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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:52

    Dans le cadre d'un jeu concours ( je fais souvent des jeux concours, surtout depuis que j'ai gagné une croisière en Norvège ) il me fallait me livrer à un exercice d'écriture qui consistait à rédiger la biographie d'un catcheur.
Souvent le weekend, il m'arrivait autrefois de regarder Raw ou Smackdown sur NT1 parce que les désopilants commentateurs ( Christophe Agius et Philippe Chéreau ) me faisaient marrer. Voici donc ma biographie de Rey Mystério :

    Nulle ne sait qui se cache derrière son masque. Malgré des années passées à combattre devant des milliers de personnes sur des rings aux quatre coins des Etats-Unis, le mystère demeure entier. Aucun paparazzi, aucun adversaire n'a su dévoiler son vrai visage. C'est à se demander si sa propre mère et sa femme savent à quoi il ressemble.
Cependant, nous avons tout de même quelques indications sur lui. Nous connaissons son pays natal, le Mexique, là où le catch est aussi populaire que le football en Italie, le rugby en Nouvelle-Zélande ou encore le baseball... au Japon. Les initiés savent aussi que ses caractéristiques physiques sont peu communes pour un catcheur, puisque de petite taille par rapport aux mastodontes que sont les Marc Henry, Battista, Big Show et consorts. Le fait qu'il soit plus proche du tapis que ses concurrents ne constitue en aucun cas un désavantage pour ce combattant, qui compense son manque d'altitude par une agilité à faire pâlir Tarzan et n'importe quel autre primate, jouant des cordes pour se propulser dans les airs, voltiger et tomber sur ses ennemis comme un rapace pique sur sa proie.

 

    Son style si spectaculaire, alliant souplesse, énergie et ruse font de lui, l'un des gladiateurs des temps modernes les plus adoubés chez les enfants, et leurs parents. Constituant l'un des plus beaux palmarès mondial dans sa discipline, Rey Mystério est un mythe vivant. Et pour que chaque mythe demeure, il doit rester une part de mystère, quelques secrets qui ne seront jamais dévoilés.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 15:38

L'olympique de Marseille est le club français le plus populaire avec le plus grand nombre de supporters dans le monde. L'OM, club au palmarès bien garni est également la seule équipe hexagonale qui remporta la ligue des champions. Mais l'aura dont les phocéens bénéficie, est-elle justifiée ?

Marseille, ses points forts

Le palmares

La vitrine des trophées de l'OM est bien fournie. Neuf fois champion de France, la plupart des titres conquis entre 1987 et 1992, l'Olympique de Marseille précède l'AS Saint-Etienne, au nombre de championnats remportés.

En revanche, l'OM est recordman du nombre de coupes de France détenues avec 10 titres et il est l'unique club de ligue 1 à avoir remporté une finale de ligue des champions.

Son grand rival le PSG a, lui aussi, remporté un titre européen, mais ce fût dans une compétition moins prestigieuse, la coupe des coupes disparue depuis.

Les nombreux titres nationaux remportés et sa victoire en coupe d'Europe en 1193 font de l'OM le club français le plus huppé..

Le stade

Le vélodrome à une capacité de 60 000 places, devant le PSG (45000 places) et Lyon (42000). Marseille possède le plus bel outil de travail de France, puisque le SDF qui compte 80000 places n'accueille pas de pensionnaires de Ligue 1.

Actuellement en rénovation en vue d'accueillir l'Euro 2016, le vélodrome va s'étendre de 7000 places et se doter d'un toit.

Les supporters

Comme souvent en Méditerranée, le public de l'OM est réputé bouillant les jours de matches à domicile. Avec 42000 abonnés, Marseille possède le public le plus passionné de France, là où le foot est une véritable institution.

Une fois le stade couvert, après les travaux de rénovation évoqués précédemment, cela permettra aux ultras, avec les effets de résonnance et une meilleure acoustique, d'exercer une pression supplémentaire sur leurs adversaires qui le reconnaissent déjà : "Il n'est jamais facile de jouer à Marseille".

Des joueurs légendaires

Outre les champions du monde 1998 (Barthez, Desailly, Deschamps, Blanc, Pires, Lizarazu), l'OM accueillit une flopée de joueurs de grande classe, principalement sous l'ère Tapis (Cantona, Waddle, Papin, Voller, Pelé).

L'OM continue d'attirer des joueurs de talent en Provence ( Cissé, Drogba, Lucho ). Ces grands noms allignés ensemble constituraient l'une des meilleures équipes de tous les temps, si l'on se réfère à la carrière que connurent ces joueurs.

En conclusion

Bien que le club connut une période difficile après l'affaire OM-VA et sa destitution du titre national en 1993, Marseille est revenu sur le devant de la scène.

Palmares, public, stade et grands joueurs, L'olympique de Marseille constitue la plus belle pub pour le foot français aux yeux du monde.

OM vs Girondins de Bordeaux
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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 09:46

Le mot "judo" signifie, en japonais, "la voie de la souplesse". Cet art martial fût fondé par Jigoro Kano en 1882. Un jour d'hiver, le créateur de ce sport de combat remarqua que les branches les plus robustes des arbres cassaient sous le poids de la neige, alors que les branches les plus souples, comme le roseau, fléchissaient, mais ne rompaient pas. C'est ainsi que naquit cette discipline. Les ceintures, au judo, reflètent les aptitudes d'un judoka à maîtriser les techniques de ce sport.

De la ceinture blanche à la ceinture marron

Pour tout judoka, obtenir la ceinture noire (le grade de ceinture de judo le plus élevé) est le but ultime. Cependant, cela s'avère être un véritable parcours du combattant.

