.

J’ai fait revenir le lard coupé en dès, les oignons émincés, coloré les morceaux du gibier, déglacé le tout au vinaigre et ajouté la trappiste avec un bouquet garni. Ne reste plus qu'à attendre une bonne heure, le temps que Jeannot dépecé, démembré, cuise à feu doux dans sa cocotte en fonte "Le Creuset".

Je profite du temps libre pour faire une revue de la presse locale sur le web alors qu'à la télé, raisonne le générique familier de "Téléfoot". Je m'informe régulièrement de l'actualité en Thiérache depuis que j'ai quitté la région, toujours avec la même chronologie : D'abord, je consulte le site "lecourrierdhirson.fr", la version numérique du canard qu'achetait mon grand-père chaque semaine à la Maison de la Presse d'Hirson, avant de le lire, le prêter aux voisins de la maison de Wimy et enfin de le déposer chez mon père. Dans ses pages, je regarde les faits divers ( cette semaine une série d'incendies criminels auraient eu lieux dans les rues d'Hirson ), les informations sur la vie associative des village du canton, mais aussi la vie économique des entreprises implantées en Thiérache comme Givenchy et Heudebert à Vervins. Je jette également un œil sur la politique de proximité, en vérifiant si se sont toujours les mêmes élus en place et à la fin du numéro je me tiens au courant des résultats sportifs, surtout ceux de mon ancien club de foot de l'AS Ohis.

Sur l'autre écran, Christian JEANPIERRE envoie par une courte annonce la rubrique "Fastfoot". Une séquence m'interpelle particulièrement. Il s'agit d'une courte vidéo que j'ai déjà visionné sur un réseau social, dans laquelle un ancien camarade du lycée Joliot-Curie présenté comme un supporter de Bordeaux répondant au nom de Nicolas fait, avec l'aide de quelques effets spéciaux plutôt réussis, quelques tours de passe-passe avec le maillot des girondins. Je suis à peine surpris de le reconnaître sur TF1, à l'heure de la grande messe dominicale des fans du ballon rond.

Le quotidien l'Union- l'Ardennais offre une couverture territoriale plus étendue avec ses pages traitant de l'actualité nationale et internationale mais aussi de la région Champagne- Ardennes et de l'Aisne. Dans l'édition hirsonnaise il est question, d'après une étude parlementaire, de supprimer la ligne ferroviaire intercités Hirson-Charleville-Mézières jugée pas assez rentable par quelques technocrates. On a déjà appris par le passé de meilleures nouvelles par l'intermédiaire de ce média.

L'Aisne Nouvelle paraît plus centré sur le Saint-quentinois. Les résultats du S.Q.B.B, club phare du basket axonais, figurent souvent à la une. Certains thièrachiens pourront cependant s'informer des news de leur microcosme en cliquant sur les liens qui ouvriront les pages consacrées aux villes de Guise, St- Richaumont, Vervins ou encore La Capelle.

Enfin deux pages Facebook sont entièrement consacrées à la Thiérache, "J'aime la thièrache" et "Notre Thiérache". Inutile ici de vous les présenter, d'autant plus que j'ai l'impression que ça sent le brulé. Je crains que Jeannot reste collé, au fond dans la cocotte...

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 11:03

En cette rentrée, nos parents avaient cessé de nous suriner des " passe ton bac d'abord" depuis environ deux mois de cela. C’étaient les mêmes locaux, le même décor, le même bahut, seul notre statut avait changé. Nous n’étions plus de simples lycéens mais des étudiants dorénavant. Les surveillants n'avaient plus autorité sur nous, lorsqu'il s'agissait de nous contraindre à fumer dans la zone réservée à cette usage, délimitée à la bombe de peinture blanche par une ligne tracée au beau milieu de la cour. Les pions, à peine plus âgés que nous, étaient d'ailleurs devenus nos compagnons de biture les weekends au Pigeon Blanc.

Pour ceux, comme moi qui entamions un cycle d'étude supérieure, une voiture nous était devenue indispensable mais nous n’étions pas aussi riches que les gosses de "Beverly Hills". Nous ne roulions pas au volant de décapotables, de voitures prestigieuses comme des Corvette ou des Porsche. Nous promenions nos macarons siglés d'un grand A aux culs de Peugeot 205, Supercinq, d'Ax et même d'une Citroen Visa.