Tout débutant commencera à pratiquer le judo avec une ceinture blanche. Au fur et à mesure de sa progression dans la maîtrise des techniques de ce sport, le judoka passera des grades correspondant à différentes couleurs de ceinture de judo.

Ainsi, de ceinture blanche, le débutant passera à ceinture jaune de judo, puis ceinture orange, ceinture verte, ceinture bleue de judo, et dernière étape avant la ceinture noire, la ceinture marron.

Un certificat d'aptitude est remis à chaque passage de ceinture aux nouveaux gradés.

Des ceintures bicolores (banche-jaune, jaune-orange...) et une ceinture violette (entre la bleue et la marron) sont également décernées pour récompenser les élèves méritants, qui sont trop jeunes pour passer dans une catégorie supérieure.

De la ceinture marron à la ceinture noir

Une fois que vous avez obtenu la ceinture marron, il vous faudra faire preuve de vos compétences pour obtenir la ceinture noire. A titre d'exemple, l'examen de passage à la ceinture noire est un peu l'équivalent du baccalauréat dans notre système scolaire.

D'abord, pour prétendre à la ceinture noire, il faut être détenteur de la ceinture marron depuis un an minimum.

Il conviendra aussi de passer avec succès l'examen de mise en situation pratique "des connaissances de l'environnement d'organisation de manifestation sportive".

Ensuite, le judoka devra se présenter à l'examen du kata. Les katas sont en quelque sorte un simulacre de combats dans lequel les attitudes, le protocole et la bonne exécution des techniques exactes seront jugés.

Enfin, le judoka devra faire ses preuves en compétition. Le combattant devra totaliser un nombre de 100 points, ou enchaîner cinq victoires consécutives et 44 points au cours d'une même compétition pour valider son test; un ippon vaudra alors 10 points, alors qu'un wazza ari équivaut à 7 points.

Pour finir, sachez que l'obtention de la ceinture noire n'est pas une fin en soi. Elle ouvre ensuite la porte à l'accession à des grades supérieures, pouvant aller jusqu'à la cinquième Dan, voire plus.

West Point wins Judo National Championships
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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 08:16

Durant la saison 2010-2011, la France a été la nation la plus représentée en NBA avec un contingent de plus de dix joueurs qui ont tenté leur chance dans la ligue de basketball la plus relevée de la planète.

Cependant, tous n'ont pas connu la même réussite qu'un Tony Parker ( trois fois champion NBA ou d'un Joachim Noah qui pour sa deuxième année avec les Bulls a figuré parmi les meilleurs rebondeurs de la saison.

Certains ont su tirer leur épingle du jeu ( Boris Diaw, Rodrigues Beaubois ), pour d'autres, l'adaptation au style de jeu de la ligue nord-américaine a été plus difficile.

Ainsi, nous avons assisté l'année précédente au retour de Mickael Gelabale dans notre championnat national, lassé qu'il était de cirer le banc de sa franchise.

Pourquoi les tricolores ont rencontré aux States des fortunes aussi diverses ? C'est surement par ce que ce sport n'est pas tout à fait le même sur le vieux continent et outre-atlantique.

Le physique

Ce qui a le plus choqué nos " petits frenchy " lorsque ils ont débarqué sur le nouveau monde, c'est la masse de travail physique qui leur a été imposé durant les camps d'été.

Les heures passées sur les bancs de musculation tendraient à prouver qu'en NBA, l'explosivité et la rapidité seraient privilégiées à la technique et au sens tactique chez un joueur.

Les règles

Rares sont les sports dont les règles diffèrent d'un continent à un autre. Pourtant, même si l'on tend vers une uniformisation le basketball fait partie de ceux-là.

À titre d'exemple, citons deux différences flagrantes :

  • Selon les règles FIBA, un match se décompose en 4*10 minutes alors qu'en NBA, un quart-temps dure 12 minutes.
  • En France, la ligne des trois points est tracée à 6,75 mètres du cercle, pour 7,23 mètres aux États-Unis.

Les budgets

À l'heure du sport-business, les meilleurs joueurs jouent dans les clubs les plus riches. En Europe, nous avons les équipes de football les plus compétitives de la planète ( Manchester, Barcelone ),aux U.S, à l'instar du soccer se sont les franchises NBA qui s'avèrent être un véritable Eldorado.

Aujourd'hui, le lock-out menace le bon déroulement de la saison NBA à venir et nombre d'expatriés se sont engagés à revenir jouer en Europe si une solution n'était pas trouvée. Peut-être serait-ce alors un grand pas pour l'uniformisation tant prônée ?

match de basket

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 20:42

 

    Le destin de Didier Deschamps et sa carrière de joueur et d'entraîneur, semblaient, semblent et sembleront. étroitement liés à celui de l'Olympique de Marseille.  

 

    Sous la présidence de Bernard Tapie, il fût le capitaine emblématique de l'équipe phocéenne qui remporta un soir de mai 1993 la finale de la coupe d'Europe des clubs champions face au Milan AC de Silvio Berlusconi.  Tout homme ayant au minimum la trentaine se souvient du fantastique coup de boule de Basile Boli sur corner quelques secondes avant la fin de la première mi-temps. Durant ces années fastes où l'OM gagna en 1990 et 1992 deux titres nationaux, DD apparaissait comme l'homme de vestiaire, l'aboyeur acharné sur le terrain que tous entraîneurs aimeraient avoir comme porte-voix dans son équipe. Sur la pelouse, " La dèche " comme l'appelaient ses partenaires, n'avait pas la technique d'un Zizou ni la coupe de cheveux et la gueule à faire du cinoche d'un Ginola. Il était souvent raillé pour son inefficacité offensive. Bref, le basque n'était pas un joueur spectaculaire... Cependant, ses lacunes étaient amplement compensées par son sens du placement, son intelligence et le refus de la défaite qu'il prenait en horreur.

Ses qualités qui ont fait de lui un joueur atypique l'ont également amené à faire les beaux jours de l'équipe de France en portant le brassard de chef de troupe et remportant une coupe du monde en 1998 au terme d'une finale vitorieuse au Stade de France contre le Brésil, et une coupe d'Europe des nations en 2000 face à l'Italie.

 

    Lorsqu'il prît sa retraite après avoir baroudé dans les plus grands championnats européens, accumulant les trophées dont une deuxième Ligue des champions avec la Juventus de Turin, et une cup avec les " blues " de Chelsea avant d'échouer lors de sa troisième participation à une finale de Champion's League avec Valence, il était tout naturel pour le leader qu'incarne l'homme de passer ses diplômes d'entraîneur.

   Il débuta sur le banc de l'AS Monaco en 2001. Ses début à la tête de l'équipe princière ne furent pas une sinécure. Les résultats attendus n'étaient pas au rendez-vous et des luttes d'égaux pourrissaient l'ambiance dans le vestiaire. Les saisons suivantes, coach Deschamp sut renverser la tendance en remportant en 2003 la Coupe de la Ligue, puis en menant en 2004 l'équipe du Rocher en finale de Ligue des Champions, échouant sur la dernière marche face au Porto de José Mourinho au terme d'un parcours exceptionnel où l'ASM lamina tour à tour la Corogne, avant d'éliminer le grand Real Madrid et la non-moins prestigieuse équipe de Chelsea. Au lancement de la saison 2004-2005, Dédé se retrouva avec une équipe, amputée des Giuly, Morientes, Perso est consorts, partis vers des Eldorados pour footeux où les championnats sont plus prestigieux et les salaires plus conséquents. Il dut alors composer avec un effectif amoindri et les résultats en chute libre sans firent ressentir. Rapidement, il fût alors poussé vers la sortie et remplacé. 

 

  Après une année sabbatique, il signe en 2006 à la tête de la Juventus de Turin alors reléguée en série B pour une sombre affaire judiciaire. Malgré une pénalité de neuf points au départ mais avec une pléiade de stars sous son commandement, ( Buffon, Trezéguet, Del Piero... ) , remonter vers les sommets ne fût qu'une formalité. A la fin de la saison 2006- 2007, contre toute attente, Dédé décida de claquer la porte au nez et à la barbe ( si j'ose dire ) de la vieille dame, pour des raisons d'incompatibilité d'humeur avec le directeur sportif du moment : Alessio Secco.

 

   Quelques années éloigné des terrains plus tard, Didier Deschamps devient et demeure topujours à l'heure où je vous écris, l'entraineur de l'Olympique de Marseille. Il eut au début, la lourde tâche de remplacer dans le cœur des supporters, Eric Geret son prédécesseur. Le technicien belge était très apprécié des ultras marseillais ainsi que de ses joueurs et son bilan était plutôt satisfaisant puisqu'il remit le club sur de bons rails, terminant deuxième du championnat de France en . Rapidement, DD impose sa patte même s'il a à déplorer de ne pas avoir les pleins pouvoirs, notamment en matière de recrutement. Dès la première saison il met fin à dix-sept années de disette en remportant un doublé historique, coupe de la ligue- championnat.

L'année de la reconquête est plus difficile. Miné par une première partie de saison catastrophique, l'OM termine tout de même sur le podium en championnat mais cède son titre à plus de 800 km de la cannebière pour le Lille Olympique Sporting Club ( saison 2010-2011 ). Comme lot de consolation, les marseillais ramènent dans les Bouche du Rhône une deuxième coupe de la ligue consécutive.

               

    Annoncé partant à l'intersaison, DD reste fidèle au club de son cœur espérant ainsi voir la fin des travaux de rénovation du vélodrome qui sera alors revêtu d'un toit d'ici fin 2014. Au terme des six premières journées de la saison actuelle, Marseille était lanterne rouge. En dehors du cadre sportif, le début de la compétition fût entaché par des guerres intestines entre l'entraineur et José Anigo, le directeur sportif du club. Deschamps sortira de ce conflit renforcé dans ses fonctions par le fraichement nommé directeur général Vincent Labrune. Après une remontée spectaculaire Marseille est désormais cinquième du championnat, qualifié dans les deux coupes nationales ainsi que pour les huitièmes de finale de la ligue des champions preuve que l'homme, éternel compétiteur dans l'âme, souhaite encore et toujours étoffer son palmarès avec l'OM.

 

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 15:34

  L'année à laquelle c'est passée l'histoire que je vais vous narrer n'est pas compliquée à retenir, il s'agit de celle où nous sommes rentrés au vingt et unième siècle. Nous étions plus précisément le troisième week-end de juin.  Je me rendissur le bal de la fête patronale de la commune où j'habitais, sous le toit de mon père. Je pris une bière à la buvette qui était tenue par deux coéquipiers de l'équipe de football du Thiérache Football Club dans laquelle je jouais. L'un d'entre eux me demanda : " Dis-moi Bérenger, tu fais quelque chose mercredi ?