La tire la plus chouette, c'était celle de Pod, une 4L floquée de deux énormes autocollants Chimay sur les portières avant, et son klaxon reprenant la " Cucaracha"; la classe internationale... Nous étions informés de chaque allée et venue à bord de son véhicule, sous cette mélodie latino.

La caisse la plus assassine, était la propriété du belge ( nous l'appelions le belge car il avait un patronyme imprononçable comme Van...quelque-chose ), une Talbot Samba rongée par la rouille avec laquelle il faisait ronfler le moteur essence jusqu'au point de rupture. Un tas de bout équipé d'une puissante sono ( caisson, baffles, subwoofer... ) à vous faire saigner les tympans, lorsque Joey Starr hurlait à travers l'ampli saturé. Ses trajets se faisaient sous le martèlement des basses de l'album NTM 93 : ST-DENIS style !

La crédule et peroxydée Lolotte possédait une Visa bleue, la même que mon grand-père conduisait. Un jour, le pot de yaourt entra dans un tas de bois en marche arrière, parce que sa conductrice oublia de serrer le frein à main en se garant en épis sur la route de Blangy. " Ah bon ?", fit-elle quand une surveillante vint lui annoncer la nouvelle en classe, interrompant par nos éclats de rire et nos railleries, la leçon d'économie générale.

En ce qui me concerne, je me fis la main sur une Fiat ( Ferraille Invendable A Turin ) rouge, immatriculée **** WC 02... Une chiotte quoi ! Je finis par serrer le moteur sur l'A26 à 170 km en plein sur la voie de gauche, pied au plancher, alors que je doublai une BMW. Un coup de fil à AXA assistance, et je terminai le weekend avec une Corsa confort 1,4 l injection neuve.

Quant à Juju le parigot, qui devait se demander cette première journée de classe, ce qu'il était venu foutre ici, en Thiérache, il fût incapable de nous répondre à la question qu'on lui posait : "Et ti ? T'as quoi comme carette ?

_ Une quoi ?"...

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 16:07

Je n'ai pas d'autre choix, pas d'autre issue que de gravir ce rocher qui me paraît infranchissable. Observer et réfléchir, choisir le meilleur parcours, repérer le chemin le plus facile d'accès jusqu'au sommet, tels seraient les conseils que prodiguerait Bear Grylls en situation de survie dans son émission Man vs Wild, dans laquelle il a coutume d'escalader des falaises bien plus imposantes, à mains nues et sans filet. D'un côté, le mur de pierre semble friable, puisque essentiellement composé de schiste et recouvert d'une mousse verte, humide et très glissante. De l'autre, la roche formée majoritairement de silex paraît coupante, acérée comme une lame de rasoir. Il me faut grimper cette paroi qui se dresse devant moi, avant les autres. Je me focalise sur une brèche verticale, le long de l'obstacle, qui apparaît comme une cicatrice au milieu de la figure. Et si ma porte de sortie se trouvait là ? Je me concentre et tente de me remémorer les astuces formulées par l'ancien agent des forces spéciales au service de sa majesté, dans son show survivaliste : " Toujours garder au minimum trois appuis solides avant d'en chercher un nouveau ". Le temps presse, je dois me lancer, et c'est ce que je fais, non sans une certaine appréhension. Je lève le genou droit et glisse ma basket à l'intérieur de la crevasse. Je marque un temps d'arrêt, laissant s'écouler quelques précieuses secondes, puis pousse de l'autre jambe, les bras tendus en l'air afin de m'agripper de mes dix doigts à une petite corniche. Ne me reste plus qu'à réitérer la même opération plusieurs dizaines de fois pour arriver au point culminant, à une quarantaine de mètres du sol. Dépêchons ! Mon pied est coincé à l'intérieur de la fissure. J'essai de l'extraire péniblement, en me faisant aussi plat que possible, me collant de toute la surface de mon corps contre le bloc. Je manque de perdre l'équilibre mais parviens à m'extirper du piège dans lequel j'étais pris. L'horloge tourne et je vais me faire rattraper. Mes muscles sont tétanisés, mes doigts engourdis, le sang bat dans mes tempes. Ne pas regarder en bas. Toujours avec une chaussure dans la trouée, je m'accroche cette fois à un petit arbre qui pousse à l'horizontal de la caillasse. L'arbrisseau plis mais ne rompt pas. J'ai le souffle court, biceps, quadriceps ne sont plus suffisamment oxygénés. Mes forces me quittent peu à peu. Je lutte mentalement pour ne pas lâcher. Je suis à bout. Ma semelle glisse, mes mains me lâchent, je tombe. Aaaaaaaaaaaaaaaah !