  _ Eh bien la journée je suis en stage chez Wintertur pendant tout le mois de juin. Pourquoi me demande tu cela Stéphane ?
  _ Eh bien, il y a France - Portugal qui se joue ce jour là à Bruxelles. On se disait avec Michélon qu'on monterait bien jusque la capitale Belge pour aller voir le match dans un café. Là bas, il y aura certainement plus d'ambiance qu'ici à Neu-neu.
  _ En effet, ça pourrait être sympa mais je te le répète, je suis en stage toute la journée et je dois faire de la prospection pour des assurances santé." 
 A l'époque j'étais en BTS Force de Vente. Je devais mettre en pratique mes connaissances théoriques apprises en classe tout au long de l'année sur le terrain pour le compte d'un cabinet d'assurances où j'avais postulé pour leur offrir mes services de novice dans le métier.
 _ Écoute, Michélon et moi, nous n'avons encore rien arrêté. Mais si ça doit se faire, on partirait vers midi. 
  _ Ok Stéph, je prends dont acte mais ça me parait bien compromis pour moi, je finis ma bière sur ces mots, posai la canette vide sur le comptoir et je repartis chez moi pour aller dormir.
     Je n'eus pas de nouvelle, ni de Michélon, ni de Stéphane jusqu'au mercredi. Ce matin là, j'entamai ma journée de prospection à lire le quotidien l'équipe, assis sur un banc dans un square. L'actualité footballistique traitée ce jour là était riche puisque nous étions au stade des demi-finales de la coupe d'Europe des nations et que l'équipe de France était toujours en lice. Je lu les compositions d'équipe, les potins qui concernaient la vie du groupe enfermé en vase clos depuis un mois. Puis je finissais ma lecture en consultant la rubrique des transferts où il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent depuis le début de la compétition. Il me restais une heure à meubler avant la pause déjeuner. Je la passai à remplir moi-même et avec des informations erronées, des fiches de prospection que je devais noircir au nombre de dix par jour. L'objectif était en soit réalisable mais je détestai faire du porte à porte. Sur le coup de midi, je pris la voiture et je rentrai à la maison en même temps que mon père et nous prîmes un repas au lance-pierre sans que nous échangeâmes un mot comme ce fut souvent le cas. Je fût à peine sortie de table que mon téléphone sonna.
  _  Allo ?
  _ Salut Bérenger, c'est Stéphane. Tu te souviens notre conversation de samedi dernier sur la ducasse ?
  _ Oui, tu m'appelles pour me dire que vous montez à Bruxelles c'est ça ?
  _ Exactement, je décolle dans une heure. Je passe à Hirson chercher Michélon et te prendre avant si ça te dit.
  _ Écoute, moi ça me dit carrément. Mais je vais venir poser ma voiture chez toi puisque je suis censé être en stage. Je me débrouillerai, je ne suis pas obligé de passer à l'agence et de voir mon patron puisqu'il pense que je démarche toute la journée. Je n'ai qu'un compte-rendu de la veille à faire chaque matin, après je suis tranquille !
  _ Parfait, alors je t'attends pour deux heures à la maison, à toute.
  _ Ok, je serai à l'heure. A tantôt comme disent les wallons.
 Je raccrochai et aussitôt je changeai mon costume, cravate pour une tenue de baroude plus confortable. Je signalai à mes parents que je ne rentrerai que dans la nuit et à deux heures précise, je me trouvais devant la poste du village où  le père de Stéphane travaillait comme receveur. Nous partîmes à bord de la 206 de mon pote en direction de La Futée. Je tirai sur le chemin un peu d'argent liquide et nous prîmes au passage Michélon avant de franchir la frontière un bon quart d'heure plus tard. Aussitôt que nous passâmes le poste de douane où se tourne le dernier film de Dany Boon actuellement, Michélon sortit un joint de sa poche et l'éclata.
 _ Merde les mecs ! , vociféra Stéphane, ouvrez grand les carreaux, j'ai pas envie d'être positif à un contrôle !
Stéphane craignait un examen d'urine dans le cadre de son travail puisqu'il exerçait la profession d'adjoint à la sécurité en contrat emploi jeune.
   Nous arrivâmes à Bruxelles en milieu d'après-midi. Nous cherchâmes à nous garer à proximité du stade "Roi Bauduin" où aller se jouer le match dans la soirée. Le jeune gendarme dit alors que nous étions toujours à la recherche d'une place de parking :
 _ C'est dommage d'être ici et de regarder le match dans un café. On pourrait peut-être essayer de trouver des places sur le marché noir.
  _ Sur le marché noir comme en passant par les réseaux de distribution officiels, ça risque de nous coûter bonbon, lui fis-je remarquer.
  _ Ben j'ai tiré quatre-cent francs, je ne paierai pas la place plus de trois-cent.
  _ Moi, ce que je voudrai avant tout, c'est une fois que l'on arrive à poser la voiture, on aille boire un bon demi bien frais ! , répondit Michélon.
 Michélon buvait à l'époque une dizaine de bières par jour, ce qui ne l'empêcha pas de demeurer épais comme un soret. Nous nous arrêtâmes au premier troquet rencontré en chemin, après avoir déposé la peugeot couleur bleue estafette sur un parking situé à environ un kilomètre du stade. Dans le bar, tout le monde parlait français ou presque. Tout en sirotant notre bière, nous demandâmes tout d'abord au barman qui était le stéréotype du gaulois chevelu, s'il avait des places pour le match à vendre. Celui-ci nous répondit par la négative. Nous reformulâmes donc notre question maintes fois auprès de tous les clients présents dans le bar, sans succès. On nous conseilla cependant de nous rapprocher du stade et d'aller nous renseigner auprès des billetteries agrées. Après avoir bu une seconde bière, nous nous dirigeâmes en direction du stade jusqu'à ce que nous aperçûmes l'une des billetterie que l'on nous avait suggéré de consulter.Les places étaient ici trop chères est c'est un peu déçu que nous reprîmes notre route. Stéphane qui portait maintenant un chapeau haut de forme aux couleurs du drapeau français, suggéra qu'une seule personne porte le liquide destiné à l'achat des trois places, sur lui. Je pris l'argent et engouffrai environ mille cent francs dans ma poche.  Nous arrivâmes aux abord du stade quand un néerlandais nous interpella dans un excellent français :  "Vous cherchez des places Messieurs ?"
 _ Et bien si c'est dans nos prix, oui nous en cherchons trois répondis-je
 _ J'ai bien trois places pour vous en tribune d'honneur, je vous les fait à mille deux cent francs les trois.
 _ Nous n'avons que mille francs sur nous, négocia Michélon.
_ Très bien, je vous les vends à mille francs. Je pensais que mon équipe allait finir deuxième de son groupe et qu'elle jouerait ici même ce soir, nous expliqua t-il. Les battaves avaient terminer premier du groupe D, juste devant la France et jouaient leur demi-finale à Amsterdam contre l'Italie. Le supporter hollandais nous tendit les trois places d'une valeur unitaire bien supérieure au prix que l'on demandait, tandis que je sortis de ma poche mille francs en billet de cinquante. Je lui remis les billets en main tout en comptant : " Cinquante, cent, cent cinquante.... " Lorsque j'étais arrivé à neuf cent, notre ami prit la poudre d'escampette de crainte de tomber sur un contrôle de police sans même demander les cent francs restants dus. Nous étions fous de joie et mon coeur en palpitait d'excitation.
 _ Non- seulement nous voici avec trois places de standing mais en plus il nous reste deux cent francs pour boire un coup !
  _ Alors ne perdons pas de temps, il nous reste une heure pour nous échauffer ! , répondis Michélon.
   Nous entrâmes dans un bar à deux pas de l'enceinte sportive et nous bûmes deux bières avant de prendre place dans les tribunes, le visage maquillé de peinture bleue, blanche et rouge.
   Là où nous étions placés, supporters tricolores et lusitanniens étaient mélangés dans un esprit bon enfant. Nous acclamâmes les deux équipes à leur entrée sur le terrain. Nous avions une bonne visibilité et l'on pouvait reconnaître les différents joueurs très distinctement. J'étais heureux de voir qu'Anelka était titulaire aux côté d'Henry. Notre enthousiasme pour notre équipe nationale fut vite refroidis car à la dix-neuvième minute, Nuno Gomez ouvrit le score en trompant Barthez d'une frappe instantanée de loin à la trajectoire parabolique.
Peu de temps après le repos, nous nous enlassâmes Stéphane, Michélon et moi après qu'Henry égalisa sur un service d'Anelka. La rencontre demeura crispante jusqu'au terme du temps réglementaire et même jusqu'à la fin des prolongations. A la cent dix-septième minute, l'arbitre siffla un penalty pour une main dans la surface d'Abel-Xavier, défenseur aux cheveux et à la barbe péroxydés de l'équipe portugaise. Le penalty était litigieux et pendant que nous explosâmes de joie, les supporters en maillot rouge se prirent la tête dans les mains. Zidane saisit le ballon des mains, le déposa sur le point de pénalty, recula de quelques pas d'élan avant de décocher une frappe gagnante sur la gauche de Victor Baia. La messe était dite et sous de nouvelles accolades et embrassades, nous nous dîmes que nous étions qualifiés pour la finale. A la sortie du stade, des reporters de la télévision Belge nous interrogèrent sur le contenu du match. Michélon partit dans un grand monologue à la fois rythmé et drôle tandis que les supporters portugais qui passaient derrière nous lachaient des "tricheurs" à tout va. Planté devant les cameraman, je m'étais dit qu'heureusement il ne s'agissait pas de la télèvision française. J'imaginai mon maître de stage, sosi et homonyme de l'acteur Michel Bidault se dérouler les moustaches blanches qu'il avait en forme de guidon de vélo, en me voyant depuis son salon.
   Après que nous ayons donné notre interview, nous nous dirigeâmes dans un bar dépenser la centaine de francs qu'il nous restait. A l'intérieur nous fîmes connaissances avec un groupe de supporter des oranges et un autre supporter français qui était venu jusqu'ici depuis sa Champagne crayeuse. Les blagues fusaient entre les deux quand. D'un côté, les hollandais se moquaient de nous, supporters français et plus particulièrement des chants que nous employâmes pour encourager l'équipe entraînée par Roger Lemaire :
_ Allez les bleus, allez les bleus ! , chantèrent-ils.
 _ Vous avez complètement raison, cela ne vaut certes pas un flower of Schotland,acquiesçai-je : " Mais je trouve les oranges sans jus !" Je ne su pas si nos potentiels adversaires du dimanche avaient compris ma blague car juste après l'avoir dite, notre compatriote champenois qui c'était mélé à nous, offrit une tournée générale. Dans une ambiance festive, nous continuâmes à nous balancer des vannes entre les deux camps.
 _ Vous ne méritiez pas la victoire, nous dit un des grands blonds fan de Dennis Berkamp. " Il n'y avait pas penalty.
  _ Quoi ? Il n'y avait pas penalty ?, protesta Michélon, pas étonnant que tu penses que ton équipe et la meilleure, car tu as vraiment besoin de lunettes."
L'un d'entre eux offrit à son tour une tournée. Visiblement il avait déjà vu un match diffusé depuis la France puisqu'il trouva nos commentateurs nuls. Nous reconnûmes à son excellente imitation Thierry Rolland, commentateur réputé misogyne et raciste. Nous prîmes une photo tous ensemble revêtus réciproquement de nos couleurs nationales. Les amstellodamois puisqu'ils venaient tous d'Amsterdam, se mirent à chanter :
_ Sunday bloody sunday ! , persuadés qu'ils allaient se qualifier pour la finale et ensuite nous mettre une raclée dominicale.
 _ Hep hep hep ! Pas si vite ! , les interrompit Stéphane qui avait prêté son chapeau aux couleurs de la bannière française à l'un d'eux.  Vous n'avez pas encore battu l'Italie ! 
Sur ces mots, Michélon et moi nous nous mîmes à chanter en coeur : " On est en finale, on est en finale, on est on est on est en finale ! "
Minuit sonna et il était tant pour nous de rentrer. Nous saluâmes les hollandais en leur souhaitant bonne chance pour le match du lendemain et sortîmes du café, le  Châlonnais  emboîtant notre pas. Nous marchâmes une bonne heure avant de réaliser que nous étions perdu. Nous nous retournâmes vers le marnais, lui demandant s'il savait où se trouvait le grand parking qui normalement devait être facile à repérer. Celui-ci réalisa qu'il n'était pas garé au même endroit que nous. Nos chemins devaient donc se séparer ici et nous le laissâmes planté là, perdu en riant aux éclats. Nous retrouvâmes la voiture quelques instants après et c'est à deux heures du matin que je rentrai me coucher. Le lendemain matin, je peinai dans la salle de bain à enlever les traces de peinture encore visible sur mes joues. Je me rendis à l'agence où je faisais mon stage. L'agent général était déjà à son bureau à taper des devis.
 _ Bonjour Bérenger, me dit-il en se décrottant le nez. Vous-avez sans aucun doute regardé le match à la télévision hier soir ? Ah quel match hein ?
  _ Oui un très grand match, lui-répondis-je en me rendant compte à ce moment là que j'avais la voix cassée.
 