Heureusement,, mon camarade de classe qui s'occupait de l'assurage était resté attentif tout du long de ma lente progression. Je sortis idem de ma chute à... deux mètres vingt de hauteur ! Cette sortie scolaire au Pas Bayard me permit de découvrir que l'escalade n'était vraiment pas ma tasse de thé. Cependant, s'il y a des lecteurs que cela tentent, ils peuvent toujours contacter le Thiérache Sport Nature pour une session en haute altitude.

Le Pas Bayard.

Le Pas Bayard.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 14:19

Nous étions 3 ou 400 à investir dix mois dans l'année ces lieux désuets, faisant autant de dégâts dans cet établissement en décrépitude qu'une colonie de termites, dans le tronc d'un arbre mort.

Dans la cours, les buts n'avaient pas de filet, les pissenlits poussaient dans les brèches creusées dans le macadam par le temps, la pluie et le gel. Quelques carreaux manquaient aux fenêtres. La peinture sur leurs cadres en bois s'écaillait. Les portes et les murs des toilettes étaient recouverts de poèmes amoureux, de messages de rage, de désespoir et de haine, de dessins humoristiques, de caricatures de surveillants, démontrant que se cachaient parmi nous, de véritables âmes d'artistes en herbe. Le deuxième étage qui abritait autrefois un internat, nous était interdit d'accès. Pour y accéder, il y avait un grand escalier. Les marches craquaient des qu'elles étaient foulées par quelques paires de baskets Nike, Adidas ou Reebok Pump et du plâtre tombait du plafond sur nos chères têtes blondes. Le mobilier était usé. Sous nos bureaux, les vieux chewing-gum desséchés pullulaient comme une poussée d'acné sur le visage d'un pré-puberts. Quelques lattes manquaient sur le parquet, probablement envolées dans les sacs à dos de quelques petits plaisantins.

Certains enseignants représentés eux-mêmes les vestiges d'un époque révolue. Ceux qui étaient proche de la retraite avez vu passer des générations de potaches et ils cofondaient parfois, pendant l'appel ou lors des réunions parents-profs, les prénoms de leur élèves du trimestre en cours avec ceux des parents qu'ils ont eu une trentaine d'années plus tôt. Le numérique n'avait pas encore fait son entrée dans les classes, les feutres n'étaient pas démocratisés et les professeurs utilisaient toujours la craie jusqu'au dernier centimètre pour écrire de leurs mains poussiéreuses au tableau. A la fin de chaque heure de cour, un fayot était désigné pour effacer la leçon à l'aide d'un épais tampon avec un manche en bois.

La salle d'étude était vaste et souvent remplie d'élèves en retenue. L'espace raisonnait avec une fréquente régularité des cris autoritaires des pionnes. Si nous nous retrouvions en permanence le matin dans le créneau entre neuf et dix heures, il fallait jouer des coudes pour se faire nommer en binôme comme celui qui ira faire le tour des salles de classes, recenser les élèves demi-pensionnaires qui mangeront des épinards que notre cuisto avait concocté les matins même où les agents d'entretien avait tondu la pelouse du bahut. Nous ne possédions pas de cantine. Le midi, il fallait prendre le bus jusqu'à la ZAC d'Hirson pour déjeuner en compagnie des élèves de quatrième et de troisième qui étudiaient désormais dans cet annexe plus moderne avec son réfectoire. Pour nous préparer à un futur proche, on restait une après-midi par semaine dans les nouveaux locaux pour les travaux pratiques en technologie. Ces vendredis après le déjeuner, nous étions pendant les récréations les souffre-douleur des plus grands qui roulaient des mécaniques. Mais dès le lundi matin, nous regagnions nos quartiers dans ce vieux grenier allergène où nous avions nos habitudes.

La leçon de sciences-naturelles, aussi longue était-elle il fallait quand nous la recopions, qu'elle tienne sur une page au format A4 et pas une de plus. Nous ne sautions aucune ligne sur des feuilles à petits carreaux écrivant aussi dans la marge et de plus en plus petit au fur et à mesure que l'on s'approchait du bas de page. Et si l'on avait pas fini de retranscrire ce qui était au tableau au moment où la sonnerie retentissait, nous nous faisions sucrer la pause de dix heures.

Les contrôles de sciences physiques n'étaient qu'une simple formalité. Il suffisait de pomper le livre posé sur nos genoux, pendant que le savant fou, qui exerçait un dernier cycle au bout d'une longue carrière, dormait à poings fermés. Parfois, nous le réveillions en sursaut, en claquant d'un grand coup les deux paumes de nos mains sur le carrelage du labo, avant de replonger le nez sur un schéma du courant alternatif en essayant de contenir nos ricanements.

Le principale était craint de tous avec ses méthodes d'éducation à l'ancienne. Si l'on se retrouvait malencontreusement dans son bureau deux alternatives punitives s'offraient à nous. Soit nous avions à recopier x fois le règlement intérieur selon la gravité de nos faits, soit nous avions droit au châtiment de "la grande tarte dans la gueule". Un ami eut une fois cumulé les deux punitions successivement en l'espace de 24 heures. Le premier jour, il eût à recopier quatre fois le règlement intérieur pour je ne sais quelle bêtise commise, le lendemain, lorsqu'il remit les douze copies doubles à la plus haute autorité qui nous dirigeait, il se prit une gigantesque "tarte dans la gueule" car il était visible qu'il avait utilisé du papier carbone.

Le coach d'éducation physique et sportive fumait comme un sapeur. Pongiste de bon niveau au club hirsonnais, il était lui aussi adepte du " grande tarte dans la gueule". Les bigleux avaient un avantage sur nous quand il s'agissait d'en prendre une, car elle était toujours précédée d'un " toi, enlève tes lunettes"... Bam ! Ceux qui ne portaient pas de binocles, se mangeaient un mémorable coup droit d'une tarte à cinq doigts sans avertissement. Lorsque nous étions d'humeur trop chahuteuse, plutôt que de jouer au football ou au volley, nous avions droit à une séance de yoga, de relaxation et nous arrivions alors l'heure qui suivait en mathématique doux comme des agneaux.

Denver, c'est comme ça que nous appelions la matheuse à cause de son embonpoint et parce qu'elle portait toujours une blouse verte, ne faisait pas de crise de larmes ces jours là.

En français, il ne fallait point dire de gros mots. Enfin, moins qu'ailleurs je veux dire... L'homme lettré chargé de nous transmettre son savoir portait un nom à multiples particules et avait des manières tout à fait aristocratiques. Le contraste était saisissant. C'est un peu comme si vous embauchiez Ariel Wizman, bobo parisien de Canal +, à ramasser les pommes à cidre un automne pluvieux durant quinze jours perdu au milieu de nos pâtures...

C'était au début des années 90, l'annexe du collège Georges Cobast à Hirson, rue Camille Desmoulins, vivait ces dernières heures avant une fermeture programmée de longue date.

Collège Camille Desmoulins ( Hirson ).

Collège Camille Desmoulins ( Hirson ).