 
   Cette année là, la France s'octroya un doublé historique coupe du monde, coupe d'Europe en battant la squadra azura dans les dernières secondes, au terme d'une finale palpitante. Nous n'avons gagné aucun titre depuis. Il me sera difficile cette année de quitter mon job en pleine journée pour me rendre en Afrique du Sud supporter la France mais je suis de tout coeur avec eux. Je pensai à l'époque que ce nous avions vécu ce jour resterait un moment unique dans notre vie mais nous avons appris il y a peu, que la France organiserait l'Euro 2016 avec des matchs qui se joueront à Lens et à Lille. Le rendez-vous est pris.
 
 
 
 











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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 12:05
  
   L'AS DU VOLANT. 
   Amis sportifs du dimanche, j'ai peut être une petite histoire qui vous amusera :
  Je devais avoir 11 ou 12 ans environ. Ce qui est sûr en regardant ma photo dans les pages jaunies du journal qui a été conservé par mes parents comme un trésor, c'est que je n'avais pas encore de poil au menton. A l'époque, nous nous étions rendus mon père, quelques amis et moi- même à Hirson, une petite ville de 10 000 habitants où je suis né, afin de participer aux championnats de l'Aisne de Badminton.
 Le bad, n'a jamais vraiment été dans mes cordes. Je navais pas de licence auprès de la fédération et d'ailleurs je ne pratiquais ce sport qu'occasionnellement, en extérieur, à la plage où lors de pique-niques dominicaux. J'assistai donc à ce tournoi plus en dilettante que dans la peau d'un compétiteur prêt à tout casser.
  Au cours de la journée de compétition où les rencontres s'enchaînaient à un rythme effréné, je ne gagnai pas un seul match. J'ai tout d'abord pris de mémorables volées contre des joueurs expérimentés et plus âgés que moi, j'ai également perdu contre des plus jeunes et aussi contre Fanny, une camarade de classe sosie de Vanessa Paradis avec ses dents du bonheur. Mon malheur à moi, c'est qu'elle ne me laissa aucune chance de repartir chez moi avec l'honneur sauf... C'est donc fanny, d'ailleurs que je finis la journée. Vint l'heure où s'effectua la remise des prix. Une annonce au micro m'invita à me rendre sur le podium où M. THOMAS, maire de la commune et président du conseil général, me décerna la médaille qui va de paire avec le titre de champion de l'Aisne dans la catégorie des benjamins. Comment cela pouvait-il être possible puisque je n'avais pas gagné une seule rencontre ? Tout simplement en étant là au bon endroit au bon moment car, je fus le seul ce jour là à concourir dans ma tranche d'âge. j'ai donc fini premier de ma catégorie pour autant de compétiteur inscrit. Même un manchot aurait fait aussi bien ! 
 Quelques jours plus tard, mon père qui était président du club de tennis de table de Neuve-Maison, un petit village de thiérache, convoqua fièrement le journal local qui me consacra une page entière titrée en gros caractères gras : " Bérenger, un fou du volant ! "
 Depuis ce jour, je n'ai plus jamais rejoué au badminton, préférant prendre ma retraite anticipée au sommet de ma gloire et de mon art !!!
    