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 16:46

J'eu une fois par le passé contacté Raymond, loueur de canoës et de V.T.T. C'était à la mi-juillet, à mon retour de Gênes. Mais comme la météo convenait plus aux herbagers, qui craignent une sécheresse dès que nous rencontrons trois jours d'ensoleillement consécutifs, qu'aux amateurs d'activités en plein air, je n'eu pas d'autre choix que d'annuler cette réservation. Peu avant le weekend du 15 Août un anticyclone avait déposé ses valises juste au dessus de la France. Evelyne Delliat est formelle, le soleil serait bien présent et une vague de chaleur inonderait l'hexagone dans les jours à venir, même en Thiérache où sont climat humide est réputé être un véritable enfer pour les asthmatiques. Une occasion comme celle-ci ne pouvait pas se représenter de si tôt. Je décidai donc de quitter la ville de Lille le samedi matin pour la verdoyante campagne thièrachienne, habillé de tongs et d'un maillot de bain sous mon short je prenais la route direction Autreppes, petit village situé en plein cœur de la vallée de l'Oise. La base nautique est signalée à l'entrée de la commune, à côté de l'axe vert. Je me présentai à des personnes sous un barnum à l'abri des U.V. Ces dernières consultèrent un listing où mon nom apparaissait. Je payai la somme de douze euros au moyen de chèques vacances. Puis, enfilai un gilet de sauvetage, empruntai un bidon de plastique dans lequel j'enfermai à l'abri de l'humidité appareil photo, téléphone et d'autres objets qui craignaient l'eau. Je saisissais une pagaie à la volée, avant de trainer mon kayaks jusqu'à la rivière. Me voilà partis pour un parcours de dix kilomètres entre Autreppes et Englancourt sur les traces de Stevenson, l'auteur écossais du célèbre Dr Jeckyll and Mr Hyde qui emprunta la même voie d'eau que moi à ce moment et écrivit à ce propos : " L'air était pur et doux parmi tous ces champs verts et toutes ces choses vertes qui poussaient. Rien qui indiquât l'automne, dans le temps. Et quand à Vadencourt, nous nous embarquâmes au bord d'une petite prairie, en face d'un moulin, le soleil perça les nuages et fit resplendir toutes les feuilles dans la vallée de l'Oise, nature qui frappe davantage l'oeil de l'homme." Contrairement à l'Ardèche, au gorges du Verdon ou à celles du Tarn, l'eau n'était pas transparente ou bleue turquoise mais trouble avec des algues fleuries et des nénuphars. Pas suffisamment cependant pour m'empêcher d'apercevoir quelques poissons, quelques alvins qui filaient à l'anglaise dès que je m'approchai d'eux, avec mon embarcation. Poules d'eau, canards, balbuzards et quelques vaches qui descendaient des pâtures s'abreuver dans l'eau sont les autres animaux que je croisai pendant ma descente tranquille. J'eu même l'occasion de sauver une taupe de la noyade, elle qui luttait dans les eaux vives à regagner la terre ferme malgré ses puissantes pattes antérieures. Du côté de l'architecture, j' aperçu quelques églises fortifiées, un vieux moulin et une centrale hydro-électrique. La navigation fût aisée, l'eau était assez profonde, les berges assez distantes l'une de l'autre pour me laisser transporter sans difficulté, en donnant de temps en temps quelques coups de pagaies pour rester dans la bonne direction. En un peu plus de deux heures seulement, j'arrivai à l'embarcadère d'Englancourt où il me suffit de téléphoner pour qu'une navette vint me récupérer à toute vitesse. Je sentais la vase et ma peau avait rougie par une surexposition au soleil mais c'est bien aise et heureux que je regagnai le point de départ. Peut-être que la prochaine fois, désormais que j'apparaissais comme un navigateur chevronné, dignitaire successeur d'un Magelan, Marco Polo ou Christophe Colomb, je tenterai une plus longue traversée de quinze kilomètres au minimum.

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 07:31

C'était le lieu de nos excursions dominicales quand grands- oncles et grands- tantes venaient de Soissons, Reims ou Château- Thierry, manger en famille le midi à Wimy. Le repas terminé, je m'installai à l'arrière d'une deudeuche, d'une 4 L ou d'une Citroen Visa conduite par Guy, Jean ou Daniel, l'un des frères de mon grand-père ou par Riton ou René, l'un des frères de ma grand-mère puis nous foncions en direction de Macquenoise. La Thiérache n'a pas de frontière, elle dépasse le cadre départemental. Plurirégionale, internationale même, elle s'étend jusqu'à une partie de la Belgique walonne. C'était avant les accords Schengen. Les douaniers veillaient au grain sur la ligne de démarcation qui séparait les deux pays. Mon père se vit un jour refuser l'entrée en Belgique avec sa Renault Horizon, parce qu'il n'avait pas collé à l'arrière de la voiture l'autocollant flanqué d'un "F". Il du aller en acheter un à pied, de l'autre côté de la frontière, au café de la douane. Le lundi suivant, dans la cour d'école de Neuve- Maison, je me vengeai sur un certain W. Rosbeef, que l'on appelait " beefsteack", lui même fils de gabelou, en lui faisant plonger la tête la première dans une grande poubelle en plastique où les écoliers jetaient leur emballage de bonbecs et autres papiers gras. Les anciens allaient là bas à plusieurs voitures qui se suivaient en file indienne, comme une caravane dans le désert. Le but principal de ces périples était de faire le plein de leur voiture, acheter du fioul pour le feu à pétrole, remplir le bar de bouteilles de Porto ou de Martigny, ramener des cartouches de cigarettes et des boîtes de cigares pour les amis, sans oublier les fameux chocolats belges, des Leonidas et quelques barres suisses de Toblerone géants. Les commerces étaient beaucoup plus nombreux de ce côté de la lisière, avant le libre-échange. Parfois, on s'aventurait un peu plus loin, jusque Chimay. Nous visitions son abbaye, ses sous- terrains, avant de nous installer à une terrasse sur la place pavée où je commandais un Cécémel tandis que ceux qui étaient majeurs et vaccinés, sirotaient une trappiste rouge, blanche ou bleue, dont la réputation n'est plus à faire dans le monde entier. Lorsque l'on s'attardait un peu trop longtemps, nous mangions le soir à l'intérieur d'une " friture " une " mitraillette ", ce que l'on appel en France " un américain ", nappée de sauce bicky.

Assis devant l'un des nombreux écran du Kinépolis de Lomme, le plus grand cinéma de France, j'entame un gigantesque sceau de popcorns tandis que la lumière se tamise peu à peu jusqu'à ce que nous soyons tous, dans la salle n° 20, dans le noir complet. Son premier film derrière la caméra a été accueilli avec une ferveur triomphale dans l'hexagone et même à l'étranger, où quelques remakes ont été adaptés comme en Italie par exemple. Son deuxième film comme réalisateur sera t'il aussi drôle et autant couronné de succès ? Peu importe, si je suis venu dans ce cinoche avec son entrée grande comme un hall d'aéroport, c'est dans l'espoir de reconnaître dans cette nouvelle comédie, des décors qui me sont familiers. Dès la première scène, malgré la neige artificielle, on reconnaît instantanément le café de la douane, puis celui qui fait face " Chez Marianne ". Même les postes de douanes rénovés et redécorés pour les besoins cinématographiques semblent fidèles aux souvenirs que j'en avais. Seul le nom de ce petit village limitrophe a changé. Macquenoise est devenu Courquin dans la fiction. Dany Boon avait choisi comme cadre la Thiérache pour tourner son second film et diriger des acteurs prestigieux comme Benoît Poelvoorde, François Damien ou encore Karin Viard. Une avant- première avec sa panoplie d'acteurs s'était tenue au cinéma le Sonhir d'Hirson et depuis, à l'ancien poste frontière, on peut voir quotidiennement, surtout en été, des badauds photographier une étrange voiture des douanes, une 4 L gonflée et customisée, la même que l'on voit dans le film " Rien à déclarer ".

Quelque chose à déclarer.
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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 12:13

Jeannine et Fernand dont l'exploitation est installée à Origny en Thiérache, forment un couple d'herbagers mariés depuis plus de cinquante ans.

Durant leur première année de vie commune, leur idylle était douce et soyeuse comme dans du coton.

Au bout de dix ans, la passion s'était peu à peu étain.

Après quatorze ans, leur amour avait pris du plomb dans l'aile.

A leur vingtième anniversaire de mariage, leur couple était devenu fragile comme de la porcelaine.

Cinq ans plus tard, la production de lait ne rapportait plus assez d'argent, ce qui n'arrangeait pas les affaires du ménage.

Trente sept ans après s'être passés la bague au doigt, ils s'entredéchiraient le cœur comme du vulgaire papier mâché.

Un demi- siècle après le jour ou ils se passèrent la corde au cou, ils ne se disputaient même plus, préférant se taire car parait-il, " Le silence est d'or".

Leur ferme était une exploitation à l'ancienne. Elle ne fit l'objet d'aucun investissement nouveau depuis qu'ils la reprirent ensemble et le tas de fumier gisait encore dans la cours.

Un matin à la fraîche, alors qu'ils faisaient la traite encore manuellement, avec le petit tabouret de bois et les sceaux en métal, au milieu d'une pâture au lieu dit D'entre Deux Bois, le désir ressuscita dans la tête de Fernand :

" _ Jeannine, à triturer le pie de cette Prim'Holstein, ça me rappelle le bon vieux temps. Tu te souviens ? Quand on faisait l'amour derrière les murs en torchis, sur la paille, dans la grange de tes parents à la Demi-Lieu ?

Alors la grand-mère cria au loup :

_ Wouhouuu ! La vache, si je me souviens. Et quand tu m'arrangeais aussi dans les pâtures ? Tu installais une couverture à l'ombre d'un pommier à cidre et... Crack !