      AQUABIKE.  
   Je devais avoir 15 ou 16 ans puisqu'à l'époque, je jouais au football les samedis après-midi dans la catégorie des cadets. A cet âge, avec un peu d'entrainement, les courbatures étaient quasi-inexistantes et j'étais tout à fait capable d'enchainer les efforts, même après une très courte période de repos. Alors, non content de courir sur les terrains boueux les jours de match en plus des entrainements du mercredi après-midi, je partais parfois le dimanche matin avec mon père et quelques amis vététistes suréquipés et surentrainés, pour une balade à vélo de trois ou quatre heures, sur les pistes et les sous-bois de la forêt de ST-Michel, du côté du Prè-Leurquin.
    A l'âge où l'on aime faire des grasses matinées, il est parfois difficile de se lever tôt le weekend et quitter son lit encore chaud pour affronter le froid, le vent et la pluie qui arrosent les bocages de la région d'octobre à...juin. Ce jour là, je trouvai la motivation nécessaire pour me réveiller aux aurores et sitôt debout, je bus une boisson chaude, épluchai une orange que je dévorai par quartiers avant d'enfiler un cuissard, un bonnet, des gants et un maillot moulant aux couleurs vives. Le rendez-vous avec les autres cyclistes amateurs devait se tenir à neuf heures, devant le café du père Charette. Lorsque nous fûmes tous rassemblés devant le bar-tabac du village, y compris les éternels retardataires, nous prîmes la route pour le site de Blangy situé à quelques kilomètres de la ligne de départ.
    Dès les premiers coups de pédales, nous entamâmes l'ascension de la côte de l'église, ce qui constituait un excellent échauffement, surtout pour Kiki, le simplet du village qui comme tous bons idiots ne sachant pas gérer ses efforts, partit comme une fusée, debout sur le vélo en danseuse, le visage rageur et se mordant la langue qu'il retournait vers l'intérieur de la bouche.
   Nous passâmes devant l'école primaire, celle qui m'a vu progresser au fil des années dans la maitrise et l'art délicat du jeu de billes et je constatai que de la buée sortait de ma bouche haletante ce qui signifiait que les températures étaient particulièrement basses en cette matinée dominicale. Nous fûmes à peine sortis du patelin et déjà, j'avais la piquette aux oreilles. Je descendis alors le bonnet que j'avais sur ma tête au maximum, l'abaissant jusqu'au ras des sourcils en me demandant pourquoi je m'étais embarqué dans cette galère.
   Arrivés à Blangy connu pour son camping et sa cascade, nous quittâmes les routes bitumées pour des sentiers d'une terre collante les jours de dégèle comme celui-ci. Dans les flaques d'eau, les erses de tracteur inondées ou sur les terrains marécageux, les plus petits gabarits étaient visiblement avantagés. Plus légers, ils ne s'enfonçaient pas dans les sols meubles alors qu'à plusieurs reprises j'eus à poser les deux pieds dans la gadoue, souillant mes baskets à l'occasion pour m'extirper des bourbiers dans lesquels je patinai comme dans de la semoule avant de replanter ma roue-avant quelques mètres plus loin dans d'autres sables mouvants.
    Nous descendîmes une pente abrupte, slalomant entre les arbres, pieds et bras tendus, le postérieur dans le vide à l'arrière de la selle et les mains jouant sans cesse avec les freins à tambours pour ralentir suffisamment les roues sans les bloquer et risquer une chute. En bas de la descente, le sentier se divisait en deux, comme une fourche que dessine la langue d'une vipère. Sur la droite se dressait une côte quasi-infranchissable, un mur. Le chemin de gauche paraissait lui plus accessible, plus plat. Nous discutâmes un moment sur la direction à prendre. Un ancien me fit un clin d'œil et expliqua à haute voix qu'en remontant la pente que l'on venait de descendre, on aurait suffisamment d'élan pour franchir le mur du chemin de droite.
    " _ J'ai déjà vu un belge la grimper jusqu'au sommet durant une course., annonça t-il. Kiki ? Tu veux essayer ? "
    Le benêt ne se fit pas prier. Il descendit de son vélo, fit demi-tour et remonta à pied la pente sur laquelle on pouvait distinguer nos sillons encore frais. De là haut, il se remit en selle, se concentra un instant et pris un départ en boulet de canon comme après avoir attendu le coup de feu qui annonce le départ d'un contre la montre sur le tour de France. Peut-être avait-il entendu la détonation du fusil d'un chasseur qui traquait dans les bois. Toujours est-il qu'il déboula à toute berzingue, passant devant nous, la langue tournée entre ses dents et s'attaqua à la ( presque ) infranchissable côte. Au beau milieu de l'ascension, il mit le pied à terre, se rendant compte qu'il ne pouvait pas prolonger son effort une minute de plus. Lorsqu'il tourna la tête dans notre direction, il nous aperçu en train de bifurquer en ricanant dans l'autre direction, sur le chemin le plus facile d'accès.

    Les autres obstacles qu'il faut savoir franchir lors de la pratique du " mountain bike ", en dehors des arbres déracinés qui meurs en travers du chemin, mangés par les champignons, sont : Les cours d'eau. Lorsque nous arrivâmes devant une rivière dont le niveau semblait assez bas, J-C m'expliquait que ça pouvait passer en prenant un peu d'élan. Pensant que le temps des blagues était passé et ne doutant à aucun moment qu'il puisse me faire le même coup que celui qu'il fît quelques instants plus tôt à Kiki, je me lançai à corps perdu dans le franchissement de la rivière. Seulement voilà, le niveau de l'eau était en réalité plus haut qu'il ne semblait. Au milieu de la rivière, j'eus de l'eau jusqu'à mi-hauteur des roues et je coinçai mon pneu-avant entre deux cailloux que l'eau trouble masquait, avant de tomber le cul dans le lit de l'Oise. Quand je me relevai, je vis à quelques mètres de moi, le petit groupe traverser paisiblement une passerelle située à quelques brasses de ma personne et que la végétation dissimulait à peine.

    Transi de froid, je terminai la randonnée tant bien que mal. Les muscles tétanisés, l'attention en chute libre, je fis une chute alors que nous étions presque rentrés au bercail en percutant la roue arrière de celui qui me précédait et c'est tout ensanglanté que je bouclai la boucle.

    Les vendredis, quand l'horloge du pc atteint seize heures, je bondi des starting-blocks comme un lycéen qui attendait la dernière sonnerie avant les vacances d'été. Souvent, cinq minutes après avoir quitté mon bureau je reviens sur mon lieu de travail parce que j'en oublie mon téléphone portable ou les clés de la maison ce qui fait dire à mon patron :
    " _ Si l'on a pas de tête, alors il faut des jambes. "
    Pourtant, ce récit tendrait à prouver que lorsque l'on pratique le V.T.T en amateur, les jambes, elles-seules, ne suffisent pas à éviter les pièges qui se dressent en travers de votre chemin.
 
 
   Platoche en string.
   Alors que la fédération française de football incitait les supporters de chaque club à venir en famille au stade afin d'endiguer les problèmes de violences trop souvent déplorés, à l'A.S Ohis le problème de mixité ne se posait pas derrière la main courante qui délimitait la surface de jeu.

    Une fois, elles se transformèrent même en mécène en nous offrant un joli lot de strings rouges pour toute l'équipe, remplaçants y-compris.

Depuis ce jour, notre capitaine, homme de vestiaire qui, souvent dans ces cas là, était aussi la grande gueule de l'équipe, vérifiait chaque weekend si nous avions bien emporté le minuscule bout de tissu dans notre sac de sport. Le plus dur pour moi au début, était de comprendre dans quel sens on enfilait ce machin mais malgré les difficultés, qu'il vente qu'il gèle ou qu'il pleuve, Il fallait absolument le mettre les jours de match, comme si par superstition, cet accoutrement allait nous influer l'énergie nécessaire avant de livrer bataille, et peut être même nous porter chance dans les moments clés durant les confrontations.

    Nous avions même à l'entrainement répété une chorégraphie au cas où l'un d'entre nous venait à scorer. Peu importe si nous étions dans le bon tempo ou pas, l'essentiel était que nous nous retrouvions le short baissé sur les chevilles. Cette façon de célébrer un but au cours d'un match, valut même un avertissement sanctionné d'un carton jaune pour l'un de mes coéquipiers. Lors du match retour, lorsque nous sortîmes des vestiaires et que les deux équipes se tinrent en file indienne à l'entrée du terrain, attendant un geste de l'officiel avant de fouler la pelouse, chaque camp se jaugeait. Chacun dans une rangée et dans l'autre cherchait son adversaire direct, le stoppeur guettait dans l'autre file celui qui portait le numéro neuf, le milieu défensif lançait des regards d'intimidation au meneur de jeu adverse qui remontait ses bas pour que ses protège-tibias tiennent bien.

    Pour ma part, quand je jetai un œil sur le joueur que je devais marquer à la culotte, celui-ci me lança un sourire et me toisa :

    _ Alors les mecs, vous avez mis vos strings aujourd'hui ?

NONO.

Nono, camarade de classe durant deux années, de la première à la terminale, était un écorché vif. Il était capable de faire hurler de rire une classe toute entière avant de leur clouer le bec d'effroi l'instant d'après, en proférant des menaces et balançant des insultes les yeux noirs de colère. Son humeur oscillait comme celle d'un névrosé, peut-être parce qu'il abusait des antidépresseurs qui ne lui étaient pas prescrit et que ça mère laissait trainer négligemment.

Bien que nous ayons joué au foot dans la même équipe, en pupille à Neuve- Maison, ce qu'il détestait avant tout, c'était le sport. Sa carrière de footballeur s'arrêta avec précocité, après qu'il eut pendant un match, traité sa mère qui nous accompagnait ce jour là, de femme au mœurs légères, en public. Ce n'était pas aussi joliment dit, les termes étaient plus crus, plus durs. A la mi-temps, la mère entra dans les vestiaires furibarde et frappa sa progéniture de plusieurs baffes. Elle lui jeta aussi une paire de crampons en pleine figure comme le fit Alex Fergusson à David Beckham à la mi-temps d'un match de Manchester United.

Les cours d'éducation physique et sportive du lundi matin entre huit heures et dix heures, dispensés par M. Gode Michel ( un nom comme cela, ça ne s'invente pas ), étaient un véritable supplice pour lui. En gymnastique, il ne savait pas faire la roue, pas même une pirouette avant. En musculation, bien qu'il culminait à un mètre quatre-vingt, il ne portait pas plus de trente kilos en développé-couché. Pendant les courses d'orientation, il attendait au pied d'un arbre, fumant cigarettes sur cigarettes, qu'on lui rapporte les numéros des balises que nous devions rechercher dans le bois de Blangy. En natation, nous ne l'avions jamais vu en maillot de bain, prétextant qu'il venait de se faire poser un drain tantôt dans l'oreille droite tantôt à celle de gauche, cela dépendait des versions.

Un vendredi, en fin d'après-midi, alors que nous nous apprêtâmes à prendre le bus pour rentrer à nos maisons, Nono nous interpella :

" _ Hey ! Les mecs, pas besoin de venir à huit heures lundi, le père Gode ne sera pas là., L'abus de psychotropes lui donnait-il des visions prémonitoires ? Se prenait-il pour Nostradamus ? " Faites comme vous voulez les gars mais moi, je serais vous, je ferai grasse mat et me pointrai en cours à dix heures seulement."

Le week-end passa. Comme je n'avais pas encore le permis et que je dépendais des bus de la RTA pour me rendre en cours à cette époque, je vins au lycée comme beaucoup d'autres à huit heures moins dix avec des baskets et un survêt dans mon sac. A moins cinq, la sonnerie retentit. Nous nous dirigeâmes devant la salle de sport en cherchant Nono du regard, il n'était pas là. Nous attendîmes cinq, puis dix minutes, un quart d'heure, toujours pas de Nono et toujours pas de prof non-plus. Nous rebroussâmes notre chemin en direction du café Le Pigeon Blanc qui faisait face au lycée en nous disant que les prédictions de Nono étaient exactes.

Lorsque nous le vîmes à la récréation de dix heures, celui que l'on prenait désormais pour l'oracle nous expliqua qu'il avait repéré où habitait le professeur de sport. Il avait remarqué son Van garé dans une cour derrière un portail en métal. La nuit du dimanche au lundi, il se tint devant ce portail pour y accrocher un gros cadenas. Le matin même, le bourreau au sifflet qui ne devait pas posséder de pinces monseigneur, ne put en sortir son véhicule pour se rendre au lycée. Le lundi de la semaine qui suivit, le professeur ne nous dit pas un mot à ce sujet mais le Gode se montra particulièrement de mauvais poil ce jour là...

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