_ Si on le refaisais là ? Tout de suite ! Le long de la clôture au bon souvenir de l'époque ?

La clôture ne comportait pas de barbelé alors ils firent leur affaire que la descence m'interdit de développer les détails. Cinq minutes plus tard, heureux et comblé, Fernand se rhabilla puis lança ce commentaire :

" _ Dis-moi la Jeannine. J'ai pas le souvenir qu'à vingt ans, tu remuais autant ?

_ C'est qu'à vingt ans, les clôtures n'étaient pas électrifiée !!!"

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 18:24

Enfant d'une famille recomposée, je décidai de partager mes quinze jours de congés d'été entre papa et maman. Je passai d'abord une semaine de repos chez mon père à Neuve-Maison en Thiérache puis l'autre, en Normandie chez ma mère plus précisément à Appeville-Annebault dans l'Eure.

Au cours de ma première semaine de vacances dans l'Aisne, je redécouvris les spécialités culinaires thiérachiennes . Je goûtai le fromage qui fait la fierté de la région, l'odorant Maroilles, accompagné d'un verre de cidre pressé au village. Le matin, je déjeunai un grand bol de lait tiré par l'éleveur herbager voisin, puis un verre de jus de pommes issu du même producteur.

Ces quelques jours passés dans la communauté de communes des trois rivières, étaient ponctués par quelques balades dans les bocages, où les Prim'Holsteins broutaient l'herbe grasse à l'ombre des pommiers. Je fis également quelques promenades sur l'ancienne voie ferrée "l'Axe Vert" puis dans la forêt de St-Michel, guettant si après un orage, les cèpes d'été et les girolles pointaient leur nez.

Comme les paysans du coin le disent " En Thiérache, c'est soit il a plu, il pleut ou il va pleuvoir ". C'est donc entre deux averses, appareil photo à la main que je fis l'inventaire du patrimoine architectural de la région. Je visitai d'abord les ruines du château de Guise, ensuite, je marchai dans le cloître de l'Abbaye de St-Michel, observai les granges fabriquées avec du torchis et enfin pris la voiture pour recenser les nombreuses églises fortifiées érigées dans la région.

Finalement, je conclus cette huitaine de jours en me rendant le dimanche à l'hippodrome de La Capelle, pour parier sur quelques chevaux, ce qui ne me rapporta pas un radis.

La seconde semaine, je fis un tour d'horizon de la gastronomie normande. Je testai d'abord le nauséabond Livarot avant d'autres fromages au lait cru. Pour faire passer, je bus du cidre fermier de la ferme voisine. Le matin, je déjeunai des tartines beurrées du beurre de cette même ferme avant d'avaler un grand verre de jus de pommes pressées dans le département.

Pendant mon escale dans l'Eure, j'errais dans les bocages, entouré de vaches normandes qui mastiquaient l'herbe riche aux pieds des pommiers. Je randonnais également sur la voie verte, une ancienne voie de chemin de fer et après quelques épisodes orageux, j'allai à la cueillette aux champignons dans la forêt de Monfort.

La Normandie est réputée pour son climat humide. Je profitai alors de quelques rares éclaircies pour shooter avec mon bridge quelques bâtisses typique de la région. J'allai dans un premier temps voir, les ruines du château de Brionne, ensuite j'entrai dans la cours de l'Abbaye du Bec Helloin, j'admirai également les granges en colombages avant de dénombrer les clochers des petits villages aux alentours.

Enfin, mon séjour se termina par une après-midi à l'hippodrome de Deauville. Je misai sur un super-tocard et quelques autres bourrins qui me rapportèrent pas un rond.

Une pensée pour tous les Thiérachiens qui ne partiront pas en vacances cet été, quelques soient les raisons, de santé, financières, familiales, professionnelles... Consolez-vous en vous disant que si la Thiérache est parfois surnommée " La Petite Normandie", et ce n'est pas pour rien...

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 18:41

Assis du haut de nos montures, un chapeau sur la tête, un pistolet en bandoulière, la carabine à plombs dans les mains, nous étions prêts à parcourir les grands espaces thiérachiens.

Nous nous étions armés pour parer à des éventuels attaques d'animaux de la faune locale. Quelle bête féroce aurait pu se mettre en travers de notre chemin ? Un renard enragé ? Une laie qui protége ses petits ? Une attaque de corbeaux comme dans le film d'Hitchcock ?

Nous avions rempli notre paquetage de pommes à cidre encore vertes, de mures et de feuilles de tilleul pour faire des infusions. En chemin nous trouverions surement des noisetiers sauvages ou peut-être ferions nous de la salade de pissenlits ? Nous connaissions les endroits où gisaient quelques sources où nous pourrions nous désaltérer.

Tél le cowboy Lucky Luke à la fin de chaque album, nous partîmes au coucher du soleil. Nous montions à cru. Au petit trot, nous longeâmes d'abord l'ancienne voie de chemin de fer, devenu aujourd'hui " l'axe vert ". Sous le regard impassible d'un troupeau de vaches, nous traversâmes au pas la pâture aux coucous. Nous l'appelions ainsi parce que la fleur des talus pullulait toujours à cet endroit chaque printemps. Ourasi et Joly Jumper avancèrent de plus en plus lentement et avec de moins en moins d'assurance quand il fallut descendre puis remonter les flancs escarpés du Fond des Rochs d'Ohis. Dans la cuvette du vallon, nous passâmes devant une petite chapelle, alors nous ôtâmes nos coiffent et fîmes notre signe de croix avant d'entamer l'ascension par l'autre côté. Les bêtes peinèrent à gravir la pente et quand elles arrivèrent la haut, au bord du champ de mais, elles refusèrent d'avancer d'avantage. Nous n'avions pas d'éperon sur nos bottes en caoutchouc. Nous cueillîmes quelques épis pour leur donner à manger. Nous grignotâmes aussi quelques grains jaunes comme l'on dévore du popcorn devant un western de La Dernière Séance. Il fallait que nous chevauchâmes à nouveau Ourasi et Joly Jumper mais les animaux étaient à bout de force. Nous étions parti depuis à peine une heure, avions parcouru juste un demi kilomètre et déjà notre périple s'arrêtait là.

Les chèvres du petit voisin, ce n'était pas les chevaux de l'hippodrome de La Capelle. Il était vingt et une heure, nous dûmes nous dépècher de rentrer, nos parents commençaient à regarder leur montre !

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 18:36

Ou quand Johnny à l'idée de venir chanter à Neuve- Maison...

" _ Neuve- Maison Est-ce que vous êtes là ?

_ Ouiiiiiiiiii !

_ Alors on vas vous allumer le feu !

_ Y a t-il des gonzesses axonaises ce soir ?

_ Ouiiiiii !

_ ça Tombe plutôt bien parce que j'ai une chanson pour vous. ça s'intitule : Ma gonzesse.

_ Parce qu'on sait jamaiiiiis. Mééééh...

Qui aurait cru qu'à la fête de Neuve- Maison on pourrait un jour faire un selfi et partager, dans la salle des fêtes de la commune, un verre de whisky avec l'idole des jeunes, notre Johnny national ?

Qui aurait imaginé, même dans ses rêves les plus fous, que Renaud serait venu tantôt se biturer sous le chapiteau, monté à l'occasion sur la place municipale, avant de cracher des "tatatin" sur scène, la bouche en mitraillette ?

Quel esprit tordu aurait parié sur la présence d'un Christophe Maé venu beugler dans nos bocages ?

Mères, belles mères et surtout grands mères de Thiérache désiraient ardemment pouvoir, une fois dans leur vie, glousser devant la plastique, la chevelure et le timbre d'un Frederic François et leurs vœux s'exaucèrent.

A mon grand étonnement et à l'instar du Stade de France, le centre-village de Neu-Neu était devenu "The place to be" où tous les troisièmes weekends de juin, on pouvait entonner les refrains de Marche à l'ombre, de Laura et autres trémolos vocaux.

Le comité des fêtes de ce petit patelin avait-il joué et gagné au loto pour attirer, depuis quelques années, toute cette pléiade d'artistes ? Le bourg avait-il supplanté St-Tropez dans le cœur des célébrités ?

Il fallut juste un peu d'astuce et de malice, de ruse et quelques bonnes idées pensées par les organisateurs ruraux en événementiel. Tout simplement, en employant des sosies, beaucoup moins onéreux en terme de cachet mais pour certains, aussi gourmands et épris de boisson...

The place to be
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